Yahya Jammeh affirme qu’il n’abandonnera pas le pouvoir, l’opposition assure qu’elle ne le poursuivra pas après son départ

Publié par IGIHE
Le 21 décembre 2016 à 12:50
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Le président sortant Yahya Jammeh, qui conteste les résultats de l’élection présidentielle du 1er décembre, a déclaré mardi soir à la télévision publique qu’il ne quitterait pas le pouvoir. Plus tôt, le porte-parole de l’opposition avait affirmé que le chef de l’État, qui a dirigé la Gambie pendant 22 ans, ne serait pas menacé de poursuites par le pouvoir d’Adama Barrow, vainqueur déclaré du scrutin.

« Je ne suis pas un lâche. On ne peut pas intimider ou violer mes droits. Telle est ma position. Nul ne peut me priver de la victoire à l’exception d’Allah le Tout-Puissant », a déclaré Yahya Jammed, cité par l’agence Reuters, mardi 20 décembre, à la télévision publique.

Le président sortant a également condamné la médiation de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour tenter de résoudre la crise post-électorale en Gambie. « Avant même de venir, ils avaient déjà déclaré que Jammeh devait partir. Je ne partirai pas », a-il souligné en référence à la visite la semaine dernière des chefs d’État de la délégation de la Cedeao.

Le jour-même de leur visite, le parti de Yahya Jammeh avait déposé un recours devant la Cour suprême pour contester les résultats du scrutin du 1er décembre et les forces de sécurité bloquaient l’accès aux locaux de la Commission électorale indépendante (CEI) qui avait déclaré Adama Barrow vainqueur, avec plus de 19 000 voix d’avance.

L’opposition ménage Yahya Jammeh

Plus tôt mardi, le porte-parole de l’opposition, Halifa Sallah a déclaré à l’AFP qu’ « il n’y a aucune indication de menace ou de nécessité de menace (de poursuites) contre le président sortant Yahya Jammeh », ménageant ainsi le pouvoir encore en place. « La coalition et le président élu Adama Barrow n’ont jamais rien indiqué qui puisse être considéré comme une menace contre le président sortant », a -il souligné.

Le porte-parole de l’opposition a ainsi répondu à la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui voulait que la coalition clarifie sa position « afin que les négociations pour un transfert pacifique du pouvoir puissent se poursuivre », dans le cadre de la médiation conduite par l’organisation régionale pour tenter de résoudre la crise post-électorale en Gambie.

« Chaque Gambien, y compris Yahya Jammeh, a droit à la liberté de mouvement, y compris celle de se déplacer n’importe où en Gambie et celle de quitter le pays », a encore affirmé Halifa Sallah, ajoutant même : « le président Barrow a dit qu’il allait traiter le président sortant Yahya Jammeh comme un ancien chef d’État et le solliciterait pour des conseils » après son départ du pouvoir.

« Il y a eu certainement des crimes » en Gambie, avait indiqué le porte-parole de l’opposition sur France 24, mais « si nous ne privilégions pas une solution négociée, évidemment le coût à payer pourrait être beaucoup plus important », avait-il prévenu.

« Privilégier une solution négociée »

Selon Halifa Sall, deux responsables de l’opposition, Mai Fatty et Amath Ba étaient encore présents mardi à Abuja pour participer aux négociations sous l’égide de la Cedeao, et ont réitéré les assurances d’Adama Barrow à l’organisation régionale.

Outre la Cedeao, d’autres pays et institutions, dont l’ONU, réclament un transfert pacifique du pouvoir en Gambie, comme la France mardi par la voix de son président François Hollande. Les résultats de la présidentielle gambienne « sont incontestables », et Adama Barrow « doit être installé le plus vite possible », a déclaré le chef de l’État français à l’issue d’un entretien avec son homologue sénégalais Macky Sall en visite d’État à Paris.

Réunis à Abuja samedi dans le cadre d’un sommet annuel de la Cedeao, les chefs d’État ouest-africains, qui ont désigné Muhammadu Buhari et John Dramani Mahama comme médiateurs de la crise, ont redemandé à Yahya Jammeh de reconnaître sa défaite et de ne pas compromettre un transfert pacifique du pouvoir à Adama Barrow.

Ils ont aussi décidé de « garantir la sécurité et la protection » de ce dernier et de se rendre à Banjul pour son investiture le 19 janvier, à l’expiration du mandat de Yahya Jammeh.

avec jeuneafrique.com


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