Transition en Gambie : quels enjeux pour le Sénégal ?

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 21 janvier 2017 à 09:48
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Parmi les pays ayant déployé des soldats en Gambie, figurent le Nigeria, mais aussi et surtout le Sénégal, qui est en première ligne et a servi de locomotive dans l’opération en cours. La Gambie est en effet enclavée à l’intérieur du Sénégal. Et Dakar a beaucoup à gagner avec le départ de Yahya Jammeh et l’instauration d’une Gambie démocratique.

Au-delà du désenclavement de la Casamance (lire encadré), il y a l’espoir de mieux lutter contre les trafics : la drogue mais aussi le bois des forêts de Casamance qui embarque pour la Chine, via la Gambie.

Mais pour le Sénégal, c’est surtout l’occasion de mettre un point final à la rébellion casamançaise du MFDC. Yahya Jammeh a en effet offert à la branche de Salif Sadio une base arrière. C’était pour lui un moyen permanent de pression sur Dakar. Le président Macky Sall en était d’ailleurs convaincu, lui qui a réservé sa première visite de chef d’Etat en 2012 à l’homme fort de Banjul.

« Mais Yahya Jammeh parle de paix le jour et arme le MDFC la nuit », explique le politogue sénégalais Yoro Dia. Rétablir Adama Barrow et la démocratie, c’est donc l’occasion rêvée de faire partir ce voisin inamical et, selon Yoro Dia, « tourner la page de notre crise nationale la plus grave ».

Ce faisant, Dakar prend aussi des risques : celui de réanimer le conflit casamançais, en situation actuellement de « ni paix, ni guerre ». Des irréductibles pourraient être tentés par le baroud d’honneur, question de survie pour eux.

Autre risque, celui de saper l’autorité d’Adama Barrow, qui pourrait apparaître comme un président sous influence sénégalaise. Yahya Jammeh a d’ailleurs joué sur cette fibre nationaliste, accusant le Sénégal d’ingérence.

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■ Le point sur la situation en Casamance

A la frontière sénégalo-gambienne, en Casamance, des soldats solidement armés sont visibles et les patrouilles se multiplient. Malgré tout, de nombreux soldats gambiens quittent leur unité pour se rendre aux forces d’attente de la Cédéao.

Au poste frontière de Selity, quelques dizaines de réfugiés gambiens suivent l’actualité l’oreille collée au poste radio. Mais personne n’envisage de rentrer de sitôt. Le cantonnement militaire installé dans ce poste-frontière reste en alerte.

Les accrochages signalés jeudi dans le secteur de Diaboudior expliquent le rythme élevé des patrouilles le long de la frontière gambienne, base de repli des éléments des Forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Les défections au sein des forces armées gambiennes se sont multipliées ces derniers jours avec parfois des officiers de haut rang, qui se rendent aux forces de la Cédéao. Mais le commandement des forces d’attente basé à Diouloulou est peu bavard. Vendredi, quatre véhicules tout-terrain remplis de soldats gambiens ont eux aussi fait faux bond à leurs unités.

Avec rfi.fr


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