Syrie : l’ONU vote lundi sur la supervision de l’évacuation à Alep

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 19 décembre 2016 à 09:59
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Au total, 350 rebelles et membres de leurs familles ont pu quitter l’est d’Alep, dans la nuit de dimanche à lundi, après des divergences entre des groupes rebelles qui ont provoqué la suspension, toute la journée de dimanche, d’un nouvel accord d’évacuation. A New York, le Conseil de sécurité a trouvé ce dimanche soir un terrain d’entente sur un texte reprenant les termes de la résolution française pour l’envoi d’observateurs. Le vote est prévu lundi.

Dimanche soir, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est mis d’accord sur un projet de résolution concernant la supervision de l’évacuation d’Alep par les Nations unies. Le vote est prévu lundi matin. Le texte prévoit le déploiement d’observateurs à Alep afin de superviser les évacuations et l’assistance humanitaire, selon des diplomates.

L’ambassadeur français François Delattre a indiqué à la presse que les quinze pays avaient trouvé « un terrain d’entente » sur un texte de compromis, son collègue russe Vitali Tchourkine estimant qu’il s’agissait « d’un bon texte ». Alors que ce dernier avait annoncé auparavant que Moscou opposerait son veto au projet de résolution humanitaire avancé par Paris.

Les négociations ont été rudes mais les diplomates avaient prévenu qu’ils ne quitteraient pas la salle du Conseil sans un accord pour sauver les civils d’Alep.

« Un point de départ très important »
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« Cet accord, s’il est confirmé, serait par définition un point de départ mais un point de départ très important, a estimé François Delattre. C’est la première fois depuis des mois, après la collection de veto auxquels nous avons assisté, que le Conseil de sécurité sera d’accord, serait d’accord - j’emploie encore le conditionnel - sur le texte d’une résolution touchant à un enjeu essentiel, celui d’Alep. »

En envoyant des observateurs internationaux, Paris et ses partenaires veulent surtout avoir « des yeux et des oreilles impartiales » sur le terrain. La Russie s’était montrée jusqu’à présent très réticente.

« Nous aurons des moyens importants et une volonté commune pour éviter que ne se produise à Alep un nouveau Srebrenica, c’est à dire une situation dans laquelle, après les opérations militaires majeures, les milices qui restent sur place n’aient carte blanche pour effectuer leurs méfaits, dans des conditions qui peuvent se monter à des atrocités de masse », a poursuivi le diplomate français.

Reste à savoir si ce texte est acceptable pour Moscou et si sa mise en œuvre sera suffisamment rapide pour sauver les milliers de civils toujours prisonniers des quartiers rebelles d’Alep.

Reprise des évacuations

Sur le terrain, la reprise de l’opération d’évacuation de l’est d’Alep est intervenue après d’intenses contacts, dimanche, entre des représentants russes, turcs et iraniens. Quelques heures plus heures plus tôt, le commandant des forces alliées de l’armée syrienne, c’est-à-dire le Hezbollah, les Gardiens de la révolution iranienne et les combattants irakiens, avait lancé une mise en garde : personne ne sortira plus des quartiers est d’Alep, tant que les habitants des localités à majorité chiite de Foua et Kefraya, assiégées par les insurgés, ne sont pas évacués.

Les négociations entre les trois pays avaient abouti, samedi, à un nouvel accord en deux étapes. La première, prévoit l’évacuation des rebelles et de leurs familles encore bloqués à l’est d’Alep. Simultanément, seront autorisées à sortir 2500 blessés et cas humanitaires de Foua et Kefraya, dans le nord-ouest de la Syrie, rapporte notre correspondant à Beyrouth,Paul Khalifeh.

Lors de la deuxième étape, 1 500 personnes doivent sortir des deux localités, et autant des villes pro-rebelles de Madaya et Zabadani, encerclées par le Hezbollah libanais, non loin de la frontière libanaise. Mais des divergences sont apparues entre les jihadistes de Fateh al-Cham, l’ex Front al-Nosra, opposés à l’accord, et les salafistes d’Ahrar al-Cham, qui y sont favorables. Des tirs ont éclaté à l’entrée de Foua et Kefraya, et les jihadistes ont incendié au moins cinq bus. L’opération a alors été suspendue toute la journée de dimanche, avant de reprendre tard dans la nuit.

Avec rfi.fr


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