L’armée syrienne annonce avoir repris le contrôle total d’Alep

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 23 décembre 2016 à 09:48
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L’armée de Bachar el-Assad a annoncé ce jeudi soir dans un communiqué la reprise totale d’Alep, après le départ du dernier convoi de civils et de rebelles. Il s’agit de sa plus grande victoire depuis le début de la guerre.

« Le commandement général des forces armées annonce le retour de la sécurité à Alep », indique un communiqué lu par un général à la télévision d’Etat. L’annonce de la reprise totale de la deuxième ville syrienne intervient après que le dernier convoi de rebelles et de civils a quitté Alep-Est, le fief rebelle tombé après un mois de violents bombardements aériens et terrestres.

« Le dernier bus avec à son bord civils et combattants est arrivé ce jeudi soir dans la campagne à l’ouest d’Alep dans le secteur de Rachidine. Donc nous pouvons désormais dire qu’Alep-Est est tombée », confirme Abd El Wahab Abou Zied, militant de l’opposition qui a quitté la ville il y a quelques jours déjà. « Alep a dit adieu à ses enfants. Ces dernières années n’ont été que peines et tragédie, pourtant jamais personne n’est parti. Et aujourd’hui les derniers partent sous la contrainte et avec la bénédiction de la communauté internationale. Les Russes et les Iraniens sont les héros de cet exode forcé », affirme-t-il.

La plus grande victoire du régime

La reprise d’Alep constitue la plus grande victoire du régime syrien et de ses alliés russe et iranien face aux rebelles, qu’ils n’ont jamais cessé de qualifier de « terroristes » depuis le début de la guerre en 2011, refusant de les distinguer des groupes jihadistes radicaux, al-Qaïda ou Etat islamique. Une victoire obtenue après des mois de sièges et de bombardements meurtriers, avec le soutien des milices chiites venues d’Iran et du Liban, et de l’aviation russe. Durant des mois, les rebelles auront tenu face à ce rouleau compresseur, avant de céder finalement à la mi-novembre. Avec cette reconquête, le régime de Bachar el-Assad contrôle désormais les cinq principales villes de Syrie, avec celles de Damas, Homs, Lattaquié et Hama.

Cette victoire militaire est aussi symbolique. Car Alep-Est était devenue une position emblématique pour les rebelles. Une position d’autant plus importante qu’en 2012, lorsque ces rebelles s’étaient emparés de la moitié de la ville, l’opposition et ses alliés estimaient que les jours du régime étaient comptés. Quatre ans plus tard, non seulement Bachar el-Assad est toujours en poste, mais en s’emparant d’Alep-Est, il démontre qu’il est en position de force, militairement et politiquement si des négociations de paix devaient reprendre dans les prochains mois.

Il est cependant trop tôt pour affirmer que la chute d’Alep est synonyme d’une fin prochaine de la rébellion. Celle-ci occupe encore des positions importantes, notamment la province d’Idleb. C’est d’ailleurs là qu’ont été évacués les rebelles qui viennent de quitter la ville.

Si la rébellion n’est pas anéantie, elle est très affaiblie. D’autant plus qu’elle va sans doute perdre le soutien crucial de la Turquie qui s’est rapprochée de plus en plus de la Russie et de l’Iran. Les pays occidentaux ont quant à eux démontré qu’ils n’étaient pas en mesure de venir en aide à la rébellion, et cette bataille d’Alep a été particulièrement révélatrice.

Avec rfi.fr


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