Côte d’Ivoire : les électeurs aux urnes pour choisir les députés

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 19 décembre 2016 à 08:20
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Les premiers bureaux de vote ont ouvert dimanche avec beaucoup de retard, vers 08h40 GMT, en Côte d’Ivoire, où plus de 6,2 millions d’inscrits sont appelés aux urnes pour renouveler leur Assemblée nationale, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ce scrutin, où la coalition présidentielle vise la majorité absolue même si elle fait face à de nombreuses candidatures dissidentes et à plusieurs opposants, devrait amener 255 députés pour un mandat de cinq ans à l’hémicycle.

« J’ai voté pour le changement et le développement de ma commune » a déclaré Fousseni Diabaté, un commerçant de 25 ans du quartier d’Adjamé à Abidjan. « Je veux avoir à l’Assemblée un député proche du peuple, car je ne sais même pas comment s’appelle le sortant de ma commune ».

A Bouaké (300 km au nord d’Abidjan), deuxième ville du pays, le scrutin a également démarré avec du retard.

« J’ai voté pour permettre au Président ivoirien (Alassane Ouattara) d ?avoir une majorité à l ?assemblée nationale afin de pouvoir appliquer son programme de développement du pays » a expliqué Karim Ouattara, un retraité de 63 ans.

Ce scrutin est le premier de la IIIe République ivoirienne, après l’adoption d’une nouvelle Constitution en octobre.

Les résultats définitifs ne sont pas attendus avant mercredi, mais des résultats provisoires pourraient tomber « dès dimanche soir », selon un membre de la Commission électorale indépendante (CEI).

La courte campagne électorale – une semaine – s’est achevée vendredi dans le calme. Mais plusieurs incidents ont eu lieu ces derniers mois (commissariats et gendarmes attaqués) et 30.000 membres des forces de sécurité ont été déployés pour le scrutin.

Le Groupe des organisations féminines pour l’égalité Homme-Femme a déploré la « faible participation des femmes à ce scrutin (43 candidates sur 1.337), « confrontées à toutes sortes de pressions, venant de toute part ».

Le président de la CEI, Issouf Bakayoko, a souhaité samedi que l’élection se déroule dans « un climat apaisé ».

« Il revient maintenant à chacun de nous, candidats et électeurs, de jouer sa partition, en évitant toute violence et toute entrave au libre exercice du choix légitime des autres », a estimé M. Bakayoko.

– Frondeurs –

Selon lui, plus de « 5.000 observateurs (…) ont sollicité et obtenu une accréditation », dont un millier ont été mandatés par l’Union africaine, les pays ouest-africains de la Cédéao, l’Union européenne, ou encore les ambassades des Etats-Unis, de France, etc..

La coalition présidentielle, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, vise la majorité absolue à l’Assemblée, alors qu’elle doit faire face à des « frondeurs » dans son propre camp, qui participent au scrutin sous l’étiquette d’indépendants.

« Donnez-moi une forte majorité pour me permettre d’accélérer les travaux que j’ai comme objectifs pour les quatre années à venir », a lancé le président Alassane Ouattara, 74 ans, dit « ADO », qui vante son bilan économique pour convaincre les électeurs.

La plupart des observateurs et même certains opposants reconnaissent ses mérites économiques mais son bilan politique est plus mitigé avec une réconciliation nationale encore à parfaire, une justice critiquée et une nouvelle Constitution adoptée après un référendum boudé par l’opposition et qui n’a pas attiré les foules fin octobre.

« ADO » disposait jusqu’ici d’une majorité écrasante à l’Assemblée, l’opposition ayant boycotté les législatives de 2011 à l’issue de la crise post-présidentielle qui avait vu le président Laurent Gbagbo refuser de reconnaître sa défaite face à M. Ouattara et plonger le pays dans des violences ayant fait 3.000 morts.

Cette fois, une partie du Front populaire ivoirien (FPI), l’ancien parti de M. Gbagbo – actuellement jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité -, a décidé d’aller aux urnes, « la politique de la chaise vide n’ayant pas porté ses fruits », selon l’ancien Premier ministre Pascal Affi Nguessan.

« La bataille à venir, c’est de mobiliser pour conquérir l’Assemblée nationale », a-t-il annoncé.

Mais l’autre branche du FPI, les « frondeurs » qui se disent fidèles à Laurent Gbagbo, a appelé au boycott.

Le taux d’abstention sera regardé de près. Selon de nombreux observateurs, le nombre de votants devrait être à la hausse, car si les débats ne passionnent pas au niveau national, la bataille au plan local est parfois brûlante, avec pas moins de 1.337 candidats pour ce scrutin à tour unique.

Avec jeuneafrique.com


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