USA ; sanctions contre le Col Makenga du M23 et fermeture de la frontière ougandaise
Publié le 14-11-2012 - à 16:49' par Jovin Ndayishimiye

Les Etats-Unis comprennent-ils autrement la situation poudrière dans cet Est de la RDC ? Apparemment, les groupes en conflit dans l’Est de la RDC et autres intervenants pensent que le pillage des richesses congolaises est le nœud du problème.

Le Rwanda risque de ne pas être compris ; lui qui demande instamment qu’on analyse en profondeur le conflit qui secoue cette partie de l’Afrique des Grands Lacs. L’Ouganda ne veut pas rester dans le collimateur de la Communauté internationale. Il se désolidarise solennellement de ce fameux Mouvement du M23.

Il ne sera pas facile pour le Rwanda de condamner ledit mouvement car il occupe un espace essentiel sécuritaire pour le Rwanda qui se plaint que son légendaire adversaire, les FDLR/Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, occupe tout terrain d’où se retirent ou les Forces gouvernementales ou les mutins du M23 avec risque de se révéler puissant ennemi capable facilement de déferler à l’intérieur de ses frontières.

Il se développe également dans cette poudrière Est Rdcongolaise, un discours xénophobe anti rwandais. Ce discours associe les mutins à l’ « envahisseur rwandais ». Dans tout ce gâchis, la Communauté internationale reste ferme sur ses principes, ceux de voir la reddition sans condition dans cet espace Est Rdcongolais de tous les groupes armés. Les jeux mortels cachés, elle en fait peu de cas. Elle ne sait pas comment gérer les conséquences d’un travail bâclé. Et elle fait peur à un Ouganda dont la menace de ses frontières semble insignifiante.

Sanctions américaines contre le Colonel Makenga du M23

Les Etat Unis d’Amérique ont décidé des sanctions à l’encontre du Colonel Sultan Makenga, Commandant des rebelles du M23 opérant dans l’Est de la RDC parce que ce Mouvement est accusé de crimes de guerre et de violation du Droit international.

Le communiqué émis par le U.S Department of the Treasury’s Office of Foreign Assets Control de ce Mardi 13 novembre 2012 dit que le Col. Makenga doit être sanctionné sur base de la résolution 13413 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui épingle tout individu ayant une part de responsabilité dans le conflit qui se déroule dans l’est de la RDC.
Le Colonel Makenga est accusé de recruter des enfants soldats dans les rangs de son Mouvement, ce qui enfreint les conventions internationales. Il est aussi accusé d’acheminer et de propager les armes dans le pays de façon illégale. Ceci a pour conséquence d’accroitre les violences dans le conflit qui fait rage dans la RDC.

Cette décision des USA peut avoir de lourdes conséquences sur les avoirs domiciliés aux USA appartenant à Makenga car ils peuvent être saisis, y compris les biens de tout autre citoyen américain qui souhaiterait entrer en relations d’affaires avec lui.

C’est la même ONU qui a décidé des sanctions d’interdiction de mouvement et de voyager partout dans le monde contre le Col. Sultan Makenga parce qu’elle l’accuse d’être le principal fauteur de troubles et de massacres qui secouent l’Est de la RDC.

L’Ouganda se désolidarise des mauvaises pratiques du M23

Dans un autre développement de la situation de cet Est de la RDC, l’Uganda veut se désolidariser de ce M23 en fermant sa douane-frontière de Bunagana avec la RDC. The Monitor de ce13 novembre rapporte que cette nouvelle a été annoncée par le Général de Brigade Patrick Kankiriho alors qu’il dirigeait ce 13 Novembre une réunion du Comité de Sécurité de Kisoro, ville frontalière avec la RDC.

Les explications que ce général a données doivent faire l’effet d’une douche froide. C’est un signe évident montrant que l’Uganda veut se désolidariser avec le M23 : « L’Uganda permettait aux gens de traverser la frontière congolaise sans payer de visa. Arrivés au Congo, les rebelles du M23 prélevaient des taxes et de frais de visa sur les voyageurs et sur leurs biens, sur les véhicules et sur les marchandises. Ceci veut dire que le M23 percevait des recettes à cause de notre douane qui était ouverte. Pour éliminer toute suspicion, le Gouvernement a décidé de fermer ce poste-frontière’’, a déclaré Ahmed Doka, Directeur des Douanes et Accises du Poste frontière de Bunagana.

Ainsi l’Uganda veut-il balayer tout d’un coup l’accusation d’experts onusiens à propos de son implication dans le soutien au M23 ?

La Radio onusienne Okapi opérant en RDC, dans sa dépêche de ce 14 novembre, trouve la vraie raison de cette fermeture : « Les autorités ougandaises ont décidé, mardi 14 novembre, de fermer le poste frontière de Bunagana, son principal point de passage avec la République démocratique du Congo. Elles n’ont pas indiqué à quel moment elles comptaient la rouvrir. Selon ces autorités citées par la chaine britannique BBC, l’Ouganda a pris cette décision pour manifester son mécontentement d’avoir été accusé par un rapport des experts des Nations unies de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) en utilisant ce poste frontalier… En juillet dernier, le ministre congolais de l’Intérieur avait annoncé la fermeture de la douane de Bunagana sous contrôle des rebelles du M23. Des responsables de la Direction générale des impôts avaient indiqué au début de la rébellion que ce poste frontière génère entre 400 et 600 000 dollars américains par mois ».

La Société civile congolaise, un groupe de pression percutant

Dans toute cette saga, le combat médiatique fait rage. La Société civile congolaise commence à poser des questions indirectes sur les résultats tangibles de la présence de la force internationale onusienne, la Monusco. Elle ne comprend pas comment le séjour prolongé de cette force forte de quelques 20.000 Casques Bleus ne prend pas ses responsabilités pour enrayer l’insécurité persistante dans cette Est de la RDC.

Radio Okapi du 11novembre, rapportant les conclusions des travaux d’une session de deux jours à Goma du 10 au 11novembre qui réunissaient les représentants de la Société civile du Nord et Sud Kivu et du Maniema, de la Province orientale et du Katanga ; donne des recommandations essentielles et pertinentes de la rencontre : « Le comité des sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies doit élargir le mandat de la MONUSCO en faisant de sa mission celle d’imposition de la paix en vue de charger et d’éradiquer dans un bref délai le groupes armés opérant en RDC comme le Mouvement du 23 mars, (M23), les rebelles rwandais des FDLR, les ADF/NALU et autres milices locales assimilées aux forces négatives »

Cette société civile n’oublie pas de réclamer des sanctions à l’endroit des autorités rwandaises impliquées dans la guerre de l’Est de la RDC. Mais qu’à cela ne tienne. Ce qui est important c’est que, sans toutefois le dire, la Société civile congolaise commence à se poser des questions sur l’accountability de la présence de ces nombreux Casques Bleus onusiens qui n’ont pas pu endiguer l’insécurité sans cesse grandissante dans le pays.

De deux, la Société civile congolaise, si elle pouvait être libre de s’exprimer comme il faut, elle pourrait montrer que le nœud du problème n’est pas le M23 mais le pourquoi il est né ; donc la non-conformité aux accords passés entre le Gouvernement congolais et ses partenaires intérieurs dont le CNDP ou extérieurs.

Commentaires

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