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La dynamique de développement intégré du Rwanda ; une atteinte difficile
Publié le 17-11-2012 - à 17:28' par Jovin Ndayishimiye

Les Flux financiers sont-ils suffisamment dirigés vers les classes moyennes et le secteur rural ? Observe-t-on assez d’investissements qui sont canalisés cers ces petites et moyennes classes sociales ? Cette question mérite qu’on y réfléchisse suffisamment à la lumière des prévisions de dépenses des districts du pays et de la création de richesses sociales telles que redistribuées dans le Pays. Le modèle actuel de développement du Rwanda, s’il est soutenu, pourrait rendre nulles et non avenues les critiques comme quoi le taux soutenu de croissance économique du Rwanda est dû aux rapines et pillages des richesses de son gros voisin congolais.

La voie tracée par la politique économique officielle du pays est résolument tournée dans le cadre d’un capitalisme pur et dur fluctuant au gré de la conjoncture internationale. Une récession économique venue de l’occident frappe surtout les nouvelles classes moyennes rwandaises qui ne vivent qu’uniquement dans une économie de marché. Cette crise est donc palpable au quotidien.

« Cela fait longtemps que nous n’avons pas assez de nationaux qui sollicitent nos services de taxi. Plus de 80% de nos passagers sont des expatriés. Mais eux aussi se font rares. C’est un signe que l’argent fuit les classes moyennes rwandaises », confie à IGIHE, Bosco Kayitare, propriétaire d’un taxi-voiture opérant dans le Centre Ville de Kigali, ajoutant que la crise économique frappe de plein fouet ce secteur.

« Il arrive que je rentre bredouille, sans avoir attrapé un seul client. Les Lundi et les Mardi sont des mauvais jours. Par contre, il est très rare que je récolte plus de 20.000 Frs par jour (environs 30 dollars) », a-t-il ajouté.

Louis est un administratif de secteur de Gicumbi dans la Province du Nord. Pour lui, les flux monétaires sont rares dans l’aire qu’il dirige.

« Il faut dire que le rural donne à la ville sa production agricole. Avec la régionalisation des cultures, les citoyens ont choisi le blé, la pomme de terre et le maïs hybride. Ici, on ne sent pas comme il faut la pénétration et la circulation de la monnaie qui est un indicateur essentiel du niveau de l’économie de marché dans le rural. Les flux monétaires restent insuffisants pour secouer les paysans de leur torpeur. En effet, il y a peu de projets de développement et les hommes d’affaires ne trouvent pas encore assez d’opportunités pour y investir », a déclaré à IGIHE, Louis.

Pourtant, la trouvaille du Gouvernement rwandais fait mouche chaque année. Il s’agit de la désormais traditionnelle cérémonie annuelle de signature et de défense des contrats de performance entre maires des 30 districts du pays avec le Président de la République. Chaque année plus de 300 milliards de Francs de richesses sociales sont créées avec une répartition nationale relativement inégale. Les flux financiers dirigés vers le monde rural participent sans contredit à l’amélioration de l’environnement du monde des affaires. Mais, sont-ils assez suffisants ?

Un observateur attentif constate que la vitesse de circulation de la monnaie est extrêmement lente dans le secteur rural qui a hérité d’une assez longue culture d’économie de subsistance et donc de l’oisiveté au cours des régimes précédents.

Il faut dire qu’au vu des Contrats de Performance signés par les 30 maires de district pour 2011-2012, le district de Bicumbi montre une création de richesses sociales de moins de 3 milliards au moment où le district de Huye en aura créé pour 20 Milliards de francs, Rusizi 6, Karongi, plus de 10 milliards. D’autres districts ne se secouent pas comme il faut. C’est le cas de Ngoma en Province de l’Est qui n’a qu’une création de richesses sociales de 1.7 milliards de francs.

Cette annuelle compétition interdistricts suffit pour émécher les arguments de certains médias occidentaux qui avancent que la croissance économique du Rwanda n’est rendue possible que par les rapines …
« Avec un taux de croissance de plus de 8 % l’année dernière, le Rwanda suit cette trajectoire, un bilan d’autant plus appréciable que le pays a été ravagé, il y a dix-huit ans, par un génocide qui l’a privé d’un million de ses citoyens. Applaudi par les opérateurs financiers internationaux, ce redressement spectaculaire est écorné par le soupçon qu’il ait été forgé peu ou prou par l’instabilité chronique entretenue au Congo-Kinshasa. Le Rwanda devrait une partie de sa prospérité aux rapines qu’il a organisées dans les ressources naturelles de l’est de la RDC voisine… », rapporte le journal belge en ligne LE VIF du 17 novembre 2012.

Des médias étrangers peuvent ne pas être disposés à revisiter leur conception à l’égard des efforts que les stratèges économistes rwandais fournissent pour changer l’image de développement du Rwanda qu’ils veulent résolument entrer complètement dans l’économie de marché.

Dans leurs documents postés sur le net, les districts insistent sur la création de l’emploi à travers beaucoup de projets gouvernementaux de création des infrastructures d’eau et d’électricité en milieu rural, de distribution de semences sélectionnées et d’engrais chimiques et de sensibilisation pratique à la consolidation des terres et à l’agriculture de marché par le biais des coopératives.

“Dans le cadre de la sensibilisation à la consolidation des terres et à la régionalisation des cultures, les fermiers s’entendent sur l’étendue où planter une telle culture. Nous leur fournissons gratuitement les semences et ils achètent à moitié prix les engrais agricoles. La suite, c’est qu’à la récolte, pour que les commerçants ne les roulent, nous les conseillons de vendre en commun, donc en coopérative’’, a déclaré à IGIHE, Eugène Muzuka Kayiranga, Maire de Huye qui a ajouté qu’outre le business privé qui crée beaucoup d’emplois aux ouvriers, les projets publics de développement des infrastructures agricoles en marche ont généré plus de 20.000 emplois dans son district où 12% des ménages sont raccordés à l’électricité.

Tout semble bien marcher. Pourtant il y a un hic quelque part. On observe toujours un développement économique à deux vitesses avec un déséquilibre prononcé pour le monde rural. En effet malgré les flux économiques passables y dirigés, il semble bien qu’une dimension a été oubliée ; celle de la sensibilisation des fermiers agricoles à recourir aux crédits bancaires de soudure ou d’expansion de leurs fermes.

Jusqu’à ce jour, quand bien même la politique sectorielle agricole a fait que le budget ordinaire national alloué à ce secteur ait été revu à la hausse, il manque une volonté politique ferme qui procéderait à la création d’un comité de pilotage national en matière de développement agricole du pays. Celui-ci arrêterait de cohérentes et exhaustives stratégies scientifiques et techniques aux fins d’une grande productivité en la matière.

« A la lumière de la réforme de la loi agraire et des certificats de bail emphytéotique des terres des ruraux, tout passerait par l’équation Ressources humaines (agronomes, moniteurs agricoles)- Accès au crédit agricole (hypothèques sûres/Certificats des terres) – Grande Productivité agricole – Transformation alimentaire (collusion avec le monde scientifique)– création de richesses sociales avec des labels strictement locaux consommables localement et exportables. Jusqu’ici, le Ministère de l’Agriculture, celui du Commerce et Industrie et celui des Finances et Planification Economique, en équipe, ne se sont penchés sur le phénomène plein d’opportunités économiques des petits brasseurs de vins de bananes qu’on rencontre ici et là dans les villes du Rwanda. Pourtant quand on ne promeut pas un phénomène de créativité locale dans une compétition économique régionale difficilement maîtrisable qu’on observe actuellement dans la région, force est de constater les talents sont désabusés et bonjour la stagnation. Il faut absolument que les pouvoirs publics soient attentifs aux initiatives du secteur privé, qu’ils soient prêts de les accompagner et de les appuyer financièrement », a confié à IGIHE un expert économiste agricole local.

A vrai dire, il y a aussi le fait que le système éducatif actuel, en voulant prendre une direction différente du style élitiste qui avait cours dans les régimes précédents, a du mal à comprendre la nouvelle marche du capitalisme rwandais. Le système éducatif actuel n’offre pas un large éventail de formation en carrières professionnelles qui se conforment aux besoins des tendances actuelles de compétition économique sauvage.

Au moment où les potentiels investisseurs dans le pays ont besoin de monteurs de machines industriels, de jeunes professionnels en confection du beurre, et bien d’autres carrières professionnelles, les jeunes rwandais affichent toujours un engouement pour les gros diplômes académiques de formation générale. L’adéquation Education-Carrières professionnelles-Monde du travail accuse un sérieux déséquilibre.

Commentaires

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