Violences dans le Kasaï-Central : une délégation gouvernementale sur place

Publié par IGIHE
Le 13 mars 2017 à 04:23
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C’était une visite annoncé depuis des mois et sans cesse repoussée. Une délégation gouvernementale est arrivée hier soir à Kananga au Kasaï-Central pour tenter d’enrayer le phénomène Kamuina Nsapu. Une insurrection qui touche aujourd’hui cinq provinces du centre du pays, mais qui est née de la révolte d’un chef coutumier, Kamuina Nsapu, originaire du territoire de Dibaya. Ses miliciens avaient empêché l’arrivée des précédentes délégations annoncées et du coup, la ville de Kananga a vécu cette journée de dimanche sous haute tension.

Kananga avait des allures de ville morte, même pour un dimanche, il y avait peu de circulation. Les vendeurs de rue peinaient à trouver des clients : « Avec ce qui s’est passé à Kananga, l’insécurité, les gens ne font pas vraiment l’effort de circuler comme d’habitude », explique l’un d’eux qui indique d’ailleurs ne pas savoir que le vice-Premier ministre devait venir.

Et pourtant la délégation gouvernementale était bel et bien annoncée à la mi-journée à l’aéroport de Kananga mais personne n’avait de nouvelles en début d’après-midi. Les « mototaxis » se sont remis à circuler : « En tout cas, l’activité est bloquée à cause des affrontements qui se font si souvent dans notre province, explique un chauffeur. Ça s’est fait aussi aujourd’hui, souvent au niveau de l’aéroport. Il y a eu des affrontements ce matin. Alors on n’a pas travaillé comme d’habitude. »

Sur la route de l’aéroport, on expliquait ces troubles par l’annonce de la visite : « Ces troubles, c’est à cause de cette délégation. Qu’ils restent chez eux. Nous, nous vivons ici seuls. » La délégation est finalement arrivée à la tombée de la nuit, sans encombre.

Ordre et dialogue

Cette délégation est dirigée par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, accompagné par le ministre des Affaires coutumières. Il y a également des députés de la majorité comme de l’opposition originaires de cette province : Delly Sesanga de l’Envol, et Martin Kabuya de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Que va-t-elle faire dans le Kasaï ? Pour le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, il s’agit d’abord d’une mission de rétablissement de l’ordre public, mais cela passe avant tout, dit-il, par le dialogue. « La force est toujours la force politique, a assuré au micro de RFI Emmanuel Ramazani Shadary. La force qui consiste à négocier, à discuter, à écouter les uns les autres. Et après on va finir par rencontrer les convergences et les divergences vont sauter. A ce moment-là, on va trouver une solution. Il y aura la paix mais parce que le chef de l’Etat insiste pour que la paix règne dans cette partie d’Etat national. »

Le député d’opposition, Delly Sesanga, originaire de la province se voulait optimiste : « Je pense qu’il reste encore possible de ramener tout le monde autour de la table et d’avoir une solution apaisée. Et surtout permettre à cette province, qui est l’une des [plus] grandes de la République d’aller aux élections. On devrait commencer l’enrôlement. Ici au Kasaï, dans les circonstances actuelles, cela est impossible. »

Et parmi les mesures attendues pour tenter de ramener la paix, il y a l’annonce officielle du remplacement du gouverneur de la province, rappelé à Kinshasa depuis plusieurs semaines, une nouvelle libération de prisonniers ou encore la restitution du corps du chef Kamuina Nsapu tué en août 2016 par des militaires.

Avec rfi.fr


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