Massacre en RDC : un nouveau démenti et de nouvelles vidéos

Publié par Igihe.com
Le 21 février 2017 à 03:03
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En République démocratique du Congo, le gouvernement persiste et signe. La vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montrant de présumées exécutions sommaires est un « grossier montage ». Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement répond à la multiplication des appels à enquêter. Il explique que c’est aux accusateurs, en l’occurrence ceux qui ont diffusé ces vidéos, de prouver leurs assertions. Mais depuis ce weekend, il n’y a pas que les appels à enquêter qui se multiplient, mais aussi d’autres vidéos du même genre.

Le communiqué signé Lambert Mendé répondait aux premiers appels lancés, ceux des Etats-Unis et de la France. Mais par la voix de son porte-parole, le gouvernement appelait plus généralement ses partenaires à cesser de « promouvoir des attitudes condescendantes et délibérément malveillantes ».

A ce communiqué est associé le témoignage d’un expert signé M.K. sans plus de précision. Celui-ci dit relever des « curiosités ». La première que ces présumés militaires circulent à découvert, alors que selon les autorités, les « terroristes » Kamwina Nsapu sont armés. Ils répéteraient trop souvent le mot FARDC, il y aurait également un problème de synchronisation de son avec l’image sur une exécution. Conclusion de l’expert du gouvernement : c’est un grossier montage dans le but de discréditer les FARDC.

Mais depuis cette première vidéo, au moins deux autres sont relayées sur les réseaux sociaux. L’une présente une scène équivalente à la première vidéo, avec des corps d’enfants au sol, certains munis des bandeaux emblématiques des Kamwina Nsapu au milieu des présumés militaires et policiers en opération au Kasai Central.

La deuxième montre l’interrogatoire d’une petite fille qui reconnait faire partie d’un groupe Kamwina Nsapu avec son père. Elle est visiblement gravement blessée et agonise et reçoit des coups quand ses réponses déplaisent. Des témoins estiment qu’il s’agit de la petite fille morte le 27 janvier dernier lors de l’attaque contre le gouvernorat de Kananga.

Pour rappel, selon des spécialistes du secteur de l’enfance, plus de 50% des présumés miliciens Kamwina Nsapu sont des mineurs, majoritairement de moins de 14 ans, le plus souvent désarmés.

■ La communauté internationale met la pression sur la RDC

Lundi 20 février, plusieurs réactions internationales ont suivi la diffusion sur Internet de plusieurs vidéos non identifiées montrant des présumées forces de sécurité en train d’exécuter des civils.

Les vidéos de civils désarmés tués par de présumés militaires suscitent la colère au sein de la communauté internationale. Les propos les plus fermes viennent du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. L’organisation s’en prend directement aux FARDC qu’elle accuse d’usage excessif et disproportionné de la force. Le HCDH décrit des militaires tuant des civils pour leur appartenance présumée à Kamwina Nsapu. Des actes qualifiés de violations massives des droits de l’homme. En moins de deux semaines, le Haut-Commissariat affirme avoir comptabilisé plus de 150 personnes tuées par l’armée.

De leur côté, la France, les Etats-Unis et l’Union européenne se disent profondément préoccupés par la situation. Selon Washington, si les exécutions extra judiciaires sont prouvées, elles constitueraient de graves violations des droits de l’homme et menaceraient de propager la violence et l’instabilité. La France parle d’agissements inacceptables.

Au final, tous demandent à la RDC de mener une enquête indépendante pour identifier et punir les responsables. Ce que Kinshasa refuse pour l’instant.

Avec rfi.fr


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