M23 accuse la RDC de rapatrier illégalement ses ex-combattants et creer des tensions

Redigé par NDJ
Le 12 décembre 2017 à 04:30

La Coordination du M23 en exil à Kampala vient d’écrire une lettre au Président Sassou Ngeso de Congo Brazza en sa qualité de Président de la CIRGL/Conférence des Nations Unies sur la Sécurité en Afrique des Grands Lacs et au Président Jacob Zuma de la RSA, Président en exercice de la SADC et garant de la Mise en Oeuvre des Déclarations de Nairobi qui lient le M23 et le Gouvernement congolais.
La coordination du M23 se permet de rappeler aux deux presidents que “le processus de paix issu des (...)

La Coordination du M23 en exil à Kampala vient d’écrire une lettre au Président Sassou Ngeso de Congo Brazza en sa qualité de Président de la CIRGL/Conférence des Nations Unies sur la Sécurité en Afrique des Grands Lacs et au Président Jacob Zuma de la RSA, Président en exercice de la SADC et garant de la Mise en Oeuvre des Déclarations de Nairobi qui lient le M23 et le Gouvernement congolais.

La coordination du M23 se permet de rappeler aux deux presidents que “le processus de paix issu des declarations de Nairobi” est bloquépar la partie gouvernementale congolaise.

Mais c’est aussi pour nier les informations propagées et publiées par le HRW le 3 décembre 2017 selon lesquelles “… des Ex-Combattants du M23 (seraient utilizes) par les services de Sécurité de la RDC dans la répression des manifestants contre le Régime”

Bertrand Bisimwa, Chef du M23 en exil a Kampala

La Coordination M23 du processus des Accords de Nairobi accuse le Gouvernement de Kinshassa d’avoir procédé au rapatriement irrégulier des ex- combatants du M23.

« 

”…notre organisation n’a cessé de dénoncer cette violation des dispositions des Déclarations de Nairobi mais aussi et surtout de tirer la sonnette d’alarme quant aux conséquences qui en découleraient”, lit-on dans la lettre faisant ainsi entendre que les elements M23 rentrés d’exil échappent au contrôle de la direction du Mouvement restée en exil à Kampala.
Pour mémoire :

1. Au mois de décembre 2014, le Gouvernement a organisé un rapatriement forcé dans le camp de Bihanga, que notre organisation a dénoncé par la lettre n°067/PRES- M23 /2014 vous adressée en date du 16 décembre 2014 ;

2. Une année plus tard, précisément le 8 décembre 2015 un autre rapatriement du genre a été opéré dans le Camp de BIHANGA. À cette occasion notre Coordination avait, à travers un communiqué, condamné l’usage des manœuvres frauduleuses, manipulations d’esprit, intimidations, etc. pour extorquer le consentement des concernés se servant de leur état de santé et situation sociale difficile, qui était contraire à la dignité humaine ;En date du 12 septembre 2017, lors des travaux du Comité technique d’appui à l’accord cadre tenus à Goma, un autre rapatriement a été opéré unilatéralement par le Gouvernement, chose que nous avions également dénoncé ;
3. Tout récemment, le 18 Octobre 2017, à la veille du 7e Sommet Ordinaire de la CIRGL
tenu à Brazzaville, un rapatriement d’une trentaine des ex- combattants a été effectué ;
Au regard de tout ce qui précède, notre préoccupation est celle de savoir pourquoi tous ces abus commis par le Gouvernement de la RDC, de manière flagrante, n’ont jamais été condamnés par les Garants.
En effet, tout rapatriement qui se fait en violation des Dispositions Transitoires de Sécurité constitue un abus des droits commis contre ces ex-combattants”, liton dans la lettre aux presidents Congolais et Sud africain.

 »

Ceci est-il une façon de dire que le M23 se lave les mains de possible dérapages de ses anciens elements qui seraient instrumentalisés par la partie gouvernementale surtout en cette période préélectorale congolaise trouble ?

La Coordination du M23 tire donc une sonnette d’alarme. Elle demande aux Chefs d’Etat membre de la CIRGL et de la SADC d’intervenir pour conseiller le gouvernement Congolais à mettre en action le prescrit des Accords de Nairobi qu’il a signés dont le rapatriement des refugiés congolais, l’amnistie générale et la reinsertion sociale des ex combatants M23 et le transfert de 40% de recettes aux gouvernements provinciaux de la RDC afin que ces derniers puissent arrêter des programmes de développement pour leurs citoyens.

Le fin mot de cette lettre est : “nous réitérons notre souci de voir ce processus, gage de paix et de stabilité dans notre Pays, être sauvé”. Autrement dit, une autre option est absolument envisageable, la patience ayant des limites, au cas où la partie congolaise gouvernementale ou la Communauté internationale laisseraient la situation s’envenimer.

C’est dire que les espoirs d’un Est de la RDC et des pays des Grands Lacs pacifiés sont vains. La poudri ere reste entiere et explosive malgre la presence de 20.000 Casques Bleus.


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