Le M23 renaît de ses cendres et brûle toutes les cartes géostratégiques de la région

Publié par IGIHE
Le 31 janvier 2017 à 12:53
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Le M23 réannonce ses couleurs. Vaincu en novembre 2013 par une coalition d’éléments des FARDC appuyés par les FDLR rwandaises avec une sérieuse couverture de la MONUSCO et bouté hors, ce mouvement M23 se réengage dans une aventure guerrière dans le vaste théâtre de verdure de la province du Nord Kivu. Quelles sont ses aspirations déçues ? A-t-il un nouvel idéal de lutte ? La situation actuelle d’instabilité politique dans la RDC lui donnerait-elle un point d’appui pour rebrandir ses revendications ?

« Les camps de réfugiés constituent un vivier de rébellion. Nous nous trouvons devant un cas nouveau. Cela peut être M23 ou M24 ou un autre nom que ces jeunes-là peuvent se donner. Dans tous les cas ce n’est pas l’Uganda qui a attaqué la RDC. Nous sommes en face de citoyens qui revendiquent leurs droits de vivre », confie Déo Koya Ntarugera, Directeur de Rufari International qui se penche sur les questions de l’Est de la RDC.

Les signes avant-coureurs de la reprise des hostilités par le M23 avaient commencé à s’observer à partir du 15 janvier dernier avec la déclaration officielle du Gouvernement congolais selon laquelle les combattants du M23 exilés en Uganda ont commencé à traverser la frontière ugandaise, les armes à la main.

Au moment des faits, le Secrétaire d’Etat ugandais à la Coopération Internationale, Okello Oryem, avait immédiatement réagi disant que ce mouvement n’existe pas que la RDC ne voulait brandir cette menace das une tentative de noyer ses problèmes politiques internes.

Peu après le Porte- parole du Gouvernement ugandais Ofwono Opondo a reconnu que dans les rangs des militaires du M23 réfugiés en Uganda en 2013, 101 ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de s’infiltrer en RDC mais que 40 autres ont disparu dans la nature.

Mais pourquoi cette résurgence de la lutte du M23 ?

On se souviendra qu’au moment où le M23 voulait faire entendre son idéal de lutte en 2013 avec la prise de Goma, le Président ugandais Yoweri Museveni avait demandé aux mutins de dégager de la ville avec promesse qu’il allait lui être reconnu le statut de rébellion quitte à entrer dans des pourparlers avec le gouvernement de Kinshasa qui allait satisfaire leurs revendications.

« Ils se sont désengagés de la ville pour prendre les hauteurs et ont évité tout pillage possible sauf le charroi automobile qui se trouvait dans le palais du Chef de l’Etat Kabila », a dit Pascal, un autre observateur de la société civile congolaise.

Mais les jeunes mutins dirigés alors par le Gén. Sultan Makenga avaient des revendications qui étaient trop difficiles à satisfaire dont le fait de « réformer l’armée congolaise dotée d’une solde régulière et lui éviter de se comporter comme un conglomérat de bandits qui pillent les citoyens dont ils sont censés garantir la sécurité, rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de l’Est de la RDC avec une bonne gestion transparente de ses grosses ressources naturelles et de son sous-sol et enfin rapatrier les centaines de milliers de réfugiés congolais éparpillés au Rwanda, Burundi, l’Uganda et de les réhabiliter dans leurs droits et propriétés ».

Ces revendications quasi impossibles à satisfaire par un pouvoir congolais qui prend trop de temps à étendre ses ailes pour agir, sont-elles celles-là qui ont décidé la Monusco composée de quelques 20.000 casques bleus à se liguer avec les forces armées congolaises et les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) pour attaquer les hauteurs de Goma où avaient pris position les éléments du M23 et les pilonner jusqu’à ce qu’ils les boutent dehors.

« L’opinion publique a été alors négativement surprise de voir les Troupes de Casques Bleus de la MONUSCO appuyer une partie des belligérants au lieu de jouer la médiation. La thèse du complot de la MONUSCO qui conspirait contre le Rwanda surtout que tout a été fait pour aménager une fuite de ces éléments du M23 vers le Rwanda afin de les y poursuivre tout en visant le régime rwandais actuel qui était dans la ligne de mire de la Communauté internationale d’alors. Il était taxé d’être le mentor et l’appui de ces M23 à la grande satisfaction des FDLR qui y trouvaient une occasion rêvée pour leur retour au pouvoir au Rwanda », a confié Prosper, un cadre du M23. Ce dernier montre que la défaite du M23 est très factice.

« As-tu vu une armée battue qui n’a pas de prisonniers de guerre ? Une armée défaite qui garde tout son arsenal militaire ? Je précise que l’arsenal militaire de M23 pris sur les FARDC reste intact et il est quelque part en RDC. Ce M23 a suscité beaucoup d’espoirs des politiciens congolais dont les Roger Lumbala et les autres. Il est sans nul doute un mouvement qui vient remettre de l’autre dans la pagaille politique de Kinshasa. Il a gardé l’essentiel de ses troupes. Kabila n’a pas su gérer ces jeunes gens qui croupissent dans leur exil. Voyant que le Président Kabila et son régime ne tiennent pas parole de ce qu’ils ont signé et sachant bien qu’ils ont leurs armes, tout révoltés qu’ils sont des volte-face fait par la MONUSCO t les généraux français venus à Kampala leur faire faire signer un document évoquant « la Fin des Hostilités » puis
« la Fin de la Rébellion M23 », tout en leur promettant qu’ils allaient se muer en parti politique, ce qui n’a pas été mis en application voilà 3 ans, les jeunes du M23 forts d’une grande pépinière de milliers d’autres jeunes peuplant les camps de réfugiés rwandais, burundais et Ugandais, ces M23 trouvent qu’ils sont en droit d’initier une longue guérilla jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues et respectées au niveau intérieur congolais et par la Communauté internationale qui a assisté à la supercherie du pouvoir de Kinshasa pour ce qui est des Accords de Nairobi et de Kampala signés avec le M23 », a confié Rufari International qui suit de près l’évolution de ce mouvement fait essentiellement de congolais rwandophones de l’Est de la RDC.

« La nouvelle tactique qu’empruntera la nouvelle version du M23 ce ne sera plus une guerre conventionnelle rangée autant qu’il avait dressé ses plans d’opération dans les années 2012-2013. Elle sera essentiellement de la guérilla jusqu’à ce que notre cause soit bien entendue par toutes les parties intéressées au conflit y compris la MONUSCO », a confié un officiel du Mouvement sous le sceau du secret, trouvant normal qu’au lancement des hostilités à ISHASHA en Province du Nord Kivu, il est normal que des Militaires du M23 aient été blessés mais que fort de toute une armée de jeunes désœuvrés qui croupissent dans la misère crasse et la pauvreté des camps de réfugiés, tout a été étudié pour la victoire finale dusse-t-elle durer des décades.


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