L’Uganda torture et chasse des ressortissants rwandais : un climat de guerre froide

Redigé par Ndj
Le 6 novembre 2017 à 11:34

Des Rwandais en voyage en Uganda sont, ces derniers temps, sujets à des bousculades malheureux de la part des forces de sécurité. C’est le cas du commerçant René Rutagungira enlevé à Kampala il y a deux mois. Il a réapparu avec quelques uns de ses membres handicapés pour avoir siubi des tortures atroces. Les services de renseignement ugandais sont accusés de ce forfait.
René Rutagungira était un sergent dans l’Armée Rwandaise avant d’être démobilisé. Il est donc libre de ses mouvements et peut s’adonner (...)

Des Rwandais en voyage en Uganda sont, ces derniers temps, sujets à des bousculades malheureux de la part des forces de sécurité. C’est le cas du commerçant René Rutagungira enlevé à Kampala il y a deux mois. Il a réapparu avec quelques uns de ses membres handicapés pour avoir siubi des tortures atroces. Les services de renseignement ugandais sont accusés de ce forfait.

René Rutagungira était un sergent dans l’Armée Rwandaise avant d’être démobilisé. Il est donc libre de ses mouvements et peut s’adonner à des activités commerciales de son choix. Ce 7 août 2017, alors qu’il partageait ses moments de loisirs dans un bar de Kampala dit Bahama dans le quartier Mengo, il a été enlevé vers deux heures du matin par des gens en civil. Son véhicule Toyota Premio UAT 694 T a été également saisi. Il se dit que parmi les personnes qui l’ont arrêté figure un capitaine David Agaba des Services de Renseignement Ugandais.

Sa femme Hyacinthe Dusengeyezu s’étant transportée sur le lieu où le mari était détenu, sa requête n’a pas été satisfaite au point qu’elle a porté l’affaire à la Police Ugandaise qui a été sourde à sa plainte. Les services de l’Ambassade du Rwanda à Kampala n’ont fait que rapporter le fait au Ministère ugandais des Affaires étrangères.

Ladite ambassade s’est fait dire qu’aucun service de sécurité de détient ce ressortissant rwandais, rapporte KT Press.

La femme du disparu a porté plainte à la Haute Cour ugandaise qui, dans sa correspondance du 21 août dernier, a ordonné au Service de Renseignement Militaire et au Mandataire du Gouvernement de faire comparaître devant la Cour le sieur Rutagungira le 31 du même mois à onze heures.

Dans un premier temps, les autorités du Service de Renseignement Militaire Ugandais ont déclaré ne pas avoir dans leurs prisons le disparu. Pourtant quatre jour après, Rutagungira et 9 citoyens ugandais comparaissaient devant le tribunal militaire accusés d’espionnage contre l’Uganda.

L’avocat de la défense, Caleb Alaka, a, devant la cour militaire, accusé les services de renseignement d’avoir torturé ses clients. C’est le cas de Rutagungira qui est détenu en isolement. D’après un témoin oculaire, il a été tellement torturé que ses mains ne peuvent plus tenir ferme un objet.

"Il n’a eu de répit que quand il lui a été permis de comparaître devant la cour. Il est emprisonné dans un endroit avec les yeux bandés. Il ne mangeait qu’une fois par semaine. A la fin, il a accepté tous les crimes dont on le chargeait pour qu’il puisse respirer", a dit sa femme très attristée.
Du côté des diplomates rwandais qui ont alerté les services du ministère des Affaires étrangères, les explications sur le cas n’ont pas été données.

Une guerre froide entre les deux pays

Le climat des relations bilatérales entre est mis à mal. L’Uganda a récemment chassé de son pays 90 Rwandais dits être en situation illégale dans ce pays.
Les média ugandais progouvernementaux dont The New Vision colportent des ragots frisant la négationisme du génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda. Ce dernier journal a dernièrement rapporté des mensonges sur l’entretien entre les deux présidents Kagame et Museveni à Dubai au cours du Forum International sur les Investissements en Afrique.

Un tel climat de guerre froide a fait que les hautes autorités rwandaises fassent un examen de conscience pour se rendre compte de l’évolution négative des relations entre les deux pays dans un passé récent avec une obstruction manifeste des intérêts commerciaux du Rwanda.

Ces autorités remontent loin en 1998 avec les incidents de Kisangani dans la guerre de la RDC, avec l’interdiction la la compagnie nationale rwandaise Rwandair d’utiliser l’aéroport d’Entebbe pour ses vols pour la Grande Bretagne.

Triste surenchère du climat de violence entre les deux pays frères autrefois considérés comme partageant une grande culture anglophone qui privilégie le pragmatisme aux petits ressentiments et rancoeurs souvent fondés sur l’égocentrisme plat d’un dirigeant ugandais.


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