FPB : Une rébellion multiethnique au Burundi ; un modèle rwandais de refonte de la nation

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 30 août 2017 à 12:00
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Dans une déclaration rendue publique dimanche 27 août au soir, la principale rébellion burundaise agissant en RDC, les Forebu/Forces Républicaines Burundaises, a annoncé lechangement d’appellation en FPB (Forces Populaires Burundaises) et officialisé leur nouvel organigramme.

L’ONU estime les effectifs des FPB à plusieurs centaines d’hommes, en majorité des déserteurs de l’armée et de la police burundaises qui seraient installés dans l’est de la RDC,dans les territoires d’Uvira et de Fizi, rapporte AFP de ce 27 août 2017.

le Général dans le maquis Jérémie Ntiranyibagira
Pourtant, le communiqué des FPB lu en Kirundi puis en Français par le Général dans le maquis Jérémie Ntiranyibagira ce 18 août 2017 annonce que le QG dudit mouvement se trouve en Province Rutana (Sud Est du Burundi) à la frontière tanzanienne de Ngara où est concentrée une grande partie de réfugiés burundais.

“La nouvelle structure de FPB est composée comme suit : Le commandant en chef : Gén. Maj. Jérémie Ntiranyibagira ; Commandant en chef adjoint : Lt-Col Edouard NShimirimana. Nous allons tout faire pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays”, a dit le Général qui avoue avoir établi ses Quartiers Généraux en province de Rutana ; histoire de dire qu’il va recruter dans les camps de réfugiés de l’autre côté de la frontière burundaise en Tanzanie ?

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Selon le dernier rapport des experts indépendants de l’ONU sur la République démocratique du Congo (RDC), pays frontalier, les FPB sont désormais le groupe rebelle burundais le plus important en nombre. Il comprend entre 300 et 500 combattants, basés au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC.

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Au moment où le Général insiste sur la nécessité de prendre des armes pour lutter contre le régime dictatorial de Bujumbura, d’autres mouvements dont ACOGE (Action Commune contre le Génocide des Tutsi du Burundi) font leur petit chemin et clarifient leurs projets d’arrêter un genocide des Tutsi en cours actuellement sur l’étendue du territoire burundais par les responsables politiques buirundais appuyés de leur jeunesse IMBONERAKURE. Ce dernier mouvement confie avoir 5700 hommes de troupes prêts à déferler sur la ville de Bujumbura venant des contreforts des monts Mitumba surplombant la ville d’Uvira séparée de Bujumbura par le lac Tanganika.

Qui sont les commandants de ces nouvelles FPB ?

Le Général Jérémie Ntiranyibagirwa est un haut cadre de la nouvelle armée burundaise issue du FDD-CNDD. Il sort du pays pour une formation en Afrique de l’Ouest pour ne plus rentrer préférant faire équipe avec le célèbre prisonnier évadé de la Prison Centrale de Mpimba/Bujumbura, Hussein Radjabu, ancien numéro deux du Régime Nkurunziza.

Le commandant en second, le Lt Colonel Edouard Nshimirimana est, quant à lui, un militaire des anciennes FAB/Forces Armées Burundaises dites tutsies combattues et vaincues par les CNDD-FDD avant d’entrer dans la recomposition de la nouvelle armée burundaise, les FDN/Forces Nationales de Défense. Il était à la tête de FOREBU/Forces Républicaines Burundaises composées d’un imposant groupe de soldats et policiers professionnels Tutsi qui ont fui les massacres organisés par le Pouvoir de Pierre Nkurunziza.

Alliance multiethnique heureuse mais difficile à réaliser

La nouvelle force composée de militaires et policiers FOREBU fuyant les pogroms proches d’un génocide larvé des tutsi du Burundi et d’anciens militaires rebelles du CNDD-FDD proches de l’indésirable Hussein Radjabu, actuellement ennemi juré du Président Pierre Nkurunziza ; est un événement qui fera date dans les annals burundaises.

Ce rapprochement d’intérêts de groupes ethniques différents montre qu’une veritable rebellion burundaise peut voir le jour avec ce dépassement de clivages ethniques qui ont toujours été brandis par des personnalités politiques de la region soucieuses d’accaparer le gateau national et le gérer comme elles l’entendaient .

Des nouvelles font état que ce rapprochement a été rendu possible par le fait qu’alors dans le theatre des operations dand la region du Mugamba et Bututsi, les forces armées de Pierre Nkurunziza avaient encerclé le Lt Colonel Nshimirimana pour le capturer. Il a été sauvé in extremis par les hommes de Hussein Radjabu qui l’ont exfiltré pour Kigoma en Tanzanie.

Depuis lors, les deux hommes ont compris qu’ils avaient beaucoup d’intérêts à unir leurs forces et à dépasser les idiotes idéologies divisionnistes ethnocentristes qui ravagent le pays. S’il en est ainsi, le scénario rwandais d’une idéologie nationaliste doit peupler dans les esprits des révolutionnaires de l’Afrique Centrale.


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