WhatsApp, Viber et Skype : ce qu’il faut savoir sur leur blocage au Maroc

Publié par Igihe
Le 11 janvier 2016 à 08:38
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Pour l’ANRT, le régulateur du secteur télécoms au Maroc, les services de téléphonie ne peuvent être fournis que par des exploitants agréés. Une décision qui n’est pas pour déplaire aux opérateurs télécoms marocains. Décryptage.

Une fois n’est pas coutume, les opérateurs télécoms et le régulateur marocain sont sur la même ligne.

Le jeudi 07 janvier, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) a publié un communiqué justifiant le blocage, observé depuis fin décembre, des applications telles que WhatsApp, Viber et Skype qui permettent de téléphoner gratuitement via les réseaux 3G et 4G.

«  Les services de téléphonie (Voix sur IP ou autres) ne peuvent être fournis que par les exploitants détenteurs de licences de télécommunication”, a expliqué l’ANRT, s’appuyant sur les textes réglementaires régissant le secteur.

« Dans le cas d’espèce et outre le manque à gagner, en termes de chiffres d’affaires, résultant pour le marché national des télécommunications du fait de l’utilisation des services gratuits de téléphonie sur IP, ces derniers ne remplissent pas toutes les conditions requises pour être en conformité avec la réglementation en vigueur », explique l’ARNT dans un communiqué [PDF].

Inadmissible

Une pétition en ligne adressée à l’ANRT a été lancée sur le site change.org pour dénoncer ce blocage. Elle avait recueilli plus de 5 800 signatures ce vendredi en début d’après-midi.

L’auteur de la pétition a réagi à la prise de position du régulateur dénonçant une décision inadmissible et insultante pour les millions de Marocains qui doivent communiquer avec leurs proches et leurs familles. De nombreux utilisateurs ont également fait part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

Selon le site spécialiste des télécoms Telegeography, les applications de VoIP devraient également être bloquées dans les prochains mois lorsque les appels sont passés via une connexion Wifi.

Inquiétude

Interrogé par le journal arabophone marocain Akhbar Al Yaoum le 07 janvier, Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Telecom, a été le premier représentant des opérateurs à prendre la parole en déclarant que la coupure avait été ordonnée par l’Agence nationale de réglementations des télécommunications (ANRT).

Si des considérations sécuritaires ont été évoquées par certains pour justifier cette disposition, elle répond également à l’inquiétude des opérateurs dont le chiffre d’affaires subit de plein fouet cette nouvelle concurrence.

Maroc Télécom, qui domine le secteur du mobile avec 18,58 millions d’abonnés et 41,8 % de part de marché, n’en est à sa première offensive contre ce type d’application.

En août 2014, les clients de l’opérateur historique s’étaient déjà plaints du blocage pendant un mois de l’application Viber.

Bien que l’ANRT s’inscrive dans le sillage de décisions prises récemment en Égypte et aux Emirats Arabes Unis, ce type de mesure reste relativement rare.

Au Sénégal, Sonatel, leader de la téléphonie mobile, avait été accusé en mars 2015 de bloquer l’application Viber. Mais contrairement au Maroc, le régulateur avait sommé l’opérateur de rétablir le service.

avec Jeune Afrique


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