Le Rwanda, terrain de chasse d’un affreux de la Françafrique ; Bob Denard, piece maitresse

Redigé par IGIHE
Le 2 février 2018 à 03:14

Bob Denard fait parler de lui par le journal satirique parisien Le Canard Enchaine. Ce corsaire francais des temps modernes a serieusement montre que dans les affaires, il n’y a pas de sentiments meme s’il faut que des millions de Tutsi passent sous les machettes de leurs bourreaux. Pourvu qu’il touche son "pognon" lui genereusement offert par les officiels rwandais du temps ou courait le genocide des Tutsi de 1994.

La France officielle n’entend pas declassifier des documents secrets en rapport avec ses agissements entre 1990-1994, il y a de quoi effectivement ne pas le faire. Beaucoup de ces documents l’accusent d’affaires noires.

Ce mercredi matin 31 janvier 2018, le Canard Enchaîné publie un
article « Le Rwanda, terrain de chasse d’un ``affreux’’ de la
Françafrique » qui montre que le mercenaire français Bob Denard a
signé en 1994 un contrat d’assistance avec le gouvernement intérimaire
rwandais, auteur du génocide des Tutsi.

http://francegenocidetutsi.org/Dena...

L’implication d’un homme de Bob Denard, Jean-Marie Dessales, était
déjà connue, car ce dernier a été pris comme témoin par le juge
Bruguière. En tant que « conseiller en sécurité », il était en
relation avec le ministre de la Défense rwandais, Augustin Bizimana,
toujours en fuite. Voir l’ordonnance du juge Bruguière page 44 :

http://francegenocidetutsi.org/Ordo...

Sous le pseudonyme de « capitaine Jean-Pierre », Dessales a sévi au
Comores en 1995 et au service de Sassou Ngesso au Congo-Brazzaville en
1997. Benoît Collombat et David Servenay ont eu accès à l’audition de
Dessales par le juge Bruguière le 30 avril 2001. Cf. « Au nom de la
France » Guerres secrètes au Rwanda, La Découverte, mars 2014,
pp. 106-107.

Le ministre de la Défense, Augustin Bizimana, envoie le 17 juin 1994 à
l’attaché militaire à Paris, le colonel Sébastien Ntahobari, ses
directives pour l’utilisation des fonds récemment crédités. 1.200.000
$ US sont à verser à M. Barril et 40.000 $ US à verser sur un compte
à la Commercial Bank of Africa à Nairobi.

http://francegenocidetutsi.org/Bizi...

Il signe un billet en date du 18 juin 1994 priant le colonel Sébastien Ntahobari
de remettre un chèque au bénéfice d’un certain Robert B. Martin :

http://francegenocidetutsi.org/Augu...

Martin Robert Bernard signe un reçu où il certifie qu’il a reçu la somme de
1.086.000 FRF du colonel Sébastien Ntahobari le 5 juillet 1994 :

http://francegenocidetutsi.org/Recu...

Ce chèque bancaire numéro 6544279 est émis sur le compte 034003 -
082199409868 à la BNP Agence centrale Paris. Ceci confirme
l’implication de cette banque avec les militaires rwandais, auteurs du génocide.

Dans une lettre du 13 septembre 1994 au Premier ministre intérimaire
Jean Kambanda, Bizimana l’informe du suivi de ce contrat d’assistance
avec ce groupe Martin qui doit effectuer des entraînements militaires
pour le compte de l’armée gouvernementale qui a fui au Zaïre :

http://francegenocidetutsi.org/Bizi...

Le groupe Martin aurait déjà effectué des missions de reconnaissnce
pour lesquelles il a été payé 40.000 $ US qui pourraient avoir été
versés sur ce compte de la Commercial Bank of Africa à Nairobi.

Fin septembre 1994, le chef d’état-major de l’ex-armée rwandaise,
Augustin Bizimungu, affirme que ce contrat de 40.000 $ n’a pas été
exécuté :

http://francegenocidetutsi.org/Bizi...\#page=44

La fausse identité Robert Bernard Martin de Bob Denard n’est pas
cachée par le site érigé à sa gloire :

http://www.orbspatrianostra.com/doc...

On y trouve un permis de conduire et un passeport au nom de Bernard
Martin :

http://francegenocidetutsi.org/Perm...

http://francegenocidetutsi.org/Pass...

Le livre « La dernière épopée de Bob Denard » de Jean-Claude Sanchez
(Pygmalion, 2010, pp. 40, 41, 43) ne fait pas mystère de cette fausse
identité.

Comme le suggère l’auteur de l’article, Jean-François Julliard, les
services de renseignement français, dont la DGSE dirigée à l’époque
par Jacques Dewatre, ne pouvaient ignorer ces agissements du groupe
Denard. Tout laisse supposer que, comme pour le cas de l’ex-capitaine
Barril, Denard était commandité par le général Quesnot, chef
d’état-major particulier du président de la République François
Mitterrand, par Michel Roussin, ministre de la Coopération, par le
général Huchon, chef de la mission militaire de Coopération et par
Philippe Jehanne, chargé de mission au ministère de la Coopération
pour les affaires de défense.

Ceci vient encore confirmer l’engagement criminel de l’Etat français
dirigé par François Mitterrand du côté des auteurs du génocide des
Tutsi. Le 6 mai 1994, le Général Quesnot suggèrait à François
Mitterrand de recourir à une stratégie indirecte pour rétablir « un
certain équilibre » au Rwanda :

http://francegenocidetutsi.org/Ques...

Notons que Michel Roussin a dû démissionner en novembre 1994 pour des
affaires de corruption à la mairie de Paris et n’était donc plus
ministre de la Coopération en 1995 comme l’affirme l’affirme l’article
du Canard.


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