En finir ou pas avec le supplice de Tantale

Publié par Olga Ishimwe
Le 28 mars 2017 à 02:58
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Nous avons tous du sang dans les poches. Plus précisément dans nos téléphones mobiles. Des gouttes de tantale, qualifié de « minerai du sang », font battre leur cœur électronique. Les propriétés de résistance à la corrosion et de fort pouvoir conducteur font de ce métal un élément-clé des smartphones, ordinateurs, consoles de jeu et autres tablettes. Il peut même être vital pour les équipements médicaux ou les implants.

Mais ce métal aux reflets gris-bleu a sa part d’ombre. L’exploitation des mines d’où est extraite la colombo-tantalite, autrement appelée le coltan, a attisé le feu des conflits armés en Afrique. En particulier en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs dont les sous-sols regorgent de richesses minérales. Gangrenée par la corruption, cette zone est sous la coupe de groupes armés violents et sans scrupule. Ces conflits ont provoqué la mort de millions de personnes en RDC en vingt ans.

Sanglantes tentations

Le tantale n’est pas le seul métal qui fait l’objet de sanglantes tentations. Le tungstène, l’étain et l’or sont dans le collimateur. Des ONG se battent pour que l’importation de ces minerais soit mieux encadrée et qu’elle ne contribue pas à financer les conflits armés en Afrique. Elles ont marqué des points en Europe. Le Parlement de Strasbourg a donné son accord final, jeudi 16 mars, à une réglementation sur les « minerais de sang » plus contraignante pour les entreprises importatrices. Elle devrait entrer en vigueur en 2021.

Cette réglementation s’est inspirée d’un texte de loi adopté aux Etats-Unis, en 2010, sous la mandature de Barack Obama. Sauf que le nouveau président, Donald Trump, a évoqué, en février, le réexamen du texte. Mettre fin ou non aux supplices du tantale, la question n’est donc toujours pas tranchée.

« Un véritable filon »

Toutefois, les consommateurs ne sont pas exempts de moyens d’action. A eux de mieux gérer la fin de vie de leurs mobiles qui prennent la poussière au fond des tiroirs et des armoires. Un rapport sénatorial publié en septembre 2016 avait chiffré à cent millions le nombre de ces portables usagés conservés par les Français. « Un véritable filon », s’étaient exclamés les rapporteurs. D’autant que le gisement ne risque pas de s’épuiser quand on sait que cet équipement est renouvelé tous les vingt-quatre à trente-six mois, ­obsolescence programmée obligé.

Avec lemonde.fr


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