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Manger sain. Est-ce qu’on va trop loin ?

Redigé par Olga Ishimwe
Le 7 août 2017 à 11:23

Tout le monde le sait. On vit mieux si on mange sainement, si on arrête de fumer, si on fait de l’exercice physique et que l’on dort huit heures par nuit. Mais ne va-t-on pas trop loin aujourd’hui dans cette quête de santé physique et mentale ?
Le culte du beau
Carle Cederström et André Spicer sont chercheurs en sociologie, ils travaillent sur le bien-être au travail (l’un à Stockholm, l’autre à Londres) et posent dans leur livre un constat effrayant. Notre société a érigé la santé au rang de valeur (...)

Tout le monde le sait. On vit mieux si on mange sainement, si on arrête de fumer, si on fait de l’exercice physique et que l’on dort huit heures par nuit. Mais ne va-t-on pas trop loin aujourd’hui dans cette quête de santé physique et mentale ?

Le culte du beau

Carle Cederström et André Spicer sont chercheurs en sociologie, ils travaillent sur le bien-être au travail (l’un à Stockholm, l’autre à Londres) et posent dans leur livre un constat effrayant. Notre société a érigé la santé au rang de valeur primordiale. Ce qui, en soi, ne semble pas tant être une mauvaise chose, mais les dérives de cette idéalisation de l’homme sain et mince qui fait son jogging tous les matins se font ressentir. Ainsi mis sous pression, nous ressentons à présent de la culpabilité quand nous n’arrivons pas à dompter notre corps.

Aujourd’hui, certaines entreprises vont jusqu’à inclure dans les contrats passés avec leurs employés, des clauses se rapportant à l’hygiène de vie. S’il est évident qu’un employé en bonne santé est plus productif, les deux auteurs n’hésitent pas à faire référence à Georges Orwell ou Aldous Huxley pour décrire un monde aseptisé ou l’homme est exploité et sur-contrôlé tout en gardant le sourire.


L’obligation du bonheur

Au-delà d’un corps parfait, les réseaux sociaux nous intiment aussi l’obligation d’être heureux. Nombre d’articles traitent de cette obsession de donner de nous sur nos pages de profil l’image d’une personne heureuse et toujours au top de sa forme. Les départements des ressources humaines des grandes entreprises dépensent des fortunes pour des coachings en bien-être au travail. Une pression supplémentaire que les auteurs du livre lient à l’ultralibéralisme.

En effet, la méritocratie met l’homme au centre de ses responsabilités. Il devient à outrance l’acteur de sa vie et de son état. Or, toutes les études démontrent que les classes défavorisées ont un accès plus difficile aux aliments les plus sains, cette orthorexie (obsession de ‘bien’ manger) ambiante reste tout de même un problème de riches. « Et faire croire à un chômeur qu’il pourra trouver du travail en étant plus mince et en suivant une formation contre le stress est un mensonge ». Il y a derrière tout cela des enjeux de société qui relèvent du politique et il est temps de renvoyer la balle à certains responsables.

Désordres alimentaires

Certes dans une société qui compte désormais un adulte sur cinq en surpoids, parler de minceur c’est parler de santé publique. Mais notre société est aussi une société de tous les désordres alimentaires : anorexie, boulimie, intolérance au gluten, allergies, boom du vegan et fausses cures détox, … Cet ouvrage, et fort heureusement certains magazines s’attèlent de plus en plus à démonter et relativiser cette nouvelle hégémonie d’une illusoire perfection, pour faire plus de place à une vie, certes la plus saine possible, mais qui assume ses petits échecs, ses frustrations et ses imperfections. Pour s’autoriser à prendre quelques kilos ou zapper la salle de sport pour aller boire un verre entre amis…

Avec Le soir


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