Urgent

L’ONU ne croit plus à la mort accidentelle de son secrétaire général Hammarskjöld

Redigé par Le Figaro
Le 28 septembre 2017 à 01:41

Le crash de l’avion qui a causé la mort du haut-cadre onusien Dag Hammarskjöld en 1961 n’aurait pas été accidentel, d’après un rapport de l’ex juge en chef tanzanien, Mohamed Chande Othman, mandaté par l’ONU en février 2017. Une note remise le 9 août dernier à l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierrez, fait état de nouveaux indices, fournis par les gouvernements américain, anglais, allemand, belge et canadien.Toujours d’après les détails de ce rapport consulté par The Guardian, le Douglas DC-6, (...)

Le crash de l’avion qui a causé la mort du haut-cadre onusien Dag Hammarskjöld en 1961 n’aurait pas été accidentel, d’après un rapport de l’ex juge en chef tanzanien, Mohamed Chande Othman, mandaté par l’ONU en février 2017. Une note remise le 9 août dernier à l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierrez, fait état de nouveaux indices, fournis par les gouvernements américain, anglais, allemand, belge et canadien.Toujours d’après les détails de ce rapport consulté par The Guardian, le Douglas DC-6, appelé « l’Albertina », affrété par l’ONU aurait été abattu par un avion Katangais piloté vraisemblablement par un mercenaire belge ou sud-africain. Les conclusions de l’expert tanzanien se fondent sur des enregistrements de conversations dans le cockpit de l’avion et des messages radio que l’agence nationale de sécurité américaine aurait réalisés en 1961.

Alors qu’il était en route pour le Katanga, Hammarskjöld, ainsi que les 15 autres passagers, auraient péri dans le Douglas DC-6, intentionnellement abattu par un autre avion près de Ndola, au-dessus de la jungle nord-rhodésienne (actuelle Zambie). Le diplomate suédois, en poste à l’ONU depuis 1953, était en mission dans cette province minière dissidente du Congo, le Katanga, pour négocier la paix avec son président Moïse Tschombé, soutenu par des mercenaires européens.

Une fin d’autant plus tragique que, sous l’impulsion du diplomate suédois, les autorités britanniques coloniales étaient sur le point d’ouvrir les négociations avec les rebelles Katangais.

Les dernières conversations dans le cockpit

Alors que deux enquêtes précédentes menées par l’Angleterre avaient privilégié la thèse de l’erreur de pilotage, une commission de l’ONU avait rendu un verdict moins affirmatif un an après l’affaire, en 1962. La thèse d’une bavure avait également été soulevée par des anciens de l’ONU, comme George Ivan Smith et Conor Cruise O’Brien, en 1995.

Des mercenaires belges et des diplomates français auraient comploté pour détourner l’avion et faire entendre raison à Hammarskjöld concernant cette trêve dans le Katanga, mais sans intention de tuer l’homme politique.

Ses investigations l’ont mené sur la piste de conversations radio dans le cockpit de l’avion, enregistrées, à l’époque, par les gouvernements américains et anglais, dans la zone dans laquelle le DC-6 aurait été abattu. « Sur la base de toutes les informations que nous avons entre les mains, explique Othman au Gardian, il est plausible que le crash aérien ait été causé par une attaque ou une menace externe, soit directement et physiquement sur le DC-6 entraînant sa chute, soit par une distraction momentanée des pilotes ».

L’ancien juge a assuré également que les contenus de ces enregistrements pouvaient être décisifs dans la résolution de ce mystère vieux de 56 ans. Cependant, ni les Etats-Unis, ni le Royaume Uni n’ont coopéré jusqu’à présent. Ces deux pays affirment qu’ils ne détiennent aucun enregistrement de ces communications radio. Le juge mandaté par l’ONU n’a pu avoir accès qu’à des enregistrements partiels.


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