Kenya : démission du président de la commission anticorruption, accusé de conflit d’intérêts

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 2 septembre 2016 à 10:21
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Le président de la Commission kényane d’Ethique et anticorruption (EACC) a démissionné mercredi après que le parlement eut réclamé qu’il soit l’objet d’une enquête pour des conflits d’intérêts présumés portant sur l’obtention de contrats publics par une société appartenant à sa famille.

"J’ai remis aujourd’hui ma démission du poste de président de l’EACC à son Excellence le Président", a indiqué Philip Kinisu dans un communiqué, assurant que sa présence à la tête de l’EACC était devenue impossible.

Mardi, les députés kényans avaient adopté un rapport parlementaire recommandant la formation d’un tribunal devant déterminer si M. Kinisu devait être démis de ses fonctions. Une société appartenant à sa famille, Esaki Limited, a en effet obtenu des contrats lucratifs auprès d’organisations gouvernementales, notamment le Service national pour la jeunesse, mélange de service militaire et service civil au coeur d’un scandale de corruption.

La démission de M. Kinisu signifie que le président kényan Uhuru Kenyatta ne sera pas tenu de former un tribunal pour statuer sur son maintien ou non à la tête de l’EACC.

"Des ressources et une attention publiques importantes sont consacrées à cette affaire plutôt qu’à la lutte contre la corruption", a soutenu M. Kinisu, expliquant avoir démissionné pour que "l’attention soit consacrée à la lutte contre la corruption comme il se doit".

Philip Kinisu clame toutefois son innocence, assurant que si Esaki Limited appartient bien à sa famille et est gérée par son épouse, il a démissionné en 2008 de son poste de directeur de la société, soit avant sa nomination à l’EACC, en 2015.

Mais des documents en possession des députés kényans démontreraient qu’il est resté directeur d’Esaki jusqu’en juin de cette année.

M. Kinisu avait été nommé à la tête de l’EACC après le limogeage de son prédécesseur, Mutumo Matemu, tenu responsable de "dysfonctionnements" au sein de l’EACC, alors minée par des rivalités internes, des soupçons de détournements et des accusations d’inaction.

M. Matemu avait été destitué alors que l’EACC enquêtait sur plusieurs hautes personnalités kényanes, dont des ministres.

Le président Kenyatta a promis à plusieurs reprises de mener une "guerre" contre la corruption, galopante au Kenya. Mais les scandales se sont multipliés sous sa présidence et en 2015, l’ONG anticorruption Transparency International classait le Kenya 139e sur 168 pays, dans son indice de perception de la corruption.

AFP


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