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L’Eglise catholique reconnaît dans l’antisionisme une agression contre le Peuple juif
Publié le 14-09-2016 - à 13:25' par Dreuz.info

Buenos-Aires (Argentine) 2004. Par une déclaration officielle conjointe de l’Eglise catholique-romaine et du Comité juif international pour le dialogue interreligieux, une étape nouvelle s’inscrit dans la lutte contre l’antisémitisme.

Totalement occultée par les médias occidentaux, cette clarification apporte en réalité une perspective actualisée dans les relations controversées entre Eglise catholique et Peuple juif, au moment où montent en puissance l’antisémitisme musulman et le boycott d’Israël par des organisations tiers-mondistes et gauchistes..

Les protagonistes de ce symposium judéo-catholique étaient d’une part la Commission pontificale pour les Relations avec le Judaïsme, avec le Cardinal Walter Kasper délégué du Pape Jean Paul II, et d’autre part le Comité juif international pour le Dialogue interreligieux, sous la Présidence du Congrès Juif Mondial.

Cinquante trois personnalités catholiques et juives provenant de 26 pays ont donc travaillé ensemble à partir de dossiers d’actualité, avec le souci de définir une position claire et des objectifs communs.

De ces échanges interconfessionnels représentatifs est ressortie une déclaration finale rejetant explicitement toute forme directe ou indirecte d’antisémitisme, y compris – et cela n’est pas anodin au regard de certains slogans médiatisés – l’antisionisme, prétexte à banaliser la haine envers les Juifs en diabolisant Israël.

« L’Eglise catholique reconnaît dans l’antisionisme une agression non seulement contre les Juifs, mais contre le Peuple juif en tant que tel ».

(Contrairement aux critiques émises par certains milieux, cette posture n’interdit aucunement toute critique du gouvernement israélien et de sa politique, à condition de garder la mesure employée envers les autres Etats).

Ce qui est rejeté ici par les autorités catholiques et juives, c’est la mise en cause systématique de la légitimité reconnue à l’Etat hébreu par l’ONU en 1948, ainsi que la présentation partiale des événements du conflit palestino-israélien, propre aux médias et à certaines mouvances idéologiques, laïques ou chrétiennes.

Pour les organisateurs de ce Forum, dénoncer l’antisionisme comme une variante de l’antisémitisme constitue véritablement un moment historique :

« L’Eglise catholique reconnaît dans l’antisionisme une agression non seulement contre les Juifs, mais contre le Peuple juif en tant que tel ».

Mais le symposium de Buenos-Aires manifeste aussi la volonté commune d’une coopération caritative et humanitaire entre juifs et catholiques au service de populations dans le besoin. Le Père Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal français précise alors :

« Nous sommes passés d’un dialogue à une véritable coopération sociale, basée sur l’héritage commun du Mont Sinaï ».

Il est vrai qu’un centre social de secours aux déshérités de Buenos Aires fonctionnait déjà, géré conjointement par Caritas et une Organisation juive. D’autres expériences identiques existent également dans les Territoires sous Autorité palestinienne, en Israël, et au Kosovo.
Autre volet de la même déclaration : le terrorisme

le terrorisme est déjà injustifiable par lui-même, mais quand il s’exerce prétendument au nom d’un dieu, il est encore plus répugnant

Au Proche-Orient, des organisations terroristes se sont depuis des décennies spécialisées dans l’attaque de civils, envoyant des kamikazes se faire exploser parmi des innocents au nom de l’islam. Avant même le déplacement vers l’Europe des attentats meurtriers, le colloque de Buenos Aires rappelle un principe condamnant les exactions commises au nom de l’idéologie islamiste : « Le terrorisme est un péché contre l’Homme et contre Dieu ». Il est clair que le terrorisme est déjà injustifiable par lui-même, mais quand il s’exerce prétendument au nom d’un dieu, il est encore plus répugnant.

C’est donc dans le même état d’esprit que le successeur du pape Jean Paul II, Benoît XVI, a poursuivi les relations entre catholiques et juifs, recevant régulièrement des délégations de personnalités juives et des groupements de rabbins. Et rappelant qu’on ne peut pas être chrétien et antisémite !

Le pape François a pris le relais, mais il est utile de rappeler ici qu’il était en 2004 – lors de la déclaration contre l’antisionisme – archevêque de Buenos Aires, et qu’il avait pris part à la rencontre.

Voilà qui sans aucun doute peut éclairer le sens de sa déclaration récente de fin 2015, quand, pour célébrer les 50 ans de Nostra Aetate et les racines juives du christianisme, le souverain pontife déclare avec clarté devant les représentants du Congrès juif mondial reçus au Vatican :

« Attaquer les Juifs ou Israël relève de l’antisémitisme. Il peut y avoir des désaccords politiques entre gouvernements et sur des questions politiques. Mais l’Etat d’Israël a parfaitement le droit d’exister dans la sécurité et la prospérité ! ».

A l’heure des incessantes campagnes de boycott, des diffamations grossières et de la désinformation orchestrée contre l’Etat hébreu, cette mise au point devrait avoir un impact considérable.

S’adressant particulièrement aux centaines de fidèles catholiques présents dans la grande salle d’audience, le pape ajoute :

« Avec les Juifs, indifférence et opposition se sont muées en coopération et bienveillance. D’ennemis et étrangers, nous sommes devenus amis et frères. »


Kwamamaza
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