Une douche froide pour l’opposition burundaise

Redigé par Sanzabihore Audifax
Le 17 mars 2017 à 09:57
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A un moment donné l’opposition burundaise avait cru que l’Union Européenne et la Communauté Est Africaine pouvait l’aider à contraindre Pierre Nkurunziza à négocier avec eux en vue de mettre sur pied des gouvernements de transition comme ça a été le cas pour Pierre Buyoya.

Malheureusement, le Ministre des relations extérieures de la Belgique Didier Reynders, vient de les décevoir en disant que « son pays regrette qu’il ait été beaucoup trop vite en sanctions sur le Burundi ». Ne soyez pas surpris que l’EAC aborde dans même sens.

Les occidentaux ne travaillent qu’avec les hommes forts.

La démocratie n’est qu’une chanson pour distraire certains pays africains. La preuve en est que les pays réellement démocratiques en Afrique peuvent être comptés sur le doigt d’une main. La plupart des opposants burundais particulièrement ceux du CNARED avaient cru à un moment donné, que l’occident ou plutôt « la fameuse communauté internationale » pouvait les aider à restaurer la démocratie au Burundi. Il faut être naïf pour croire à cela ! Il n’y a que Pierre Buyoya qui avait peur de « cette fameuse communauté internationale » !

Lui au moins a su négocier sa sortie et surtout son poste juteux à l’Union Africaine. Cela lui permet de se faire plein les poches et d’assurer un avenir meilleur pour sa progéniture pendant que des milliers de Tutsi croupissent dans des camps de réfugiés et dans les prisons.

Un Ougandais que j’avais croisé à Kampala un jour me disait que les Tutsi du Burundi ne sont que des pirates ! Il risque d’avoir raison ! Ainsi, avec ce discours de Didier Reynders, il est clair que la coopération entre l’Union Européenne et le Burundi ne devrait pas tarder à être relancée avec une bonne enveloppe financière pour le Burundi. L’Union Européenne vient d’ailleurs de débloquer une partie de l’enveloppe pour les militaires burundais de l’AMISOM. Cela a permis de renflouer les devises dans les caisses de l’Etat et partant réduire le taux d’inflation qui commençait à être intenable.

Avec cette victoire diplomatique de Bujumbura, Pierre Nkurunziza vient de prouver qu’il est l’homme fort du pays. Certains analystes pensent que les sanctions contre le Burundi n’ont rien changé au Burundi. D’autres disent qu’ils ont permis de réduire la répression. En tout état de cause, le régime de Nkurunziza sort vainqueur de cet exercice du 3ème mandat. Avec cette nouvelle donne, l’accord d’Arusha devra servir désormais comme papier hygiénique ! Pour ce qui est des refugiés ou opposants, ils n’auront pas d’autres choix que de retourner au Burundi et accepter Pierre nkurunziza comme président à vie ou encore rester éternellement en exil. Le choix est clair !

Est-ce que l’opposition burundaise a les moyens d’organiser une résistance militaire en vue de chasser Nkurunziza du pouvoir ?

J’en doute fortement. La plupart d’entre eux vivent comme des mendiants dans leurs pays d’asile. Dans cette situation, il est difficile pour eux d’organiser une résistance armée. 2/3 des membres du CNARED seraient proches du régime de Bujumbura. Certains ont même déjà commencé à regagner le pays pour être remerciés. L’histoire des frondeurs n’est qu’un produit de consommation externe. Désormais, le seul choix qui reste aux refugiés et aux opposant de Pierre Nkurunziza est de retourner dans la gueule du loup ou périr en exil. Les Tutsi rwandais ont passé 35 ans en exil. Lors de leur retour au pays, ils ont perdus 1 million de leurs compatriotes, frères et sœurs.

Espérer que l’ONU, l’EAC ou encore la Communauté internationale vont vous aider, n’est qu’une pure naïveté sans nom ! Nous vivons dans un monde guidé par des intérêts uniquement. S’il y a une chose qui n’intéresse pas les occidentaux c’est bel et bien la mort des sindumuja burundais ! Dans les jours à venir, Bensouda va annoncer qu’elle n’a rien trouvé d’intéressant sur le Burundi.


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