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Sénégal : Karim Wade libéré après une grâce présidentielle, aussitôt parti pour l’étranger
Publié le 24-06-2016 - à 14:58' par IGIHE

Condamné à six de prison pour enrichissement illicite, Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais et candidat de son parti à la prochaine présidentielle, a été gracié vendredi par le chef de l’Etat Macky Sall et libéré, une mesure dénoncée par les militants anti-corruption.

Karim Wade, un veuf de 47 ans, père de deux filles, a quitté le Sénégal pour le Qatar peu après sa libération dans la nuit de jeudi à vendredi, selon une source officielle et de nombreux médias locaux.

Il fut d’abord un conseiller, puis un des ministres puissants de son père, Abdoulaye Wade, qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012. Il était surnommé dans son pays "ministre du Ciel et de la Terre", en raison de ses nombreux portefeuilles et prérogatives (Infrastructures, Transport aérien, Coopération internationale, Aménagement du territoire...).

Placé en détention préventive depuis avril 2013, il avait été jugé - avec d’autres co-accusés - et condamné en mars 2015 à six ans de prison ferme et à plus de 210 millions d’euros d’amende pour "enrichissement illicite", ce qu’il a toujours nié.

Il est par ailleurs un des responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition), formation créée et toujours dirigée par son père. Deux jours avant l’annonce du verdict, le PDS l’avait désigné candidat à la prochaine présidentielle, prévue en 2019. Une position inchangée depuis.

Sa grâce, par un décret de Macky Sall daté de vendredi, a été annoncée par la présidence sénégalaise peu avant 03H00 du matin (heure locale et GMT). Ce pardon concerne également deux autres accusés, Ibrahima Aboukhalil dit Bibo Bourgi et Alioune Samba Diassé.

"Cette mesure dispense seulement les condamnés de subir la peine d’emprisonnement restant à courir (...) Les sanctions financières contenues" dans le verdict prononcé en mars 2015 "et la procédure de recouvrement déjà engagée demeurent", a précisé la présidence.

Karim Wade, qui purgeait sa peine à Rebeuss, près du centre-ville de Dakar, a été libéré de prison "dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a ensuite quitté Dakar pour aller au Qatar", a confirmé à l’AFP un porte-parole du ministère sénégalais de la Justice, Soro Diop.

Selon plusieurs médias, il a quitté le Sénégal à bord d’un jet privé, à la surprise de nombreux partisans qui avaient commencé à se rassembler aux endroits où il était susceptible d’être conduit après sa libération.

- ’Justice inéquitable’ -

Sa remise en liberté était attendue depuis que, début juin, le président Macky Sall, en visite en France, avait évoqué cette éventualité dans un entretien à la radio française RFI.

"Il ne faut pas désespérer que cela puisse avoir lieu", avait-il dit, rappelant son pouvoir constitutionnel de grâce et précisant qu’une "solution" pourrait intervenir avant la fin de l’année.

Selon plusieurs médias sénégalais, le président Sall avait de nouveau mentionné mi-juin, devant d’influents chefs religieux musulmans locaux, une libération de M. Wade avant la fête marquant la fin du jeûne du ramadan, prévue vers le 6 juillet cette année.

Ses partisans, dont plusieurs étaient injoignables vendredi, ont toujours réclamé sa libération, contrairement à des responsables de la société civile.

Le mouvement citoyen "Y en a marre", en pointe dans le combat contre un troisième mandat du président Wade en 2012, avait dénoncé jeudi lors d’une conférence de presse une "justice inéquitable" au Sénégal, anticipant la libération annoncée de Karim Wade.

"Si Karim Wade qui a été inculpé pour enrichissement illicite est libéré, ce sera un très mauvais message politique donné à tous les gens qui seraient tentés d’aller vers le détournement de deniers publics et la corruption puisque le message politique signifierait : oui, enrichissez-vous et on va vous libérer", avait également averti la Ligue démocratique (LD), un parti qui siège au gouvernement.

Plusieurs opposants ont accusé le président Sall d’avoir organisé un dialogue national et des concertations depuis fin mai entre le pouvoir, l’opposition et la société civile, afin de créer une atmosphère de décrispation favorable à la libération de M. Wade.

AFP


Kwamamaza
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