Niger : l’armée tue 14 civils pris pour des jihadistes

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Le 7 juillet 2017 à 01:20
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14 civils ont été tués mercredi 5 juillet par des militaires nigériens dans un village situé à la frontière entre le Niger et le Nigeria non loin du lac Tchad, une zone sensible où sévit Boko Haram. Les victimes, toutes des réfugiés, auraient été prises pour des jihadistes. Que sait-on de ce qui semble être une bavure de l’armée nigérienne ?

Selon le secrétaire général du gouvernorat de Diffa, Yahaya Godi, il faut compter parmi les victimes douze Nigérians et deux Nigériens. Ces quatorze personnes, venues semer du poivron sur les rives de la rivière Komadougou, qui sert de frontière entre le Niger et le Nigeria dans cette zone et qui traverse le petit village d’Abadam, ont été prises pour cible par une patrouille de la gendarmerie d’une commune de Bosso.

Les militaires ont pris le groupe pour des éléments de Boko Haram. Selon des sources sécuritaires, les autorités régionales de Diffa ont exploité des renseignements faisant état d’un regroupement de Boko Haram dans la partie nigérienne du village d’Abadam, à cheval entre le Niger et le Nigeria. C’est ainsi que deux détachements des Forces de défense et de sécurité ont été dépêchés sur les lieux, et ce sont les gendarmes qui sont arrivés les premiers dans le village. Ayant aperçu les gendarmes et pris de panique, les paysans qui se reposaient sous des arbres ont pris la fuite en direction de la partie nigériane du village. Les gendarmes ont alors ouvert le feu.

La frontière le long de la Komadougou est déclarée zone rouge, interdite aux populations, tout comme les îles du lac Tchad, qui avaient été vidées de leur population il y a deux ans. Des habitants qui avaient été envoyés dans des camps de déplacés où ils sont toujours. C’est d’ailleurs dans un village qui jouxte l’un de ces camps, Kabalewa, qu’un attentat-suicide avait fait deux morts la semaine dernière.

A quelques kilomètres de là, à Ngalewa, neuf personnes ont été tuées et 37 kidnappées dimanche dans une attaque de Boko Haram. L’armée est donc sur les dents. Mais dans une zone aride où la nourriture manque, les populations font ce qu’elles peuvent pour semer ou récolter dès que possible.

Abadam, c’est d’ailleurs un village qui avait déjà payé le prix fort. Il y a deux ans, 36 personnes y avaient été tuées dans un bombardement de l’aviation nigériane qui avait pris une cérémonie dans une mosquée pour un rassemblement d’éléments de Boko Haram.

Selon le ministère de la Défense, une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de la mort des réfugiés. A Diffa, Bosso et Toumour, des voix se sont élevées pour dénoncer cette bavure, mais en attendant les résultats de l’enquête, l’état d’urgence est toujours en vigueur et les forces de sécurité toujours en alerte.

Avec Rfi


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