Niger : l’affaire Africard met le feu aux poudres entre magistrats et pouvoir

Publié par Igihe.com
Le 27 février 2017 à 05:29
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Au Niger, un nouveau bras de fer oppose le ministre des Finances Hassoumi Massaoudou au Syndicat des magistrats, le SAMAN, autour de l’affaire Africard. Une affaire pour laquelle le Niger a été condamné à verser une compensation de plus de 16 milliards de francs CFA à la société Africard, qui s’estime lésée suite à la rupture d’un contrat de fourniture de passeports biométriques. S’exprimant il y a quelques jours sur cette affaire Africard, le ministre des Finances a laissé entendre que des escrocs libanais avaient soudoyé les juges. La réaction des juges du Niger ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration rendue publique, ils s’en prennent à leur tour au ministre. Ils n’ont pas hésité à demander sa démission pour qu’il soit jugé.

« Dans le cas de l’affaire d’Africard, une opération de ce genre en ayant quelques juges dans la poche. » C’est la petite phrase assassine prononcée par le ministre des Finances Hassoumi Massaoudou, dans l’affaire qui oppose l’Etat du Niger à Africard, au sujet de la confection des passeports biométriques, et qui a fait bondir les magistrats nigériens.

Puisqu’il y a des juges corrompus, a dit le secrétaire général du Syndicat des magistrats, le SAMAN, il va falloir que le ministre des Finances donne ses noms : « Face à une telle accusation gravissime, le SAMAN met au défi le véridique Hassoumi Massaoudou de porter à la connaissance du public les noms des juges corrompus et les montants perçus, pour que les poursuites judiciaires soient engagées à leur encontre. »

Très remonté contre Hassoumi Massaoudou, le bureau exécutif de SAMAN pousse le ministre à la démission : « Le SAMAN demande au ministre Hassoumi Massaoudou de faire preuve de patriotisme et de bravoure, en démissionnant de ses fonctions pour se mettre à la disposition de la justice. C’est l’institution capable de l’innocenter, s’il y a lieu. »

S’il refuse de démissionner, les magistrats demandent au président de la République de mettre fin à ses fonctions et au procureur de la République l’ouverture d’une information judiciaire.

Avec rfi.fr


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