Urgent

Manbij attise les ambitions dans le nord de la syrie

Redigé par IGIHE
Le 11 mars 2017 à 08:50

Les Etats-Unis et la Russie veulent empêcher Ankara de marcher sur la ville pour y déloger les forces kurdes.
Des accrochages se sont produits, jeudi 9 mars, entre l’armée turque et ses alliés rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et des gardes-frontières syriens déployés à l’ouest de Manbij (nord de la Syrie). Les hostilités ont eu lieu dans les villages – Jubb Al-Himar, Boujeh, Al-Boghaz, Korkoyok – récemment laissés à l’armée syrienne par les Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein desquelles (...)

Les Etats-Unis et la Russie veulent empêcher Ankara de marcher sur la ville pour y déloger les forces kurdes.

Des accrochages se sont produits, jeudi 9 mars, entre l’armée turque et ses alliés rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et des gardes-frontières syriens déployés à l’ouest de Manbij (nord de la Syrie). Les hostilités ont eu lieu dans les villages – Jubb Al-Himar, Boujeh, Al-Boghaz, Korkoyok – récemment laissés à l’armée syrienne par les Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein desquelles les milices kurdes YPG jouent les premiers violons.

Effectuée avec la bénédiction de Moscou, la remise par les Kurdes de ces villages aux forces loyales à Bachar Al-Assad visait à dissuader les Turcs et leurs alliés rebelles syriens de poursuivre leur avancée vers Manbij, verrou stratégique sur la route entre la Turquie et Rakka, la capitale autoproclamée de l’organisation Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie.

Cité par des médias proches de Damas, l’incident de jeudi n’a suscité aucune réaction de la part d’Ankara. Il n’est ni le premier ni le dernier sur le théâtre des opérations du nord de la Syrie, où une multitude d’acteurs sont engagés. L’animosité persistante entre Turcs et Kurdes des milices YPG risque de peser sur le déroulement des opérations pour reprendre Rakka.

C’est précisément pour tenter de parer à ce genre d’accrochages que les chefs d’état-major russe, Vassili Guerassimov, américain, Joseph Dunford et turc, Hulusi Akar, se sont réunis, mardi 7 mars, dans la cité balnéaire d’Antalya, dans le sud-ouest de la Turquie. Ce sommet tripartite, tout à fait inédit, a révélé l’urgence de la situation.

« Le théâtre des opérations est bondé »

Il s’agissait de « renforcer la communication au plus haut niveau et prévenir les conflits potentiels autour des opérations militaires en Syrie », notamment dans la zone de Manbij où « le théâtre d’opérations est bondé », avec pour conséquence l’émergence d’une « situation dangereuse », selon un communiqué du Pentagone.

Pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie, les Etats-Unis et la Russie se sont retrouvés à faire cause commune pour empêcher la Turquie, leur allié respectif, de marcher sur Manbij après avoir repris – après seize semaines de combats et de nombreuses pertes – la ville d’Al-Bab des mains de l’EI. Située à environ 40 kilomètres de la frontière turque, Manbij est dirigée par les FDS qui l’ont reconquise sur l’EI le 12 août 2016.


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