Le politicien Jean Mbanda tempère son verbe et critique l’opposition rwandaise

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 15 mai 2017 à 02:23
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Jean Mbanda, 64 ans, ex député PSD à l’Assemblée Nationale de la Transition avant de s’exiler au Canada et de faire le pourfendeur du régime rwandais est rentré au pays en Avril dernier. Depuis lors, il montre des signes de tempérence et de moins d’agitation politique.

Il s’est récemment prêté au micro d’IGIHE pour répondre à des questions diverses y compris son projet de candidature à la présidentielle d’Août prochain. Il a précisé au journal qu’après avoir bien constaté que sa ligne politique ressemble en tous points à celui du FPR, il a décidé de se désister et ne plus se porter candidat présidentiel, que par contre, il va faire la campagne pour Paul Kagame, le candidat du FPR.

Jean Mbanda exerce le professorat de français à Ottawa au Canada où, là comme ailleurs, il y a certains ressortissants rwandais qui se déclarent de l’opposition politique au Gouvernement rwandais.

Depuis qu’il est revenu au Rwanda, il a développé une autre conception de l’arène politique rwandaise.

"Le terme opposition, de par sa définition, rassemble une frange de politiciens issus de partis vaincus aux élections parlementaires (..) Tu ne peux pas être de l’opposition quand tu n’as pas gagné des sièges au Parlement. Le Parlement, c’est ça la seule tribune où un politicien s’exprime, ce n’est ni dans la rue, ni sur internet. La rue, ce sont des manifestations pour groupes syndicaux, ONGs et autres associations plaidant pour les droits des gens", a dit le professeur rectifiant le tir et montrant que celle qui s’appelle opposition rwandaise et qui vitupère se trompe délibérément sur la terminologie à donner à leurs activités politiques.

Plus loin, il montre que l’activité politique insiste sur la présence physique d’aspirants dans une arène politique donnée : ici la rwandaise.

"Moi j’ai un problème sérieux à ce propos. J’invite les politiciens oeuvrant dans la diaspora à faire le voyage de Kigali et de se jeter dans la mêlée électorale et gagner le droit de l’opposition, et partant, un espace de droit d’expression. Une certaine frange de politiciens rwandais est toujours plongée dans la propagande selon laquelle il faut un dialogue inter rwandais pour un partage du pouvoir. Moi je ne crois pas que ce soit la bonne idée ; cette formule de partage du pouvoir. Celui qui est plébiscité par les citoyens doit prendre le pouvoir. Et même si ’l’incumbant’ choisirait telle personnalité politique pour entrer dans son gouvernement, il le ferait uniquement de par sa capacité nécessaire et non parce qu’il appartient à telle famille politique de l’opposition", a ajouté Mbanda qui développe une autre façon de concevoir une compétitivité politique dans les limites de l’éthique et de la déontologie du politicien rwandais.

Les Partis PSD, PL ont le droit au qualificatif d’opposition et non l’inexistant RNC

Pour le politicien Mbanda, ce sont les partis PSD/Parti Socio Démocrate Rwandais et le PL/Parti Libéral qui devraient revendiquer le qualificatif d’opposition politique au FPR moteur du gouvernement car ils sont représentés au Parlement.

"Sinon comment parler de RNC comme parti d’opposition ? Existe-t—il d’abord ? Et puis, il n’est pas représenté au Parlement. Toutes les fois que telle formation politique n’a pas brigué des élections au suffrage universel car nous sommes dans la démocratie, ce sont les citoyens qui vêtissent tel ou tel politicien, qui représentes-tu. Moi, contrairement aux politiciens de la diaspora, j’ai fait un pas. Je m’exprime au Rwanda. Mais c’est tout. Je n’ai pas assez évolué pour dire que je défends telle frange de citoyens rwandais", a dit Mbanda avant d’enfoncer le clou aux sarcasmes et tapage médiatiques des politiciens de la diaspora :

"Tu ne peux pas poser dans les pays lointains et te proclamer un critique du gouvernement rwandais, tout en exigeant que tu aies la part au gâteau sous la forme de ’partageons les avantages du pouvoir comme condition de la paix et la stabilité du régime. Non ! Le pouvoir émane des citoyens dans les limites du prescrit de la Constitution. Quand ces derniers ne t’ojnt pas encore reconnu pour que tu les représentes, là tu dis tout ce qui te passe à l’esprit pour gagner des adhérents à tes idées. Mais tu dois te garder de recruter des membres atteints de cécité", a dit le politicien qui amène un plus dans un environnement politique rwandais empreint de consensualisme comme mode de gestion de l’arène politique rwandaise.

Le professeur de français Jean Mbanda revient sur le cas du général Kayumba Nyamwasa, un transfuge du FPR qui a créé avec ses camarades un parti dit RNC/Rwanda National Congress alors qu’ils arrivaient en exil. Pour lui, ce parti n’est pas de l’opposition encore moins les fondateurs de ce dernier car ils n’ont pas rempli comme il fallait leurs responsabilités du temps où ils étaient encore dans leurs fonctions gouvernementales.


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