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Le chaud-froid de Bangui sur le sentiment anti-français
Publié le 1er-01-2013 - à 16:51' par Afriquinfo

Le régime du président centrafricain François Bozizé qui a demandé dimanche à rencontrer le président François Hollande souffle depuis le début de la crise le chaud et le froid sur le sentiment anti-français d’une population partagée sur l’ancienne puissance coloniale.

Le sentiment anti-tricolore a connu une brusque montée symbolisée par le caillassage de l’ambassade de France à Bangui le 26 décembre. Aujourd’hui, de nombreux Centrafricains et même des membres de forces de l’ordre ou de l’administration ont une attitude ouvertement hostile, voire menaçante contre les "Blancs". Ils ne comprennent pas la non intervention de la France voire la jugent responsable de la situation.

Beaucoup de Centrafricains restent toutefois francophiles comme Ulrich Maglos, éleveur, qui estime : "Tout le monde est content de la France mais on voudrait qu’elle intervienne pour nous protéger"

Depuis le début de la crise, M. Bozizé tente d’obtenir une intervention française pour stopper l’alliance rebelle Séleka, qui menace Bangui et son pouvoir après avoir pris plusieurs villes au nord de la capitale.

S’étant vu opposer une fin de non-recevoir sans appel, il a soufflé sur des braises savamment entretenues ces dernières années. Le régime a souvent reproché à la France de l’empêcher d’exploiter son sous-sol, notamment depuis la suspension de l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma en 2011, estime un journaliste centrafricain.

Les jets de pierre sur l’ambassade sont survenus 15 jours après le début de l’offensive rebelle Séléka dans le nord, deux jours après la prise de Bambari, considérée comme une place forte. "L’idée était de susciter une intervention française", analyse-t-il.

"Avant, il n’y avait pas ce sentiment. Les gens ont été instrumentalisés par le pouvoir qui ne comprend pas que la France n’intervienne pas comme par le passé",
estime un ressortissant français proche du dossier.

"Il n’y a pas de sentiment anti-français", s’énerve le principal opposant centrafricain Martin Ziguélé. "Nous n’avons aucun intérêt ni à court ou long terme à développer un sentiment anti français, américain ou occidental".

"Il y a une manipulation. On dit : ’’La France veut prendre, l’or, les diamants, l’uranium et ça marche", analyse un opposant sous couvert de l’anonymat.

Depuis, le président Bozizé a fait machine arrière, s’excusant auprès de Paris et demandant dimanche de manière humble à rencontrer M. Hollande. Des hauts fonctionnaires multiplient aussi les propos apaisants à l’égard de la France.

Le ministre de l’Administration territoriale José Binoua, qui a la double nationalité centrafricaine et française, s’insurge des accusations de manipulation. "Le président s’est étonné de la passivité de la France mais de là à dire que c’est le gouvernement qui pousse...".

Pour lui, la récente poussée anti-française est due au porte-parole du Séléka, Eric Neris Massi, beau-fils du créateur d’une des factions de la rébellion Charles Massi, donné pour mort par sa famille.

"Eric Neris, qui se donne le nom de Massi, de nationalité française, ne jouit pas de la nationalité centrafricaine", lance M. Binoua. "Pour la population centrafricaine, un Français comme Eric Neris se mêle de l’affaire d’un pays qui ne le regarde pas".

M. Binoua nuance l’importance à accorder aux derniers développements : "le sentiment anti-francais est récurrent dans tous les pays colonisés. Dès que ça va mal, on se tourne vers le papa ou la maman qui s’appelle France".

"C’est instinctif : la France, c’est l’ennemie, l’amie, c’est la maman le papa", pense-t-il, 34 ans après le renversement avec l’aide de la France du plus célèbre des Centrafricains, ’l’empereur’ Jean-Bedel Bokassa, qui appelait le général de Gaulle ’papa’.

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

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