l’opposition congolaise en ordre dispersé

Publié par Olga Ishimwe
Le 23 février 2017 à 09:01
Visites :
56 2

Ils sont finalement six à prétendre succéder à feu Etienne Tshisekedi… L’opposition congolaise s’est apparemment mise d’accord hier. C’est ce que pointe Le Potentiel ce matin : « après la brouille de ces derniers jours, les membres de différentes composantes du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement sont revenus à la raison en acceptant de se retrouver pour harmoniser leurs points de vue. A la succession d’Etienne Tshisekedi, six candidats sont donc en lice, relève le quotidien kinois, loin des regards de la Majorité présidentielle qui prétendait avoir un droit de regard sur le choix du Rassemblement. Sur la ligne de départ, deux candidats partent avec toutes les faveurs des pronostics : Pierre Lumbi du G7 et Jean-Bertrand Ewanga de l’Alliance pour la République. Le sprint final devrait sûrement se jouer entre les deux. »

Les ambitions de Katebe Katoto

Reste qu’un revenant va peut-être jouer les trouble-fêtes… Il s’agit de Raphael Katebe Katoto, le frère aîné de l’opposant Moïse Katumbi, qui vit à l’étranger depuis plusieurs années… L’homme d’affaires, qui a fait fortune dans les pêcheries, a semble-t-il des ambitions politiques.

Et ses premières déclarations à sa descente d’avion hier ont fait sensation, des déclarations recueillis par le site d’information congolais 7 sur 7 : il faut « aller à des solutions pour trouver comment alléger la misère des Congolais. Ça, c’est notre objectif le plus important, a affirmé Raphael Katebe Katoto, qu’on ne se trompe pas de cible. Les cibles, c’est comment les Congolais vont manger, vont travailler, c’est ça. Notre cible, c’est la misère des Congolais. C’est un travail collectif, un seul individu ne peut pas réussir, donc il faut le concours de tout le monde. »

Pour Cas-Info, autre site d’information congolais, c’est clair : « candidat déclaré au poste de Premier ministre, l’homme d’affaires entend bien changer le cours du match sur le terrain et non plus en Europe d’où il tirait les ficelles. Pour lui, la mort d’Etienne Tshisekedi lui ouvre la possibilité de devenir calife à la place du Calife. Son retour au pays n’est pas du tout une bonne nouvelle pour le Rassemblement des forces de l’opposition, déjà fragilisé par le décès de son chef de file Etienne Tshisekedi. Frère ainé de l’opposant Moïse Katumbi, lui-même candidat à la présidentielle, Katebe Katoto vient bousculer le jeu. Il conteste, on le sait, l’unicité de candidature au poste de Premier ministre, pointe l’immaturité politique de Félix Tshisekedi derrière lequel la majorité des plateformes se sont déjà rangées. Bref, il vient jeter, encore un peu plus, le trouble, dans la famille Rassemblement déjà décapitée. »

Quels objectifs ?

On revient au Potentiel qui s’interroge : « suspendu par la Commission de discipline de l’Alliance pour la République, l’une des composantes de l’opposition congolaise, Katebe Katoto serait-il au pays pour une démarche de conciliation avec ses compères ou bien pour brouiller davantage les cartes au sein du Rassemblement ? »

L’homme d’affaires avait été suspendu, rappelle le journal, « pour ses positions contraires à la ligne de sa composante politique. » Alors, se demande Le Potentiel, « est-ce qu’il va changer sa position pour s’aligner sur celle défendue unanimement par le Rassemblement ? Et s’il est pardonné, Katebe Katoto va-t-il persister à poser sa candidature à la primature alors que le Rassemblement semble pencher majoritairement en faveur de Félix Tshisekedi ? Qu’en serait-il au cas où Katebe voudrait aussi postuler à la présidence du Conseil national de suivi de l’Accord alors que sa composante, l’AR, a déjà choisi Jean-Bertrand Ewanga ? Autant de questions que les observateurs de la scène politique se posent. »

Les trois cartes de Kabila

En tout cas, ces atermoiements de l’opposition font bien les affaires de Joseph Kabila… « “Nous savons que Kabila va continuer à jouer ses trois cartes, confie un diplomate français au Monde Afrique : la division de l’opposition, le calendrier électoral, l’instabilité dans l’est du pays et au Kasaï”. Trois cartes que le pouvoir manie avec dextérité. »

La RDC est en équilibre instable et « cette instabilité inquiète les voisins de la RDC, pointe Le Monde Afrique, notamment l’Angola frontalier au sud, qui a retiré ses troupes. Un signe de défiance. […] Luanda a fait peser tout son poids pour que le clan Kabila participe aux négociations menées par la Cenco, la Conférence des évêques. Et, à l’instar des chancelleries européennes, croit peu au discours des officiels congolais, qui assurent que “le président n’attend qu’une chose, pouvoir quitter le pouvoir en paix”. Un président dont le téléphone sonne dans le vide. »

Avec rfi.fr


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM

Publicité