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Hollande ressemble plus à Sarkozy qu’il ne l’avait fait croire !
Publié le 6-02-2013 - à 11:38' par Le Point.fr

Depuis la guerre au Mali, beaucoup d’analystes expliquent que le cours de la présidence de François Hollande s’est modifié. Vous voulez y revenir avec un parti pris surprenant : François Hollande ressemble plus à Nicolas Sarkozy qu’il ne l’avait fait croire... Expliquez-nous cela.

De Bamako à Strasbourg, le président de la République manifeste désormais sa volonté de se mettre en scène. Comme son prédécesseur.
François Hollande et Dioncounda Traoré à l’aéroport de Tombouctou, le 2 février 2013.

François Hollande et Dioncounda Traoré à l’aéroport de Tombouctou, le 2 février 2013. © Fred Dufour / AFP

Tout le monde y a pensé en voyant les images de son triomphe à Bamako : François Hollande rejouait le coup de Nicolas Sarkozy à Benghazi - liberté pour les Maliens, fierté pour les Français.

Il y a eu aussi l’évocation de cette "journée la plus importante de [sa] vie politique". C’était si déplacé que ça rappelait le Sarkozy des mauvais jours : celui qui ramenait tout à lui, qui cherchait toujours à mettre l’actualité à son service.

Eh bien si quelque chose a changé dans la façon qu’a François Hollande d’exercer le pouvoir, c’est cela : il y a maintenant chez lui une volonté de se mettre en scène. C’est ce que Nicolas Sarkozy appelait "faire président". Ce qui ne veut pas dire "être président"...

Autrement dit : François Hollande chercherait, comme son prédécesseur, à gouverner par l’image ?

C’est de plus en plus évident. À la différence de Nicolas Sarkozy, François Hollande ne revendique pas son appartenance à la génération de la télé et du marketing politique - alors qu’il a fait HEC et qu’il est tout aussi obsédé par son image.

De ce point de vue, l’arrivée de Claude Sérillon à l’Élysée a forcément du sens : ce n’est ni un vieux camarade du PS ni un économiste, mais un présentateur du 20 heures - il sait comment se compose l’agenda médiatique.

Qu’aurait-on dit si Sarkozy avait appelé à ses côtés un PPDA ? Beaucoup y auraient vu la confirmation que notre monarchie présidentielle est une monocratie télévisuelle. C’est aussi le cas sous François Hollande. Le pouvoir se scénarise autant qu’il s’exerce - sinon plus.

Est-ce que vous avez relevé des indices de cette scénarisation dans le discours de François Hollande hier au Parlement européen ?

La séquence entière relève de la mise en scène. Les conseillers de l’Élysée expliquaient la veille aux journalistes que le président de la République, après son succès au Mali, "interviendrait sur la scène européenne en position de force" (c’était écrit dans Le Monde !).

Après le discours, ils ont inspiré les exégèses les plus favorables, comme le faisaient les sarkozistes. Et ça marche : les Français ont cru voir François Hollande faire la leçon aux Européens, se poser en leader...

En réalité, il s’est arrêté (comme souvent) au constat et aux belles intentions. Et à une critique de l’austérité qui jure avec la politique qu’il défend en France. Mais comme Nicolas Sarkozy, il n’est pas à une contradiction près.

C’est un calcul risqué : si jeudi, le budget européen n’est pas voté, est-ce que ce ne sera pas interprété comme un échec personnel pour François Hollande ?

En partie - mais il joue la carte habituelle (et cynique) qui consiste à réclamer plus d’Europe à Strasbourg et à flatter le sentiment anti-européen à Paris : si la croissance ne revient pas, c’est la faute à l’euro fort et à la faiblesse de l’Europe.

Alors qu’entre les lignes, sa critique de l’austérité semble bien annoncer que la France ne tiendra pas l’objectif des 3 % de déficit, ce qui ne peut qu’aggraver la défiance des Allemands.

On est loin du champion de la synthèse - et sur la scène intérieure encore plus, avec les débats sur le mariage, le vote des étrangers, les salles de shoot : quoi qu’on pense de ces projets, ils divisent l’opinion - ; sous Nicolas Sarkozy, on parlait de sujets "clivants". À part cela, ses proches ont toujours l’air ravi - et lui encore plus. Ce qui rappelle un autre trait essentiel du pouvoir sarkoziste : l’autosatisfaction.

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

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