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Guerre à l’Est de la RDC, les alliances et jeux sont-ils changés ?
Publié le 10-01-2013 - à 09:03' par Jovin Ndayishimiye

L’activité diplomatique internationale au tour de l’insécurité généralisée de la RDC et de la rébellion du M23 est tellement intense et active au point que la situation qui se décante peu à peu montre que les alliances semblent s’être dissoutes et que des sensibilités idéologiques et intérêts ont divergé. Les nouveaux partenariats et ligues se sont tissés.

Les enjeux sont tellement intenses que le Rwanda s’y mêle et semble prendre ses distances idéologiques des intérêts géostratégiques occidentaux devenant ainsi le baudet sur qui tous les feux sont dirigés.

Sa touche étant singulière, ce qui ne l’empêche pas de garder des liens forts avec cet Occident, il pose néanmoins comme un rival avec le brandissement de sa carte d’indépendance économique et d’autodétermination africaine.

Son modus operandi dans lequel il mène de front politique et sécurité, sécurité et économie et paix et développement semble attirer de petites révolutions dans la région dont les petits cousins du M23 sous l’œil dépréciatif de cet Occident fouineur en quête de pierres précieuses y compris les radioactives.

Tout ceci aurait pu bien sonner dans les oreilles des Occidentaux si Kagame, le maître d’œuvre, ne faisait qu’uniquement de gros discours.

Malheureusement, il met la plupart de ces déclarations en action. Il n’est donc pas particulièrement chéri en Occident pour son présumé rôle dans l’Est de la RDC. Ceci se voit par une levée de boucliers où le Rwanda est dans le collimateur de la Communauté internationale pour son supposé soutien aux rebelles de M23.

Ceci veut dire en clair que les alliances risquent de changer de camp. Le tapage médiatique bien réussi que mène Kinshasa est en passe de gagner.

La balkanisation, épouvantail brandi par Kinshasa ; demi-faillite d’etat.

Le Rwanda, voisin du géant scandale géologique congolais profite naturellement de ses richesses. En temps de paix, cela lui permettrait de gagner davantage.

Le volume des échanges économiques frontaliers est énorme entre les Villes jumelées de Bukavu (Est de la RDC) et Kamembe (Rwanda) et de Goma et Gisenyi.

« J’ai pris le temps d’observer les échanges transfrontaliers entre les deux villes Bukavu et Kamembe et Goma-Gisenyi. Ils se font de façon consentante en termes de millions de dollars par jour. Je ne serais pas dire celui qui gagne le plus côté rwandais ou congolais. Toujours est-il que le Rwanda a la chance d’être accolé au grand scandale géologique congolais. Il est obligé de profiter de sa situation géographique autant que le Kenya est sur le littoral océanique par où transitent les marchandises d’import export… Personne n’a choisi », a déclaré à IGIHE un analyste économiste local montrant que le géant congolais est condamné à ne jamais bénéficier de la bonne gouvernance car il est l’appât de tous les opportunistes et prospecteurs miniers.

Mais que se passe-t-il en temps de Ni guerre ni paix ?

La corruption gangrène le Congo depuis les années 60. Depuiis, c’est un Etat de demi- faillite

Les diverses forces en présence évaluent le degré de faillite de l’Etat congolais au niveau de la gouvernance et la plupart se satisfont des profits momentanés qu’elles en tirent.

Le tollé de protestation qu’essuie le M23 veut-il signifier autre chose ? La Communauté internationale croie-t-elle quune bonne gouvernance congolaise peut surgir sur des bases sérieusement hypothéquées par une corruption chronique durant tout le demi siècle mobutien où on a appris et chanté à tue-tête à tout citoyen congolais que seul ‘l’article 15-Débrouillez-vous’ doit s’appliquer.

La sclérose sociale qui a suivi a créé des lésions et métastases sociales qui auraient dû guérir avec la révolution de Feu Kabila Père s’il avait eu le cœur à cela. Malheureusement ces Rwandais et Ougandais, sous le paravent très caché de l’Oncle Sam, lui ont servi un gros plat qu’il a eu difficile à avaler pour bien le digérer.

« J’ai mis mon argent, environs 40 mille dollars dans un banque de ma ville Bukavu, je voulais commander des marchandises à Dubai. Quand je suis allé décaisser, l’argent n’y était plus. On m’a signifié qu’il n’y a plus d’argent. Beaucoup de commerçants dont moi, n’avons plus confiance dans nos banques locales. Ici l’argent n’a plus de sécurité. Pourquoi crie –t-on à l’instabilité alors que ce sont eux qui la génèrent ?  », a déclaré cette Maman commerçante qui confie que les succursales des banques commerciales des villes frontières de Kamembe et de Gisenyi connaissent une activité intense des Congolais qui viennent y faire leurs opérations bancaires et usent aéroports et centres de transit pour marchandises exportées et importées.

Deux colonels, 3 Majors et 4 capitaines ; 200, 150 et 100 dollars

La situation normale de gouvernance de l’appareil social congolais est-elle attrayante pour les opérateurs économiques, pour les organisations caritatives, pour toutes les activités économiques du pays surtout dans cet Est du pays ?

« - ‘‘ Maman, le Camion est venu (de Dubai via Magerwa au Rwanda) cette fois-ci. Il est plein hein’’, dit un des deux colonels qui ont rappliqué à la vue de mon camion qui transportait des marchandises d’Aline. ’’Tu nous donnes ?’’ », raconte ce camionneur rwandais qui fait la navette entre Kigali et Bukavu transportant les marchandises dédouanées à Kigali venant de Dubai aux Emirats Arabes Unis.

« Sur ces entrefaites, un groupe de trois majors entre. Puis 4 majors, puis agents des douanes. La quête est la même. Il doit être d’usage de donner des pots de vin forcés selon les grades. Elle prend sa tirelire et 200 dollars pour les Colonels, 150 pour les 3 majors et 100 pour les 4 capitaines. Les agents de douane, je n’ai pas vu ce qui leur a été donné. Toujours est-il que les scellés sur mon camion ont été cassés en signe d’autorisation de débarquer les marchandises et de les étaler sur les rayons de son fond de commerce », a confié à IGIHE le camionneur montrant le juste courroux de cette commerçante obligée d’ etre rançonnée pour faire des activités commerciales qui avantagent la société congolaise.

« Vous là, ce que vous faites n’est pas bon. De Kigali à Bukavu (env. 300 Km) , je ne donne aucun rond à part les taxes de douanes. En entrant dans Bukavu, le calvaire commence. Il faut que les Rwandais viennent ici pendant x temps pour nous enseigner ce que c’est la bonne gouvernance ! », a-t-elle lancé à ces officiers supérieurs qui n’avaient pas d’oreille pour cela.

Les intrépides du M23 décident que tout doit changer, à leurs dépens ?

Il serait inutile de ne pas comprendre l’intéressement du Rwanda dans l’action réhabilitatrice que veulent initier ces combattants du M23. Après tout même s’ils ne sont pas aimés par les nouveaux leaders de Kinshasa, ces jeunes rwandophones congolais auxquels se sont alliés des jeunes d’autres tribus Nandé, hundé, Bashi, ayant le vent en poupe sont entrain de faire une sorte d’éducation politique pour la reprise en main de leur patrimoine dilapidé par plusieurs centaines d’entreprises minières anglo américano sud africaines et belgo franco romaines.

La société civile de l’Est de la RDC tente elle aussi d’entrer dans la danse des négociations de paix. Mais elle est bel et bien ligotée par des ONGs internationales EURAC opérant au Congo au point qu’il lui sera difficile de délier ces lianes.

Bref tout l’Occident minier, par ses procurateurs congolais interposés, s’est donné rendez-vous dans cet Est. Ces entreprises versent-elles dans le trésor public des sommes proportionnelles à la production ? Qui contrôle tout ceci ? Si oui, connaît-on l’ampleur ou la qualité de ce qu’on tente de contrôler ? Quelles sont la qualité et la disposition morale du contrôleur congolais ayant grandi dans une culture de corruption chronique ?

Des troupes congolaises et Fdlr sonnent l’hallali

Ces M23 sont-ils rééllement soutenus par le Rwanda sûr de ses éléments combatifs ? La réponse affirmative ou négative ne signifie rien par rapport à l’empressement du régime de Kinshasa à appeler rapidement des milliers des combattants FDLR issus de l’ex-Armée Gouvernementale rwandais et leur donner tôt en 1999 et 2000 l’occupation du périmètre Est RDC et surtout les puits d’extraction des minerais.

Ces Fdlr sont très organisées avec leurs académies et camps d’entraînement militaires.

La stratégie des lobbies internationaux tournant autour des profits miniers est très parfaitementconçue pour durer bien longtemps. Pendant que les frères ennemis rwandais (Gouvernement et FDLR ) vont se regarder en chiens de faïence et se menaçant mutuellement, « j’appuyerai l’un et toi tu soutiendras l’autre », semblent comploter les puissances internationales. « Tu accuseras tel et moi tel autre ». La suite ? « Ces petits Africains qui se croient géants vont perdre la tête et s’entredéchirer ; et nous allons en profiter », devise les membres influents de l’Occident entre eux qui profitent de cette situation poudrière en puisant des mines à même le sol congolais comme du sable.

Mais c’est compter sans « le péril Jaune ».

Une autre donne s’est depuis introduite sur l’échiquier congolais. La Chine s’est bel et bien invitée dans le dossier congolais.

Elle regarde et applique scrupuleusement les clauses du contrat qu’elle a signé avec le Gouvernement Kabila dont l’obligation de tracer ou réhabiliter plusieurs milliers de voies routières, universités et hôpitaux sur tous les chefs lieux de Province.

En échange ? De la terre minérale à usiner. Cette Chine regarde et étudie les menées des uns et des autres parties en conflit dans cet Est de la RDC. Elle se tait.

L’Occident en criant sur le baudet Rwanda qu’il croit source de toutes ses déconfitures ne sait pas qu’il bâillonne un acteur important à tous les points de vue, capable d’actions titanesques et, malgré ses dehors pompeux, obéissant jusqu’à faire des courbettes à ses princes du capital financier international.

L’amassement des troupes de la SADC au Sud Kivu et à Kinshasa ne fait qu’empirer une situation qui devrait être redressée par le dialogue. A-t-on jamais vu une situation qui se renormalise par les armes et la guerre ?

Commentaires

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