France : Emmanuel Macron ; ni de droite , ni de gauche

Publié par Jacques Garello
Le 24 avril 2017 à 08:39
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Emmanuel Macron s’est toujours dit « ni de droite, ni de gauche ». En tous cas, il n’est pas non plus libéral. Voici pourquoi.

Si on en croit plusieurs de ses déclarations, il ne se veut « ni de droite ni de gauche ». C’est une position (verbale) qui séduit nombre de Français, eussent-ils voté Fillon naguère. Nombre de nos compatriotes en ont assez de cette guerre politicienne, et estiment à juste titre que, de droite ou de gauche, les gouvernements qui se sont succédé ont été incompétents et nocifs. Face aux épreuves que traverse notre pays, la solution n’est-elle pas « ailleurs » ?

MACRON, DE GAUCHE ? DE DROITE ?

Mais d’un autre côté, Macron ne peut faire l’impasse sur les électeurs de gauche – ce qui inquiète les candidats socialistes présents à la primaire. Pire encore : des personnalités qui veulent le soutenir croient lui rendre service en proclamant, comme Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault, et même Martine Aubry, que « Macron est de gauche ».

Nous avons toujours soutenu ici que le clivage droite/gauche n’a aucune signification véritable, le vrai choix de société, plus important que le choix des partis, étant entre libéralisme et socialisme.

Dans un billet récent de l’IREF, dont le président est Jean-Philippe Delsol, celui-ci explique toutes les raisons pour lesquelles Macron ne peut être classé parmi les libéraux, en dépit de la référence dudit Macron à une position « sociale-libérale ».

Nous conseillons à tous ceux qui veulent convertir leurs proches de l’ambiguïté de cette position et de l’enracinement socialiste d’Emmanuel Macron de lire in extenso l’article de l’ami Jean Philippe. Nous rapportons les grands points de ce texte.

NON, MACRON N’EST PAS LIBÉRAL, IL EST SOCIAL-DÉMOCRATE

1° Des propositions prometteuses, des formules séduisantes : elles sont faites par Macron dans l’ouvrage Révolution (éditions XO, septembre 2016) : trop de réglementations, alors que les Français ont besoin de liberté, de stabilité fiscale et d’allègement des impôts sur ceux qui entreprennent et innovent. Bref, « choisir sa vie ».

2° Mais l’État est omniprésent : il a en charge « le projet de la République », qui l’amène à mettre fin au « capitalisme mondial qui, par ses excès, manifeste son incapacité à durer véritablement ». L’État veille au logement, aux justes prix agricoles, à la performance de l’école, mais à aucun moment ces interventions et services publics ne laissent place au secteur privé et à la concurrence.

3° La fiscalité nouvelle serait fondée sur l’exonération des charges sociales des salariés pour reporter les recettes sur la CSG. Macron pénalise « la rente et l’investissement immobilier ». L’ISF est maintenu, mais certains placements dans les PME en sont exonérés.

4° Les 35 heures seront maintenues, les négociations de branche passent avant les accords d’entreprises et les syndicats conservent leur monopole et leurs privilèges.

5° Ne rien changer au système de protection sociale, si ce n’est pour unifier tous les systèmes de retraite (au lieu de les mettre en concurrence) et maintenir les avantages des hôpitaux publics. Le banquier en a oublié les vertus de la capitalisation.

6° Un investissement public massif : les préceptes keynésiens ont la préférence. L’État est « stratège » et « investisseur social ». L’idéal serait de pratiquer les politiques de relance au niveau européen.

7° L’égalité des chances est un des thèmes favoris de Macron, mais sa mise en œuvre implique un accompagnement permanent de l’État pour veiller à chaque étape de la vie de chaque individu et redistribuer sans cesse les revenus. Les libéraux, de leur côté, prônent l’égalité des droits. L’égalitarisme demeure l’un des piliers du socialisme collectiviste.

UN PEU DE TOUT… ET SON CONTRAIRE

Au total, dit Jean Philippe Delsol, le message d’Emmanuel Macron n’a rien d’original : c’est la bonne vieille « troisième voie », illusion suivant laquelle on peut juxtaposer liberté et dirigisme, plan et marché, public et privé, donc finalement droite et gauche.

Nous ajoutons : dans ce discours, « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Une formule qui relève au minimum de la naïveté et de l’incohérence, au maximum de l’escroquerie électorale et de la démagogie : Emmanuel Macron en est ici.


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