Exclusif CNN : Le gouvernement Obama avait mis sur écoute l’équipe de Trump

Redigé par Oksana Zvirynska avec Dreuz,Info
Le 29 septembre 2017 à 02:15
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Washington (CNN) : L’administration Obama a mis sur écoute l’ancien directeur de campagne de Trump, Paul Manafort, au moyen d’ordres judiciaires secrets, avant et après les élections, d’après les sources de CNN. La dernière fois que cela s’est produit, le Watergate, le monde entier en a parlé car la victime était un Démocrate.
 »

L’espionnage par le gouvernement sortant a continué au début de cette année 2017, y compris à une période où Manafort parlait avec le président Donald Trump.

Certains des renseignements recueillis lors de ces écoutes comprennent des messages qui ont suscité des inquiétudes chez les enquêteurs, selon lesquelles Manafort aurait encouragé les Russes à aider la campagne, informent trois sources familières avec l’enquête. Deux de ces sources, cependant, ont mis en garde que les preuves présentées ne sont pas concluantes.

Le conseiller spécial de l’équipe de Robert Mueller, [qui mène l’enquête pour rechercher si un crime a été commis, à savoir si la Russie a participé à l’élection – une anomalie juridique majeure puisqu’habituellement, on recherche les coupables d’un crime avéré et non si un crime existe], a fourni des détails sur ces messages.

Un ordre secret autorisé par un tribunal au nom de la Loi sur la surveillance et le renseignement étranger (FISA) a été pris après que Manafort ait fait l’objet d’une enquête du FBI qui a débuté en 2014. Elle s’est concentrée sur le travail effectué par un groupe de cabinets de conseil de Washington pour l’ancien parti au pouvoir de l’Ukraine, ont indiqué les sources de CNN.

La surveillance a été interrompue à un certain moment l’année dernière pour manque de preuves, selon l’une des sources.

Le FBI a ensuite redémarré la surveillance après avoir obtenu un nouveau mandat FISA qui a été étendu au moins jusqu’au début de l’année en cours.

Selon les sources, le deuxième mandat faisait partie des efforts du FBI pour découvrir les liens entre les associés de la campagne de Trump et les agents russes soupçonnés. De tels mandats exigent l’approbation des hauts fonctionnaires du ministère de la Justice et du FBI, et le FBI doit fournir au tribunal des informations démontrant que la cible du mandat peut agir en tant qu’agent d’une puissance étrangère.

Il n’est pas clair quand le nouveau mandat est entré en vigueur. L’intérêt du FBI s’est approfondi l’automne dernier en raison des communications interceptées entre Manafort et des agents russes, et entre les Russes eux-mêmes ont déclaré les sources à CNN. Dans le cadre du mandat FISA, CNN a appris que plus tôt cette année, le FBI a effectué une recherche d’un endroit de stockage appartenant à Manafort. On ne sait pas ce qu’ils ont trouvé.

Trump avait donc dit vrai :

« Terrible ! Je viens d’apprendre qu’Obama m’a mis sur écoutes à la Trump Tower juste avant ma victoire. Il n’a rien trouvé. C’est du McCarthysme ! »
Les conversations téléphoniques entre Manafort et Trump ont continué après l’entrée en fonctions du président, longtemps après que l’enquête du FBI sur Manafort ait été publiquement connue, ont indiqué les sources de CNN. Elles ont continué jusqu’à ce que les avocats du président et de Manafort aient insisté pour qu’ils s’arrêtent, selon les sources.

On ignore si Trump lui-même a été mis sous surveillance.

La Maison-Blanche a refusé de commenter cette histoire. Un porte-parole de Manafort n’a pas commenté cette histoire non plus.

Manafort a précédemment nié qu’il avait « sciemment » communiqué avec des agents du renseignement russe lors des élections et a nié avoir participé à des efforts russes pour « nuire aux intérêts des États-Unis ».

Etrange intérêt du FBI pour Manafort et indifférence pour Podesta

L’intérêt du FBI pour Manafort remonte au moins jusqu’en 2014, en partie en conséquence d’une enquête américaine sur Viktor Yanukovych, l’ancien président ukrainien dont le régime pro-russe a été renversé pendant des manifestations de rue. Le Parti des régions de Yanukovych a été accusé de corruption, et les autorités ukrainiennes ont affirmé qu’il avait emporté des millions de dollars hors du pays.

Les enquêteurs ont passé des années à sonder les rôles éventuels joués par l’entreprise de Manafort et d’autres consultants américains, y compris le Podesta Group du directeur de la campagne électorale de 2016 d’Hillary Clinton John Podesta, et Mercury LLC, qui ont travaillé avec l’ancien régime ukrainien. La base de l’affaire reposait sur la non inscription de ces entreprises américaines en vertu de la Loi sur l’enregistrement des agents étrangers des États-Unis, une loi que le ministère de la Justice utilise rarement pour déposer des accusations. Ces trois entreprises ont déposé cette année des enregistrements rétroactifs auprès du ministère de la Justice.

L’année dernière, les procureurs du ministère de la Justice ont conclu qu’il n’y avait pas assez de preuves pour porter plainte contre Manafort ou l’un des autres Américains, selon des sources informées sur l’enquête.

Et le FBI et le ministère de la Justice doivent périodiquement demander une autorisation renouvelée du FISA pour continuer leur surveillance.

Alors que Manafort prenait la direction en tant que président de la campagne de Trump en mai dernier, le FBI ne le surveillaient plus. Le fait qu’il faisait partie de la campagne n’a pas joué un rôle dans la fin de sa surveillance, ont déclaré des sources à CNN. C’est le manque de preuves concernant l’enquête en Ukraine qui a incité le FBI à fermer le dossier.

Réouverture du dossier

Manafort a été évincé de la campagne Trump en août. Les équipes de surveillance du FBI, en vertu d’un nouveau mandat de la FISA, ont recommencé à surveiller Manafort, informent les sources de CNN. Le tribunal qui supervise l’espionnage du gouvernement sous la FISA fonctionne en secret, la surveillance est tellement intrusive que l’existence des mandats ne devient que rarement publique.

Pour cette raison, il y a eu des spéculations sur la question de savoir si Manafort ou d’autres personnes associées à Trump étaient sous surveillance. Le président lui-même a alimenté la spéculation quand, en mars dernier, il a utilisé son compte Twitter pour accuser l’ancien président Barack Obama d’avoir espionné dans Trump Tower.

Le ministère de la Justice et le FBI ont nié que les lignes de la Trump Tower avaient été surveillées. Pourtant c’était vrai : Manafort avait une résidence dans la tour Trump, même s’il n’est pas indiqué si la surveillance du FBI a eu lieu là-bas.

Manafort a aussi une maison à Alexandrie, en Virginie. Les agents du FBI ont fouillé sa résidence d’Alexandrie en juillet.

Le FBI a également surveillé Carter Page, un associé de campagne que le candidat Trump envisageait autrefois comme conseiller à la sécurité nationale. Les liens de Page avec la Russie, y compris une tentative des espions russes pour les développer, ont incité le FBI à obtenir un mandat de la Cour FISA en 2014.

En janvier, le site Politico a révélé que pendant la course à la présidentielle, l’Ukraine a colludé avec la campagne d’Hillary Clinton pour chercher des dossiers et salir la réputation de Trump. Des réunions ont eu lieu à l’ambassade d’Ukraine entre des membres de la campagne de Clinton et des officiels ukrainiens. Ni le FBI, ni le Congrès, ni le département d’Etat à la Justice n’ont ouvert une enquête.


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