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États-Unis : Donald Trump, l’homme qui n’aimait pas les femmes
Publié le 21-06-2016 - à 12:33' par IGIHE

Candidat du Parti républicain à la présidentielle de novembre, Donald Trump entretient avec l’autre sexe des rapports qui relèvent presque de la psychiatrie. Muflerie et goujaterie au programme !

On ne présente plus Donald Trump. Vulgaire, hypernarcissique et ouvertement raciste, le millionnaire aux allures de crooner de croisière – et désormais candidat du Parti républicain à la présidentielle de novembre – est aussi un mufle comme on n’en rencontre pas tous les jours. Dieu merci !

À l’époque où il organisait les concours Miss Univers, il avait pour habitude de noter les femmes selon leur physique. Et de multiplier commentaires et gestes déplacés à leur endroit. On en a eu un aperçu, en août 2015, au cours d’un débat lors des primaires républicaines sur Fox News.

La présentatrice Megyn Kelly lui ayant demandé des explications sur son rapport aux femmes en n’omettant pas de lui rappeler certaines de ses expressions favorites – « grosse truie », « chienne », « animal dégoûtant » -, Trump, pris au dépourvu, s’en était sorti par une pirouette sur la dictature du politically correct aux États-Unis.

Quelques jours plus tard, il avait commenté l’incident sur CNN. Journaliste « surestimée », Kelly avait selon lui « du sang qui lui sortait de partout ». On n’est pas plus gracieux !

Sexisme à peine voilé !

Kelly et Trump se sont depuis rabibochés, mais cette allusion aux règles avait quand même provoqué un tollé. Et conforté l’image de goujat qui colle à la peau du milliardaire. Et ce n’est pas l’article très fouillé publié par le New York Times le 15 mai qui risque d’arranger les choses. Son titre ? « Franchir la ligne jaune : comment Trump se comporte en privé avec les femmes. » Tout un programme !

Nourri par des interviews avec une cinquantaine de femmes ayant côtoyé de près ou de loin The Donald, comme on le surnomme ici, cet article à la limite du ragot brosse le portrait d’un séducteur un peu lourd qui ne considère les femmes que comme un signe extérieur de réussite.

Lors d’une pool party donnée dans son domaine de Mar-a-Lago, en Floride, dans les années 1990, Trump avait ainsi repéré parmi la cinquantaine d’invités une top-modèle de 26 ans nommée Rowanne Brewer Lane. Il l’avait abordée avant de lui demander d’enfiler un maillot de bain, puis de l’exhiber devant ses invités en plastronnant : « Superbe Trump Girl, non ? »

Temple Taggart, une ancienne Miss Utah qui, en 1997, briguait le titre de Miss USA, compétition dont Trump avait acquis les droits, raconte pour sa part que son boss s’était présenté aux concurrentes en les embrassant sur la bouche, ce qui était sans doute un peu direct. Quant à Carrie Prejean, Miss California 2009, elle évoque, toujours dans le New York Times, la manière dont Trump inspectait « ses » filles : « Plus près que ne le ferait un général avec ses soldats. »

Morceau choisi : « Il se tenait devant chacune d’entre nous, nous regardait de bas en haut et murmurait « hmmm ». » À Miss Alabama, il demanda quelle était selon elle la plus belle des candidates. Réponse : « À part moi, je dirais Miss Arkansas, elle est sympa. » Trump piqua alors une grosse colère : « Je me fous de savoir si elle est sympa, est-elle sexy, oui ou non ? »

Elle est sexy ma fille, tu ne trouves pas ? Elle est sexy, non ?

Ses employées n’étaient guère mieux traitées. Architecte sur l’un de ses chantiers de construction, Barbara Res se souvient que Trump avait commenté sa récente prise de poids d’un très délicat : « Alors, on aime les bonbons, hein ? »

Même Ivanka, sa fille, n’échappe pas à ses inélégances. Pendant les répétitions du concours de Miss USA adolescente, Trump s’était tourné vers Brook Antoinette Mahealani Lee, à l’époque Miss Univers, pour lui demander son avis sur le corps de la jeune fille (16 ans) : « Elle est sexy ma fille, tu ne trouves pas ? Elle est sexy, non ? » L’intéressée avait trouvé le propos à tout le moins « bizarre ».

Un double jeu qui pèse sur le scrutin présidentiel

Trump avait aussi demandé à Brewer Lane de noter le physique de ses deux premières femmes, Ivana Trump et Marla Maples, « sur une échelle de 1 à 10 ».

Et lorsque Maples avait raconté au New York Post, le célèbre tabloïd, que sa nuit d’amour avec Trump avait été « le meilleur coup de [sa] vie » – avec gros titre à la une -, le héros, fier comme un pou, s’était baladé dans ses bureaux en exhibant la couverture du journal. Vous avez dit puéril ?

Mais l’homme est plus complexe qu’il n’y paraît parfois. N’a-t-il pas confié à des femmes des postes de direction au sein de son empire ? À Barbara Res, il a froidement justifié ce choix : « Je sais que vous êtes une femme dans un monde d’hommes et que les hommes sont souvent meilleurs que les femmes. En revanche, une femme de valeur vaut facilement dix hommes de valeur ! »

Il a aussi confié à Ivana, son ex-épouse, les rênes d’un casino à Atlantic City et ceux du Plaza Hotel, près de Central Park, à New York. Il est vrai qu’il a ultérieurement regretté ce choix. Dans L’Art du come-back (1997), il écrit : « Le problème est que le boulot était la seule chose dont elle voulait parler. Quand je rentrais à la maison le soir, elle m’entretenait du casino et du Plaza ! » Conclusion : « Jamais plus je ne confierai de responsabilités à ma femme. »

Une victoire de Clinton pourrait être un coup très, très dur porté à l’ego démesuré de The Donald

Bref, les éléments à charge s’accumulent, et la conclusion s’impose d’elle-même : Trump est un sacré plouc ! Cela pourrait lui coûter une part importante de l’électorat féminin, crucial dans un scrutin présidentiel. Et comme les minorités sont déjà acquises à Hillary Clinton… Le candidat républicain vient d’ailleurs d’aggraver son cas en indiquant que l’origine mexicaine du juge chargé de statuer sur les plaintes déposées contre la Trump University était de nature à fausser son jugement !

Mais seul, sans doute, un psychiatre pourrait expliquer le sexisme de Trump, qui a grandi entre un père dur en affaires et une mère au foyer – la « femme idéale », selon lui. C’est d’ailleurs une explication psychologique du même ordre qu’avait avancée Clinton concernant la fascination de son concurrent pour les dictateurs dans le style de Vladimir Poutine.

Reste que si, d’aventure, Mrs Clinton venait à l’emporter en novembre – ce que tous les esprits sensés espèrent -, cette défaite devant une femme serait un coup très, très dur porté à l’ego démesuré de The Donald.

SOIS BELLE ET TAIS-TOI !

Donald Trump n’a pas une passion pour les étrangers et rêve de construire un mur pour contenir les clandestins mexicains. Pour les étrangères, c’est différent. Presque toutes les femmes qui ont compté dans sa vie ont vu le jour sous d’autres cieux.

C’est le cas de Mary Anne, sa mère, décédée il y a seize ans. Elle fut son grand amour, son modèle, son inspiratrice secrète. Or la sainte femme était née en 1912 dans une petite île de l’Ouest écossais. Ses parents s’appelaient McLeod, c’est dire !

Ce l’est aussi d’Ivana, née Zelnickova, une ex-athlète tchécoslovaque, ex-top-modèle et ex-jet-setteuse siliconée qui fut son épouse quinze ans durant. Il la trompa avec (entre autres) Maria Maples, une Américaine pur jus – tiens ? – épousée ultérieurement. En 1991, le divorce de Donald et Ivana fut l’un des plus chers de l’Histoire : 10 ou 11 millions de dollars, sans compter une vertigineuse pension alimentaire.

Ce l’est encore de Melania Knavs , alias Knauss, ravissante gourde slovène qui grandit dans un appartement communautaire au temps du titisme triomphant – c’est dire sa rage de s’en sortir. Elle devint top-modèle, arpenta consciencieusement les podiums et, en 1998, décrocha le gros lot. Dans une party new-yorkaise, elle ramena dans ses rets un sémillant promoteur qu’elle finit par épouser. La troisième Mrs Trump n’a pourtant rien d’une dévoreuse d’hommes. Elle ressemble davantage à la sage Veronica Lario, l’ex-épouse de Berlusconi, qu’à son ex-consœur Carla Bruni-Sarkozy.

« C’est un mannequin avec un passé de nonne », commente la revue The New Yorker. Pendant que son mari bat les estrades, elle reste à la maison avec Barron, leur fils de 10 ans. Ses activités intellectuelles ? Gymnastique et lecture de magazines. Longtemps, elle s’est abstenue de participer à la campagne et ne s’y est résolue que pour tenter de réparer les dommages causés dans l’électorat féminin par la folle misogynie de « Don ».

Mais au fond, celui-ci s’en moque. Ce qu’il aime chez une femme, c’est son apparence, son physique, ses mensurations. Tellement valorisant pour son ego de coq complexé ! Mais après tout, chacun est libre de préférer le paraître à l’être, non ?

Jean-Eric Boulin
Avec Jeune Afrique


Kwamamaza
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