Diane Rwigara s’improvise présidentiable et déploie un infantilisme politique

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 5 mai 2017 à 03:31
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Diane Rwigara, 35 ans, la fille de l’homme d’affaires et ancien financier du Front patriotique rwandais (FPR), Assinapol Rwigara, décédé en 2015, a annoncé mercredi 3 mai sa candidature à la présidentielle d’août prochain en tant qu’indépendante face à Paul Kagame. C’est la troisième candidate d’opposition à vouloir briguer la magistrature suprême après Frank Habineza, le président du Parti démocratique vert et Philippe Mpayimana, un autre candidat indépendant tout juste rentré de France.

Qu’est ce qui amène cette jeune fille, d’à peine la trentaine, dans cette jungle politique avec des envies déclarées pour la course à la présidentielle ? Comment prend-elle la parole devant la nombreuse presse locale et internationale venue l’écouter ce 3 mai à l’Hôtel 2000 de Kigali ?

"Je parle plusieurs langues et j’ai longtemps voyagé dans les pays occidentaux", annonce-t-elle dans sa tentative de déployer ses armes. Et là ?

Le Motif profond ? La jeune femme parle de sécurité, de... "j’offre des choses qu’il (le Front patriotique rwandais/FPR au pouvoir, ndlr) n’a pas été capable d’offrir aux Rwandais. Je vais combattre la pauvreté, je vais combattre l’injustice", a dit la dame Diane qui a, tout au long de sa conférence de presse, manifesté une sorte de hargne contre le FPR croyant que faire de la politique de l’opposition cela s’appelle de la confrontation radicale et les sentiments à fleur de peau.

La jeune femme cache pourtant une motivation profonde de son irruption en politique à savoir la mort de son père qu’elle croit provoquée :
« Je ne suis pas là pour parler de mon père », a prévenu la femme d’affaires de 35 ans, tout en reconnaissant que son décès avait été « une des raisons » l’ayant poussé à se présenter, relève un correspondant de l’AFP venue l’écouter.

Les analystes politiques verront dans ses déclarations beaucoup d’infantilisme politique.

De Un, ces raisons profondes de la mort de son père qu’il met à la charge du régime actuel, ceci ne devrait pas du tout motiver une personne à entrer dans la politique. Si la dame avait été résolument combative, ça aurait été dans le domaine de la lutte des droits humains en créant une association de défense ou de mémoire de feu son père. Or jusqu’à ce jour, la plupart des associations internationales de défense des droits humains ne comprennent pas comment cet homme d’affaire qui a longtemps été à la pointe de la lutte du FPR pourrait du jour au lendemain devenir sa cible.

Conclusion partielle :

Les ressentiments et rancoeurs ne sont pas de bons outils politiciens. Au contraire, ils détruisent l’aura qu’une personnalité politique de l’opposition peut engranger.

De deux, Diane Rwigara brandit la lutte contre la pauvreté et pour une sécurité totale.

Ici elle fait fausse route. Le FPR fait en pratique, et ce sont les petites classes sociales rwandaises qui l’affirmeront, une sorte de ferveur à résorber cette pauvreté. Ses programmes fétiches de lutte contre la pauvreté que sont Une Vache-Une Famille, la distribution de milliards d’argent cash distribués aux 16% de la population rwandaise classés dans les catégories sociales dites indigentes, des programmes de main d’oeuvre de haute intensité et autres favorisant la redistribution des richesses vers les classes défavorisées et cette tentative de redirection des flux monétaires vers les campagnes.

Conclusion partielle : La préposée candidate devrait apprendre son cours d’économie et évaluer à sa juste valeur cette politique du FPR qui tente d’améliorer l’environnement des affaires au Rwanda tout en mettant le paquet dans le lifting des classes pauvres pour qu’elles font sauter le verrou de l’indigence économique dans laquelle elles sont prostrées.

De trois, la dame veut-elle lutter contre les injustices ? Mais qui lui a dit que dans les régimes à idéologie capitaliste affichée les injustices n’existent pas ? Elles y sont plutôt légion. C’est le moment de le préciser. Si réellement elle veut lutter contre les injustices sociales, la première grande injustice est de posséder plus d’un centième de la richesse nationale. Peu importe comment on l’aura acquis.

Conclusion partielle : La motivation première de cette dame pour entrer dans la bagarre politique, ce n’est pas du tout du pur professionnalisme recherché. Puisqu’elle est loin d’y penser. Elle comme les autres politiciens rwandais, autres que ceux du FPR, maîtrisent rarement la relation étroite entre la chose économique et le jeu politique qu’ils entendent jouer.

C’est même pourquoi, ils oublient de se draper de leur citoyenneté rwandais pour se qualifier mutuellement d’ennemis au lieu d’être des adversaires.

Par contre tout ce qu’entreprend le FPR, l’objectif visé est la victoire du capitalisme orthodoxe. Pour cela, il meuble la société. Il élève telle ou telle catégorie sociale, ici, la femme, les Batwa... Il pratique à leur endroit une discrimination positive afin qu’elles puissent acquérir des armes égales dans la jeungle économique.

La question de libertés démocratiques en moins ?
La dame qui brandit la non ouverture de l’espace des libertés démocratiques sous le régime actuel du FPR connaît parfaitement bien toutes les forces politiques ténébreuses, et Dieu sait combien elles sont diverses, qui veulent abattre ce dernier ; un régime qui est le seul garant de la citoyenneté rwandaise, la rwandité ; les autres forces alimentées de l’extérieur étant intéressées au retour aux rôles dans un environnement divisionniste et ségrégationniste parfait et relégalisé.


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