Démocratie au Rwanda : Prof Hakizimana de RNC déçoit les auditeurs rwandais de la VOA

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 28 juillet 2017 à 01:52
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La VOA Kinyarwanda a invité au cours de la petite matinée de ce 28 juillet 2017, le prof Emmanuel Hakizimana, Secrétaire Général de RNC/Rwanda National Congress, établi au Canada pour discuter du mode électoral présidentiel en cours au Rwanda. La question lui posée par la journaliste de la VOA est simple : Comment vous, au RNC, appréciez-vous le déroulement de la campagne présidentielle au Rwanda ?

Le RNC étant bel et bien dans l’opposition extérieure, trouve qu’il est le porte-étendard de l’orthodoxie démocratique. Pour le Professeur Hakizimana, les partis qui se disent de l’opposition intérieure et qui ont aligné leurs candidats présidentiels dont le Parti des Verts avec le Dr Frank Habineza, n’ont pas l’étoffe. Il n’y a pas de démocratie au Rwanda, clame-t-il. Il n’y a que la peur qui peuple les Rwandais. Tiens ! "Même les médias rwandais sont muselés, Pardi !, ajoute-t-il.

Le prof.Emmanuel Hakizimana de RNC garde dans sa conscience le mode démocratique occidental qu’il entend transposer dans une société rwandaise en quête d’une lointaine aisance et stabilité économiques

Le débat de ce matin a eu le mérite de confronter deux camps de Rwandais et donc deux visions et conceptions de la démocratie. Mais au fond, c’est plutôt deux classes sociales qui se sont affrontées : la classe des aspirants politiciens de la diaspora et la classe des jeunes rwandais actifs dans la jungle économique rwandaise.

L’invité insiste sur l’absence de démocratie au Rwanda. De quelle démocratie veut-il dire ? Celle qui est pratiquée en Occident, bien sûr.

Le politicien oublie délibérément que la démocratie prend la forme de la société dans laquelle où elle est consommée. Les démocraties occidentales ont une expérience vieille de plus de trois cents ans et rarement entrecoupée de violences sauf en 1914-18 et 1940-45.

Le politicien devrait revoir son cours d’histoire des pays où il séjourne pour lui dire que ces periodes de guerre mondiale ont été precedees et suivies de plus de trente ans d’une gouvernance politique musclée, dictatorial d’absolue nécessité. Au cours de ces deux périodes sombres, la pré-guerre était caractérisée par une dictature musclée negative. L’histoire se répète quand bien même elle ne se ressemble pas. Au Rwanda, la décolonisation désastreuse ayant enfanté de moins visionnaires, ethniquement et régionalement bloqués présidents Grégoire Kayibanda (1962-1973) et Juvénal Habyarimana (1973-1994), a vite fait d’empuantir l’espace politique rwandais. Ces deux-là ont exercé de varies dictatures avec une suppression totale de partis politiques.

Dans la période de l’après chaos de génocide contre les Tutsi de 1994 et de faillite généralisée de l’Etat rwandais, les partis politiques renaissent et opèrent dans une situation de crispation.

Conscients de leurs faiblesses et de l’opprobre causé par une mauvaise gestion du mouvement démocratique soudain ordonné par le discours de François Mitterrand à la Conférence de La Baule du 20 juin 1990 partant de la fin de la guerre froide qui a longtemps gouverné les relations Métropoles et Ex-colonies, ces partis rwandais qui ont encore libre cours, le PSD/Parti Social Démocrate, le PL/Parti Libéral, le PSR/Parti Socialiste Rwandais, le MDR/Mouvement Démocratique Républicain, et bien d’autres, vont signer un mode de gouvernance de coalition avec le FPR/ Front Patriotique Rwandais-Inkotanyi victorieux de la guerre de libération.

Dans une coalition politique de la sorte, un parti moteur impose aux autres son real politik. Le FPR-Inkotanyo caresse son ambition de l’indépendance économique. Il est aussi en droit de rejecter l’injonction-phrase fameuse de Mitterrand à cette conference de la Baule de 1990 selon laquelle « Le vent de liberté qui a soufflé à l’Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud (...) Il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement ».

Des divorces et des réformes vont se succéder dans cette coalition entraînant la suppression definitive du MDR fondée en juin 1957 et brandissant l’idéologie éthnocentiste de la suprématie hutu.

Une rééducation culturelle de la société rwandaise
“Que cette opposition de la diaspora laisse notre vieux gouverner. Il est adulé par tous les citoyens rwandais. Et c’est cela l’important si votre invite comprend que le pouvoir émane du peuple, que c’est le peuple qui fait le choix de son dirigeant. Nous nous sommes en Province du Nord. Nous avons mis nos beux habits pour la fête consistant à accueillir notre leader”, est ainsi intervene à la VOA un auditeur situé à Rulindo, en Province du Nord.

Un autre intervient pour montrer que le candidat Paul Kagame n’est pas seul dans la course électorale, qu’il y a le Dr Frank Habineza du Parti démocratique des Verts qui officiellement a decide de se ranger dans l’opposition tout en adherent au Forum de Consultation des Familles Politiques (NFP) officiellement agréées dans le pays et un candidat indépendant Philippe Mpayimana.

L’invité Prof Hakizimana, de son si lointain Canada où il assiste à l’évolution de l’arène politique rwandaise trouve que le régime a choisi des personnalités moins piquantes et que celles qui sont critiques, la Dame Diane Rwigara et M. Gilbert Mwenedata, ont été écartés.

L’auditeur récidive : Si vous vous êtes percutants, pourquoi n’être pas venus et poser vos candidatures ?
L’orateur est pris de cours. “Voyez-vous, nous ne sommes pas fiers d’être des réfugiés politiques…”. Et de dérouler toute une liste de prisonniers politiques dont la Dame Victoire Ingabire et M. Déo Mushayidi et des disparitions qu’il affirme politiques.
“Mais, si emprisonnements il y a c’est que la personne à qui cela arrive a commis des crimes si petits soient-ils qui ont permis et justifié son arrestation et incarcération”, dit cet auditeur qui montre que tout régime qui soit ne réprime pas des individus mais des crimes qu’ils portent en eux.

Là, erreur ! L’auditeur a donné une bouée de sauvetage à l’invité qui va dérouler sa leçon de droits humains auxquels doivent scrupuleusement se conformer les régimes du Tiers Monde sous peine de voir les aides coupées par les bailleurs occidentaux.
“… le Discours de La Baule représente un pas en avant vers la conditionnalité des échanges. Il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement.

Les pays d’Afrique sont désormais invités à accélérer leur processus de démocratisation en vue d’une pérennisation des échanges avec le Nord, … le respect des droits de l’homme”, lit-on dans Wikipedia montrant toute la philosophie politique qui se cache derrière ces déclarations prudhommistes ; à savoir que l’Occident dispensateur de la manne budgétaire doit faire et défaire les régimes africains.

Kagame en campagne él ;ectorale à Ngororero le 18 juillet dernier. Les citoyens ont mis leurs beaux atours.

L’invité montre ainsi une vision idéologique chère à l’Occident. A l’opposé, la plupart des auditeurs qui sont intervenus dans le débat montrent que le régime actuel rwandais se bat comme un titan contre les phénomènes à l’origine de la pauvreté endémique qui frappe de plein fouet les economies africaines et que les meetings de campagne du candidat FPR, Paul Kagame, ont des allures de rencontres dans lesquelles les citoyens rwandais et leur Leader devisent de ce qui sera fait demain aussitôt après qu’ils l’auront réintronisé. Ces meetings, partout où ils sont organisés dans les secteurs et cellules du pays, sont des rendez-vous où le Leader Kagame rappelle à “co-sociétaires” les tâches qui les attendant pour réaliser un pays de rêve : un travail de haute productivité et de grandes creations de richesses.

Kagame vers le Lee Kwan Yew rwandais
Les Rwandais,tous, même ceux de la diaspora, sont conscients des transformations socio économiques et des mutations de moeurs et mentalités sociales qui s’opèrent partout dans le pays. Mais seuls les rwandais de l’intérieur peuvent comprendre l’esprit et la lettre de celles-ci. Ils comprennent, pour y arriver, combien de lourds et gros efforts consentis de la part de hauts dirigeants du pays en matière de sécurité, quelle discipline sociale conçue et adoptée pour rendre aisée la production de ces richesses nationales, comment trouver un outil de reconfiance populaire par le biais de la justice réconciliatrice des jurisdictions Gacaca ramenant la valeur du respect du bien d’autrui et permettant une gestion des relations inter individuelles loin de toute considération ethnique ou régionale retrogrades, et enfin, au delà de tout cela, comment faire en sorte que le citoyen rwandais, de quelque coin du pays où il est, puisse produire et vendre sa merchandise et consommer des produits bancaires.

Tout ceci semble anodin pour le politicien de l’opposition qui séjourne en Occident. Pourtant cela a change du tout au tout les mentalités populaires. L’argent n’est plus la chasse gardée des fonctionnaires et commerçants de la bourgade. Vivre mieux et bien, avoir accès à l’information utile, consommer des produits et services moderns, vivre l’urbanisation moderne ; tout cela est sollicité mêmement par l’homme cultivé, fonctionnaire et le paysan qui voit sa terre revalorisée et bancable pour avoir acquis un titre de propriété.

“Tous ensemble en toute solidarité dans le travail et plus de creation de richesses, nous allons transformer notre pays au point que celui qui, de retour chez lui, ayant fait un long séjour à l’étranger ne s’y retrouvera pas”, a dit ovationné par plusieurs centaines de milliers d’habitants de district Rwandagana (Est), le candidat Paul Kagame au cours du week end écoulé ; une façon de les inviter à plus de travail producteur ardent.

Le voilà Paul Kagame parti pour la croisade des changements sociaux profonds de la société rwandaise où on ne distinguera plus la différence d’urbanisation entre villes et bourgades.

Les analystes trouvent que les stratèges économistes rwandais, Kagame en premier en tant que maître d’oeuvre, sont absolument sur le modèle de développement singapourien avec un Lee Kwan Yew qui a régné pendant plus de quarante ans et a fait de son pays une place forte économique mondiale sortie du néant.

Les citoyens seront toujours étonnés de voir leur Leader ascète et toujours de mieux en mieux percutant et ameliorant de fond en comble leurs conditions de vie. Vont-ils le relâcher ? Va-t-il les prier de le laisser partir ?

On reste mine de rien dans la culture africaine avec la conception et perception du chef. Quand celui-ci est méritant, quand au lieu de décevoir par corruption et cupidité, il continue à faire des innovations sociales au profit des citoyens, ces derniers ne trouvent pas la nécessité de le voir partir. Par contre, il apprend à faire face à une armée d’opposants fortement encourages par de puissants lobbies aux visées destructrices.


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