Convoqué par les juges et confronté à une fronde, Fillon peut-il encore tenir ?

Publié par Igihe.com
Le 2 mars 2017 à 03:33
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François Fillon, dans la tourmente, entend aller « jusqu’au bout ». Convoqué avec son épouse le 15 mars en vue d’une mise en examen, le candidat des Républicains dénonce « un assassinat politique » et annonce qu’il se maintiendra coûte que coûte alors que certains de ses soutiens dans sa propre famille politique commencent à le lâcher.

Il ne se passe désormais plus un jour sans qu’une information ne vienne perturber les déplacements du candidat de la droite. Et on voit mal comment François Fillon peut reprendre sa course à l’Elysée alors que sa campagne prend l’eau de toutes parts, empoisonnée depuis des semaines par l’affaire des emplois supposés fictifs de son épouse. C’est désormais le naufrage politique qui menace le candidat des Républicains, déjà très affaibli et possiblement mis en examen dans moins de deux semaines.

Sa volonté de se maintenir coûte que coûte met en péril aujourd’hui l’unité de sa propre famille politique. Certains de ses soutiens quittent le navire : Bruno le Maire dès hier, suivi de très près par les sarkozystes Huyghes, Vautrin et Pierre Lellouche qui demande le retrait de l’ex-Premier ministre, à l’instar de la juppéiste Fabienne Keller sur notre antenne.

Egalement gagnés par le doute - et c’est un coup plus rude encore -, les centristes de l’UDI ont décidé de suspendre leur participation à la campagne avec déjà, dit-on, la tentation grandissante d’un ralliement à Emmanuel Macron.

Jusqu’où ira l’hémorragie de ses soutiens ? Voilà la question qui taraude l’équipe de campagne du candidat de la droite. D’autant que les appels à la sédition se multiplient.

Un « appel des maires » en gestation

Le député LR Georges Fenech a ainsi appelé les élus à donner leur parrainage à Alain Juppé, rival malheureux de François Fillon à la primaire de la droite, se disant « convaincu de la chute imminente de François Fillon ».

De son côté, Arnaud Robinet, député-maire LR de Reims, a annoncé travailler à un « appel des maires de grandes villes de France » demandant à François Fillon de se retirer de la course.

Et au final, que vont faire les militants et sympathisants de droite alors que les conditions de la victoire semblent de moins en moins réunies ? Le noyau dur des électeurs Républicains va-t-il résister ? Et quid de l’électorat plus centriste, plus modéré ?

Test grandeur nature au Trocadéro

Les prochains sondages seront sans doute révélateurs de la tendance qui se dessine. Et le premier test grandeur nature se déroulera dimanche : on verra alors si le rassemblement pro-Fillon au Trocadéro fera le plein ou non.

En attendant, François Fillon a décidé de mettre les bouchées doubles sur le terrain de la campagne. Mais ce n’est pas facile, là encore.

On l’a vu encore hier au salon de l’Agriculture, il n’y a pas de déplacement sans huées ni sifflets d’une partie du public. Cet après-midi, il sera dans le Gard, dans le sud de la France, terre très à droite certes, mais sa campagne, il est vrai, s’apparente désormais à un chemin de croix : l’ex-Premier ministre est quasi inaudible sur le fond face au déroulé de l’action judiciaire.

Ironie du sort, il est le premier à avoir atteint les 500 parrainages nécessaires pour se lancer dans la course à ‘Elysée.

Avec rfi.fr


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