Ce qu’il faut retenir de l’interview d’Emmanuel Macron

Redigé par BFMTV
Le 18 octobre 2017 à 07:30

Le président Emmanuel Macron donnait ce dimanche soir sa première grande interview télévisée sur TF1. Voici les dix points que l’on peut retenir de cet entretien.
Une présidence peu "bavarde"
Depuis son élection, Emmanuel Macron, partisan d’une parole présidentielle "rare", a évité les interviews télé, annulant celle devenue traditionnelle du 14 juillet. Interrogé sur le "style Macron" et son silence médiatique ces derniers mois, le président a indiqué avoir "pris la décision de ne pas avoir une (...)

Le président Emmanuel Macron donnait ce dimanche soir sa première grande interview télévisée sur TF1. Voici les dix points que l’on peut retenir de cet entretien.


Une présidence peu "bavarde"

Depuis son élection, Emmanuel Macron, partisan d’une parole présidentielle "rare", a évité les interviews télé, annulant celle devenue traditionnelle du 14 juillet. Interrogé sur le "style Macron" et son silence médiatique ces derniers mois, le président a indiqué avoir "pris la décision de ne pas avoir une présidence bavarde", permettant aux ministres et au parlement de "déployer" une parole. "J’ai été très présent sur la scène nationale, internationale et je me suis beaucoup exprimé, mais à travers des visites, des déplacements. Ne pas vouloir parler tous les jours ne veut pas dire qu’on ne parlera plus jamais", a insisté le président.

Un président arrogant ?

Cette première interview télévisée intervenait après de nombreux propos polémiques contre les "cyniques", les "fainéants" ou ceux qui "foutent le bordel". Le chef de l’Etat les a néanmoins assumés : "Les mots ’cynique’ et ’fainéant’ ne sont pas clivants, ils sont du registre normal et soutenu [...] j’ai toujours choisi de dire les choses et de m’approcher d’une forme de vérité. Nos élites se sont habituées à avoir un discours aseptisé", a défendu Emmanuel Macron. "’Bordel’ est du registre populaire. Je n’ai pas cherché à humilier et je n’ai pas insulté qui que ce soit", a-t-il poursuivi.

Lors de son discours d’inauguration de la Station F à Paris début juillet, où un millier de start-up étaient accueillies, le président avait évoqué "des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien". Une formule sur laquelle les journalistes lui ont demandé de revenir ce dimanche soir. "Je n’ai pas dit ça. Je n’ai jamais considéré que quelqu’un qui vit dans le dénuement n’est rien", a argué Emmanuel Macron. "On n’occupe pas ce bureau si tous les matins, on regarde l’opinion de chacun. Je n’accepte pas que l’un de nos concitoyens pense que je n’ai pas pour lui de l’estime et du respect."

Chômage : "La plénitude des résultats se verra dans un an et demi à deux ans "

Selon le chef de l’Etat, les réformes du code du travail ne sont pas une "hyperlibéralisation" qui va détruire les droits et les premiers effets de celles-ci sur le taux de chômage seront visibles "dans un an et demi, deux ans". "On doit donner plus de souplesse aux entreprises. Notre réforme, c’est la première vraie transformation du code du travail pour les TPE et PME", a-t-il ajouté.

Alors que le gouvernement doit entamer la réforme de l’assurance-chômage, avec notamment l’extension des indemnités aux démissionnaires, Emmanuel Macron a jugé ce projet "réaliste". "Quelqu’un qui va se lever le matin et dire ’je vais démissionner et toucher le chômage’ ? Je n’y crois pas beaucoup". En revanche, il prône un "contrôle assumé" pour s’assurer que les personnes qui touchent le chômage cherche bien de manière active un emploi et que ne soient pas des "multirécidivistes du refus".

Le président a ensuite longuement insisté sur la nécessité de mieux former les chômeurs de longue durée. Le gouvernement investira pour cela "15 milliards d’euros" pour former les "moins qualifiés", mais aussi les jeunes, qui subissent selon lui de vraies inégalités de formation.

"On ne sélectionnera plus par tirage au sort à l’université", a annoncé le président, qui souhaite que les élèves soient mieux orientés "dès la troisième et le lycée". Il espère ainsi que le pays en finira avec le "tabou de l’apprentissage", perçu comme une filière "de l’échec" alors qu’elle offre "des emplois".

"L’ISF n’était pas efficace"

Selon un sondage Viavoice de septembre, 53% des Français jugent sa politique économique profitable d’abord aux plus aisés. Mais Emmanuel Macron se considère-t-il comme le "président des riches" ? Interrogé sur ce point, le président a admis avoir "eu vent de la formule", mais ne pas apprécier cette "opposition de la société". "C’est ce que j’appelle les passions tristes de la France", a-t-il indiqué. "Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire : ’Il y a des gens qui s’en sortent taxons-les’". En ce sens, l’ISF n’était pas "efficace" selon lui et a fait fuir de nombreuses fortunes. "Beaucoup de gens qui gagnaient beaucoup ne le payaient pas grâce à des montages financiers", a-t-il soutenu, ajoutant ne pas croire à la "théorie du ruissellement" qui revient à dire que la fortune des plus aisés profite aux plus pauvres.

La baisse des APL ? Une mesure "d’urgence"

La diminution des APL avait suscité de vifs débats cet été. Mais pour Emmanuel Macron, il s’agissait d’une "mesure d’urgence". "Le Premier ministre a tenu les engagements de ses prédécesseurs".

Par ailleurs, le président répète que chaque fois que l’on a augmenté l’APL, les loyers ont également augmenté. Cependant, le gouvernement va demander aux acteurs du logement social d’"un peu baisser les loyers".

Des lois contre le harcèlement sexuel

Face à l’affaire Harvey Weinstein qui secoue le monde du cinéma et relance le débat sur le harcèlement sexuel, Emmanuel Macron a affirmé avoir "engagé des démarches" pour retirer la Légion d’honneur au producteur américain. Sur les violences sexuelles, le président assure qu’il faut en passer "par la loi" et souhaite que la France ait une procédure de "verbalisation" plus simple quand des faits de ce type sont commis.

GPA : le président est contre

Interrogé sur la possibilité d’ouvrir la procréation médicalement assistée aux femmes seules ou aux couples d’homosexuels, Emmanuel Macron a répondu qu’un débat apaisé sur le sujet aurait lieu en 2018. "Sur ces sujets de société, le politique ne doit pas imposer les choix en brutalisant les consciences", a déclaré le président de la République. Néanmoins, il assure être contre la gestation pour autrui au nom "d’une conception de la dignité du corps de la femme" qui "ne permet pas qu’on puisse porter un enfant pendant neuf mois pour le compte d’un autre", a-t-il dit, ajoutant : "Je souhaite qu’on ne puisse pas passer de la PMA à la GPA subrepticement".

Tous "les étrangers en situation irrégulière" qui commettent un délit "quel qu’il soit seront expulsés"

Après la mort de deux jeunes femmes à Marseille tuées par un Tunisien interpellé deux jours auparavant à Lyon et remis en liberté, le président assure que la France n’est pas mal préparée face au terrorisme : "l’Etat français est là, il est fort, mais le risque zéro n’existe pas".

En ce qui concerne les personnes en situation irrégulière, le président est ferme : ceux qui commettront un acte délictueux seront expulsés. Au début de l’année prochaine, "une nouvelle loi" sera mise en place pour "durcir les règles".

Les Etats-Unis : des alliés malgré des désaccords sur l’Iran

La France est engagée avec les Etats-Unis dans la "lutte contre le terrorisme", selon Emmanuel Macron. En ce sens, il s’agit d’un "allié", même s’il existe des désaccords entre les deux pays, notamment sur le "climat" ou "l’Iran". "J’ai expliqué (au président américain) que ce n’était pas une bonne idée de durcir les choses avec l’Iran", a réitéré le président qui entend néanmoins être exigeant "sur l’activité balistique de l’Iran" et ses activités dans la région. "Je parle constamment avec le président américain", a-t-il encore défendu. Il a ensuite indiqué qu’il prévoyait bien effectuer une visite à Téhéran à l’invitation du président Hassan Rohani, sans pour autant préciser quand.


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