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Burundi :"Subjectivité de pouvoir" ou "Vision d’une nation" ???
Publié le 10-07-2016 - à 02:48' par Francis Rohero

Le Burundi vient de passer cinquante quatre ans après le départ du colonisateur. Il a connu onze Chefs d’Etat dont deux Rois et huit Présidents - un ayant fait deux fois –, neuf Premiers Ministres et seize Vice Présidents. Tout cela dans autant de Gouvernements, pas moins d’une trentaine et une pléthore de ministres des générations successives.

Le constat est qu’à chaque période, il y a ceux qui aiment le pouvoir, le protègent au point de tout sacrifier et d’autres qui le dénigrent au point de le détruire. Et pour cela il faut trouver des raisons échappatoires : ethnies, régions, partis, convictions, … et malheureusement pas le bien être même si s’en est l’alibi.

Au fait qu’en est-il de la Vision d’une Nation qui doit se construire ? Que signifient la continuité de l’Etat, la responsabilité des autorités ? Et le peuple alors qui croit aux paroles des uns et des autres espérant le meilleur ?

Le Mouvement Orange essayant de comprendre, perce doucement la psychologie des personnes au pouvoir, et retrouve presque les mêmes appréhensions quand il s’agit de penser « pays/pouvoir/peuple ». Le pays c’est quand les miens vont bien, le pouvoir c’est quand les miens donnent l’ordre, le peuple c’est celui qui croit en notre groupe. Les autres sont des ennemis, ils n’aiment pas le pays, ils détestent notre pouvoir, ils n’aiment pas la volonté du peuple. Nous vivons cette philosophie depuis l’indépendance à l’exception de quelques rares espoirs. Pauvre classe dirigeante.

Et on se pose la question « pourquoi un burundais arrive-t-il à vouloir gouverner, à occuper une parcelle de pouvoir ? ». De la colline, commune, entité administrative, province, ministère, … est-ce pour une Vision d’un Burundi qu’il pense, qu’il dessine et voudrait voir pour tout le peuple ?

Le Mouvement Orange est désolé de dire que le plus souvent c’est pour occuper la place de quelqu’un qui nous a fait du mal un jour parce qu’on veut lui remettre la monnaie de sa pièce. La motivation est une petite différence ethnique ou partisane, mais elle est suffisante pour mobiliser tous les moyens de vengeance. Dommage pour nous que la vision ne soit pas cette motivation, bien de choses auraient été sauvées.

Durant plus de cinquante ans, on se retrouve dans une série malheureuse de « j’aime et je n’aime plus ». Ceux qui aimaient le pouvoir du Roi, doivent haïr celui de Micombero et ceux qui aimaient ce dernier doivent détester Bagaza, ceux-ci détestent Buyoya, tous ceux là détestent Ndadaye si la notion d’ethnie s’implique, et ainsi de suite. Chacun se dit en tête, ce que je n’ai pas eu sous le royaume je peux l’avoir avec la république, ce que je n’ai pas eu sous les tutsi je peux l’avoir avec les hutu, ce que je n’ai pas eu sous les anciens forces armées burundaises je peux l’avoir avec les rebelles, ce que je n’ai pas eu sous le parti je peux l’avoir avec la société civile, et ainsi de suite. Et personne ne se pose la question de ce qui aura changé pour le pays, seulement pour son groupe et souvent sa famille. Des gens très habiles s’arrangent pour faire partie de tous les pouvoirs « basaba uwimye », ils changent d’identité pour tout devenir. D’autres détestent tous les pouvoirs tant qu’ils n’y ont pas de place, tantôt pour le pouvoir tantôt opposants, et se contredisent après une lune. Tel étant le malheur d’un manque de vision. On sert un pouvoir, on sert un groupe d’intérêt, on sert un individu. On aime aujourd’hui et on déteste demain, on est heureux pour souffrir après, et qui que l’on soit on demeure dans la peur de changement de pouvoir, un pouvoir subjectif selon les sujets.

Chers compatriotes et surtout les jeunes d’esprit et pas nécessairement d’âge, le Mouvement Orange tire votre attention sur l’appartenance groupusculaire. Les groupes passeront mais la Nation restera. Le salut d’une jeunesse passera par une vision nationale commune que les pouvoirs « objectifs » doivent servir et non le contraire. Les individus, les groupes, ne doivent être plus que des acteurs au service d’une vision. Quand les individus et les groupes deviennent la finalité du pouvoir, alors adieu la Vision et plus jamais le développement, bonjour les conflits éternels jusqu’à la mort des compatriotes.

Chers Burundais, chers amis, ne soyons pas surpris de tout ce qui nous arrive, c’est une conséquence logique de notre cupidité. Notre appartenance excessive aux groupes, notre allégeance aux chefs, notre peur d’ouverture, voilà ce qui nous empêchent de concevoir une vision commune. Nous avons pleins d’enfants clairvoyants, des leaders exceptionnels dans nos groupes, mais nous pesons de toute notre méchanceté sur eux en les traitant de bêtes, d’idiots parce que nous avons peur de l’avenir. Or pour croire en l’avenir il faut une vision, tel que le chef se dise je ne suis pas éternel, il y aura un autre chef après moi, je fais la fondation, l’autre fera le mur et le suivant la toiture. Que c’est dommage qu’un pays ait une même longévité que son chef, ohhh Zaïre de Mobutu !!!

Le Mouvement Orange a du pain sur la planche, rien ne sera facile car ces habitudes ont pris racine dans une peur malheureuse des ainés et des jeunes semblent embarqués. Mais fort heureusement le leadership n’a jamais été légion. Réjouissons nous que le temps mettra à nu toutes les forces du mensonge et de bassesse. Le Burundi visionnaire est possible, il est en marche peut importe les antagonismes primaires.


Kwamamaza
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