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Burundi : La charte de l’unité nationale a 22 ans
Publié le 6-02-2013 - à 11:50' par Burundi AG news

Le Burundi vient de fêter l’Unité. Alors que certains Burundais se gargarisent en citant l’ancien dictateur BUYOYA, nommé dernièrement avec l’appui de la France comme le représentant de l’Union Africaine pour le conflit Malien, comme étant un homme de paix car initiateur de la Charte de l’Unité en 1991. Il revient, aux journalistes de remémorer un peu les choses et de poser la question suivante : Quelle est l’origine de cette célébration de l’Unité ?

Il faut remonter fin des années 1980 .. Le dictateur BUYOYA (1) arrive au pouvoir et massacre des dizaines de milliers de BAHUTU Barundi. Nous sommes en 1988 à NTEGA MARANGARA (2). Il s’agit pour ce dernier de rentrer dans la même logique que son oncle Micombero qui disait après le Génocide de 1972, qu’il avait résolu le problème des -enfants du Royaume de l’Urundi- ( soit les Bahutu – dont les Baganwa et les Batutsi - ) pour quelques générations.

A NTEGA MARANGARA , les journalistes sur place découvre l’horreur ! Ce sont des milliers de corps flottant dans les rivières burundaises. Les exilés burundais qui étaient en Europe ou en Amérique (Canada, USA) à cette époque, verront les premières images télévisés d’une barbarie sans nom provenant d’Afrique.

L’allié du dictateur Buyoya, la France, demande que cela cesse et surtout exige quelques temps après que le Burundi se démocratise. Dès lors, le Dictateur Buyoya se lance sur le chemin de la démocratisation forcée. Pour baliser ce processus et ainsi faire perdurer – la République des Bahima Burundais commencée en 1966 – , il met en place une constitution taillée sur mesure.

Mais avant tout cela, pour espérer se faire pardonner des Bahutu Barundi des grands massacres qu’il vient de commettre en 1998 et en 1991, il lance la Charte de l’unité nationale le 5 février 1991.
L’idée pour le Dictateur Buyoya est que ces derniers le plébiscitent aux futures élections annoncées en 1993. En réalité, il n’y a aucun remord de sa part. Il ne s’agit que de calcul électorale.

Voici ce qu’en dit l’Historien Augustin Nsanze dans « Le Burundi contemporain : l’État-nation en question, 1956-2002″ : « Ce que l’on a appelé Amasezerano y’ubumwe bw’Abarundi, en Français Charte de l’unité nationale, faisait partie d’une panoplie de symboles décidés par la Commission chargée d’étudier la question de l’unité nationale : une journée nationale de l’unité, un hymne de l’unité, des monuments et places de l’unité, un ordre national de l’unité, des médailles de l’unité. Il s’avère que tous ces symboles ne pouvaient avoir de sens que si ils se greffaient sur une véritable réconciliation du peuple avec lui-même, c’est- à- dire à la suite de mesures concrêtes visant à éradiquer et bannir toutes les attitudes, comportements et jugements qui, jusque-là, fondaient la légitimation sociale et politique du refus mutuel centré sur l’ethnisme. Bref, après une profonde révolution sociale et politique …

Dans la réalité, le peuple n’était pas concerné par ces mesures. L’élite hutu elle-même n’en tirait aucun bénéfice, dans son ensemble, car sa participation au pouvoir n’était qu’un leurre… En résumé donc, la Charte de l’unité nationale, qui n’était point le résultat d’un consensus national, n’était pas de nature à réconcilier le peuple burundais… (p.272 et p.273)« 
En juin 1993, à la surprise des médias occidentaux ( France et Belgique surtout ), le Dictateur Buyoya perd les élections démocratiques à la faveur de Feu Melchior Ndadaye. Le 21 octobre 1993, Coup d’Etat militaire contre les institutions démocratiques burundaises naissantes ! Feu NDADAYE Melchior, héros national (3),est assassiné par des militaires Bahima Burundais, proches du Major Pierre Buyoya. C’est le début de la première guerre civile burundaise qui durera une décennie.

Le Dictateur BUYOYA ne sortira de l’ombre qu’en juillet 1996, par un autre Coup d’Etat militaire et en mettant fin à la Constitution de 1992. C’est à partir de ce moment qu’il mettra en place des « Camps de Concentration » (4) où près d’un million et demi (1.5 Millions ) de la population burundaise, majoritairement des enfants, des femmes, et des vieux, à l’intérieur du pays, subiront la fougue de cet homme, qui se veut aujourd’hui - un sage parmi les africains - !

Début 1997, avec l’aide des réfugiés – banyamulenge – à l’Est de l’ex-Zaïre, les soldats du Major Buyoya (les Forces Armées Burundaises – FAB) attaqueront les Camps des réfugiés barundi (5)au Sud-Kivu sous la protection du HCR (Nations Unis). Un véritable bain de sang et un réel désastre humanitaire ! Des milliers d’autochtones congolais seront confondus, et exécutés sur place ! Des centaines de milliers parmi ces réfugiés barundi seront obligés de traverser la frontière de leur pays afin de tenter, de rejoindre pour s’exiler à nouveau la Tanzanie.

Beaucoup seront tués en tentant cette aventure. Par ailleurs, selon les Nations Unis, lorsque l’on présente le chiffre de 200 000 victimes pendant la guerre civile burundaise [1993-2003], une grande part du nombre des victimes se comptabilisent à cette période, qui est en même temps celle de la politique des camps de regroupements forcés (4)déjà cité plus haut, qui a elle seule produisait des milliers de victimes tous les mois.

Le Burundi est un ancien royaume millénaire (6) qui a pris fin dès 1966 avec l’arrivée, par Coup d’Etat du dictateur sanguinaire MICOMBERO, l’ « oncle » du Dictateur Buyoya. Pendant près de 40 ans, dans ce petit pays des Grands Lacs, cette famille sera à l’origine de près de 2 millions et demi ( 2.5 Millions )de victimes civils Barundi [ morts ou poussés à l’exil - des réfugiés- (7)], et étrangères (8).

En ce mois de Février 2013, une Commission Nationale Vérité et Réconciliation sera votée par le Parlement Burundais pour être mis en place par la suite. Des associations burundaises de victimes (ou fils et filles, petits fils et filles de ces derniers) traumatisées souhaitent que le criminel ex dictateur BUYOYA, devenu un sage pour la Francophonie et la France, puissent être mis face à face avec ces victimes et à leurs familles. Les victimes voudraient aussi que les députés burundais puissent changer des symboles de tous les jours , comme des noms de rues ou de places ; ou encore le drapeau nationale aux 3 étoiles de Micombero etc. Cela aiderait énormément à pouvoir se reconstruire …

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

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Witandukira kubijyanye n'iyi nkuru; wikwandika ibisebanya, ibyamamaza cyangwa bivangura; wikwandika ibiteye isoni,
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