Anders Behring Breivik est-il traité de façon...

Publié par Olga Ishimwe
Le 1er mars 2017 à 01:48
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Anders Behring Breivik est-il traité de façon inhumaine en prison ? La justice norvégienne se prononce de nouveau ce mercredi sur les conditions de détention du tueur d’extrême droite qui avait obtenu l’an dernier la condamnation de l’État norvégien pour "traitement inhumain".

Dans une décision qui avait stupéfié survivants et proches des 77 victimes tuées par Breivik en 2011, un tribunal de première instance avait conclu en avril 2016 que la Norvège violait les droits de l’Homme. La juge avait en particulier pointé l’isolement prolongé de l’extrémiste, maintenu à l’écart des autres détenus, ce qui nuit à sa santé mentale, selon son avocat.

L’État avait fait appel. En janvier, lors d’un nouveau procès délocalisé dans la prison de Skien (sud) où Breivik est incarcéré, ses représentants avaient justifié ce régime carcéral très strict par la dangerosité du tueur et fait valoir les mesures adoptées pour compenser son isolement, notamment ses conditions de détention "douillettes" et ses multiples interactions avec les surveillants et un visiteur de prison.

Le 22 juillet 2011, déguisé en policier, Breivik avait traqué pendant plus d’une heure les participants à un camp d’été de la Jeunesse travailliste, piégés sur l’île d’Utøya, et abattu 69 d’entre eux, pour la plupart des adolescents. Un peu plus tôt, il avait tué huit personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo.

L’auteur des crimes les plus sanglants de l’histoire norvégienne d’après-guerre, qui accusait ses victimes de faire le lit du multiculturalisme, a été condamné en août 2012 à une peine de 21 ans susceptible d’être prolongée indéfiniment.

Comme par le passé, l’extrémiste aujourd’hui âgé de 38 ans n’a exprimé aucun remords en janvier pendant le procès en appel sur ses conditions de détention, qu’il a ouvert avec un provocateur salut hitlérien.

Mais ses gestes et déclarations ne recueillent désormais qu’un écho limité en Norvège, nation paisible et prospère qui cherche à refermer ce chapitre douloureux de son histoire. Survivants et proches de victimes tentent le plus souvent d’ignorer celui qu’ils appellent simplement "le terroriste".

- ’Prisonnier VIP’ -

Pendant l’examen de l’appel, le Procureur général chargé de représenter l’État, Fredrik Sejersted, avait décrit un "prisonnier VIP", en bonne santé physique et psychologique, supportant très bien son régime carcéral.

En prison, celui-ci dispose de trois cellules de plus de 10 m2 chacune, certaines avec vue et toutes richement équipées avec entre autres téléviseurs, jeux vidéo et appareils de musculation.

"Ses conditions de détention sont meilleures que celles d’autres prisonniers", avait affirmé M. Sejersted. "Il n’existe aucun autre prisonnier qui puisse discuter et jouer à des jeux avec le personnel pénitentiaire deux heures par jour", avait-il souligné, rejetant la notion même d’isolement.

L’avocat de Breivik avait au contraire assuré que cet isolement pesait sur son état psychologique.

"Cet homme est-il en bonne santé dans le sens commun ?", avait lancé Øystein Storrvik dans une plaidoirie peu flatteuse pour l’ego de son client. Sa "santé mentale ne semble pas bonne à mes yeux", avait-il affirmé, en voulant pour preuve le contenu inapproprié de ses lettres et son insensibilité persistante face à ses crimes.

Mercredi, la Cour d’appel d’Oslo doit donc dire si ses conditions de détention sont contraires à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui bannit tout traitement "inhumain" ou "dégradant", comme l’avait estimé la juge en première instance.

Les trois magistrats devront aussi se prononcer sur un autre point, soulevé celui-ci par Breivik, qui estime que la Norvège viole aussi l’article 8 de la Convention garantissant le droit à la vie privée, en exerçant un contrôle étroit de sa correspondance avec l’extérieur.

L’État avait obtenu gain de cause en première instance, faisant valoir que Breivik restait un homme dangereux qui cherche toujours à propager son idéologie et à tisser un réseau d’extrême droite.

Le jugement est attendu par écrit à 12H00 (11H00 GMT).

Avec france24.fr


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