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A plus de deux cents Kilomètres de Bukavu, le Dr Mukwege accuse le M23 de viol de femmes
Publié le 5-01-2013 - à 12:13' par Jovin Ndayishimiye

Invité par France 24 de ce 5 janvier 2013, le Docteur Mukwege, gynécologue traitant les femmes et filles victimes de sévices sexuelles dans la région de Bukavu en Province du Sud Kivu, se prête à une question orientée par le journaliste qui, abruptement, lui demande d’affirmer si les combattants du M23 participent aux viols de femmes qu’il soigne. Ne sachant comment échapper à la question, « ils en font partie », répond-il sans convaincre.

Se demandant très rapidement comment justifier cette répartie, « vous savez, ces combattants du M23 font partie des groupes qui ont toujours existé durant ces 10 dernières années », a-t-il ajouté.

Le journaliste de France 24 qui l’interviewe veut prolonger les accusations contre le M23 sur les prétendus viols de femmes telles que contenues dans le rapport d’experts onusiens.

La quête pour la validation du rapport onusien

La presse internationale est assez partiale. On dirait que les journalistes occidentaux sont briefés et payés par leurs Etats pour garder un point de vue jamais inchangé, celle d’emboîter le pas aux volontés des régimes de leurs pays.

En effet, il y va des intérêts géostratégiques de leurs Etats.
Pourtant le Dr ne comprend rien à ce charabia. Il est guidé par des sentiments humanistes. Il souffre avec son peuple. Il est venu en Occident quoique sous le paravent de "quelqu’un qu’on a voulu faire taire en me menaçant de mort" mais en réalité, c’était pour sonner l’alerte sur le drame qui se déroule dans sa province, sur une sorte de conspiration du silence autour des crimes sexuels commis comme arme de la guerre.

« Les viols sexuels commis sur les femmes sont une arme de guerre. Une femme est violée en présence de son mari et de ses enfants. Souvent les voisins sont aussi invités à y participer pour qu’ils comprennent que leur tour va arriver. En conséquence, devant cet opprobre, le mari déshonoré fuit le village et toute la famille suivra. C’est ainsi qu’on voit l’exode de tout un village pour faire oublier ce déshonneur », rapporte si bien le Docteur Mukwege de l’Hôpital de Panzi-Bukavu, Chef lieu de la province du Sud Kivu en RDC.

"Dans ces localités du Sud kivu dont Walungu, Ngweshe, Kabare, Mwenga Shabunda, on été élus repaires des Interahamwe qui n’hésitent meme pas, en plus des viols, de tuer des pretres qui osent precher contre de telles violences sexuelles faites aux femmes et petites filles. Il y a meme des séminaires qui ont été fermés dans ces localités-là", affirme Papy qui a fui une de ces localités pour s’établir à Bukavu.

En effet, les localités minières avec principalement le coltan auxquelles il fait allusion sont occupées et dument contrôlées par les FDLR rwandaises /Forces Démocratiques de Libération du Rwanda

Dans son documentaire sur ‘Le Viol comme arme de guerre’ de ARTE sorti en 2007, l’auteur décrit ces exactions sexuelles commises par des mouvements armés commandés par les FDLR et par les éléments des FARDC. Le souci était-il en ce moment-là pour les FDLR de pouvoir occuper sans partage ce terrain du Sud Kivu, en faire une base arrière ?

« Le documentaire de la réalisatrice allemande Susanne Babila, "Le viol, une arme de guerre au Congo, permet de passer des mots aux images.

Il atteste d’une situation où la Monuc (Mission des Nations Unies au Congo) reste impuissante, où les aides médicales et psychologiques sont insuffisantes, et où les suites judiciaires semblent inexistantes en dehors du recensement des victimes.

La présence de minerais rares (or, mais aussi coltan et cassitérite qui entrent dans la composition des téléphones portables) avivent les trafics illicites et la circulation de divers groupes armés.

Le groupe "Rasta" qui oeuvre pour le compte des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les FDLR elles-mêmes, et parfois des hommes de l’armée (FARDC) et de la police congolaises, sont désignés comme les auteurs présumés de ces viols systématiques, quand ils ne s’accompagnent pas de meurtres d’enfants ou d’enlèvements », écrivait alors la Congolaise Dunia Sendwe sur son Afrika Blog du 27 novembre 2007.

Depuis lors, ces violences sexuelles n’ont pas discontinué au point que les « femmes violées et autres petites commerçantes ambulantes faisant circuler les tomates et autres fruits ont cotisé pour me payer un ticket d’avion afin de me rendre en Occident pour dénoncer ces crimes sexuels qui se rééditent au quotidien  », déclare Dr. Mukwege au journaliste de France 24 montrant que ne pas retourner à Bukavu serait condamner avec toute l’ingratitude ces femmes qu’il soigne et qui le prennent pour un sauveur.

La ville de Bukavu est à des centaines de kilomètres de l’actuel théâtre de guerre FARDC-M23.

Les hôpitaux de Goma ne se sont jamais plaints des sévices commis sur les femmes autant que ces «  hymen, périnées de petites filles voire de 2 ans des localités du Sud Kivu déchirés sans aucun espoir de les recoudre  », d’après Dr Mukwege qui vient de lancer un alarme à la Communauté internationale pour qu’elle comprenne la tragédie qui se déroule dans cette partie sud de l’Est de la RDC

Géostratégies tournées vers le Nord Kivu

La Communauté internationale, elle, a déjà décidé que le grand danger vient du Nord Kivu.

Du reste, les FDLR qui sévissent dans les viols sexuels au Sud Kivu sont aussi présentes au Nord mais cette fois-ci en formation militaire de combat au côté des Forces Armées de la RDC.

Qui est l’ennemi à abattre ? Devinez-le et dites-moi si cette Communauté internationale qui fait un silence complet sur les FDLR, véritable cause profonde du mal qui attaque les Congolais veut vraiment du bien à cette Afrique-ci ?

Elle en a décidé autrement. Elle privilégie les enjeux géostratégiques aux intérêts du vivre tranquille des populations des Grands Lacs et de la reconnaissance de nationalité égale pour tous.

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

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