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A Luanda, un sommet pour entériner l’accord politique de Kinshasa
Publié le 27-10-2016 - à 13:45' par IGIHE

Le sommet sur la RDC s’est achevé mercredi soir à Luanda. les chefs d’Etat africains de la sous-région des Grands Lacs et de la SADC ont apporté leur soutien à l’accord qui entérine le report des élections à 2018 au lieu de 2016 et qui maintient Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son mandat jusqu’au prochain scrutin. L’opposition radicale en RDC espérait que les chefs d’Etats africains encourageraient Joseph Kabila à aller plus loin dans son dialogue avec l’opposition. Mais, au contraire, c’est un plébiscite que Joseph Kabila a obtenu auprès de ses pairs à Luanda.

En se rendant à Luanda, le président Joseph Kabila cherchait à décrocher le soutien de ses pairs. Une approbation des chefs d’Etat de la région pour combler le déficit de popularité de son dialogue. Les principales forces de l’opposition l’ont boycotté. Même l’église catholique a fini par quitter la table des négociations faute d’inclusivité.

Obtenir le soutien de la région est une façon aussi de contrecarrer la pression des Etats-Unis et de l’Union européenne, très critiques de la feuille de route adoptée à Kinshasa. L’UE a appelé à ce que le délai de la transition soit raccourci avec des élections au plus tard en 2017, à plus de clarté aussi sur les intentions de Joseph Kabila après la fin de son mandat le 19 décembre. La menace de sanctions a même été brandie.

Soutien sans faille

Au final Joseph Kabila a obtenu à Luanda le soutien sans faille qu’il attendait : félicité pour avoir organisé un dialogue avec l’opposition, satisfecit aussi sur la signature d’un accord politique et sur les mesures prises par le pouvoir pour restaurer la confiance avec l’opposition. L’unique demande qui était faite au pouvoir, celle de prendre de nouvelles mesures pour que le dialogue soit plus inclusif, a même été retirée du communiqué final. Une exigence martelée par la communauté internationale mais aussi l’Eglise catholique. Elle a donc disparu de la déclaration finale.

Reste la condamnation des violences du 19 et 20 septembre comme seule critique formulée. Mais le président angolais José Eduardo dos Santos, qui accueillait le sommet, avait donné le ton : « Les négociations ont culminé avec succès ». « Et dans l’interêt de tous » avait-il dit dans son discours inaugural, insistant sur l’importance du dialogue comme seul moyen valable de surmonter les crises.

Appel à la patience

C’est l’opposition que le président angolais Jose Eduardo dos Santos a sermonné en les appelant à la patience « Il vaut mieux attendre quelques mois de plus pour faire des élections dans de bonnes conditions » (…) « plutôt que de se lancer sur les chemins incertains de la violence ».

Pas de critique sur le report d’un an et demi des élections, ni le fait que Joseph Kabila reste au pouvoir jusqu’à la prochaine élection. Deux éléments mentionnés dans son discours. On est donc loin de la position de l’Union européenne. Bien loin aussi des demandes des poids lourds de l’opposition congolaise d’ouvrir un nouveau dialogue et d’une transition sans Joseph Kabila.

■ Réactions

Pour la majorité, ce n’est que justice après les efforts déployés par le chef de l’Etat. « Ce n’est qu’une juste récompense des efforts persévérants et souvent injustement récompensés du président Kabila pour consolider la démocratie dans notre pays et favoriser la cohésion nationale, a réagi André-Alain Atundu, porte-parole de la majorité. (...) Il mérite vraiment cette reconnaissance de la part de ses pairs pour tous ses efforts, pour toutes ses nuits blanches, pour tous ces kilomètres avalés pour mettre les Congolais ensemble. Et j’espère surtout que le Rassemblement saura répondre à cet appel de la raison et saura enfin se racheter parce qu’il a envoyé un message ambigu à l’Afrique en déniant à l’Union africaine le leadership dans la conduite des affaires sur notre continent. »

Si pour beaucoup ces propos montrent un soutien sans faille au président Kabila, pour Christophe Lutundula, vice-président du mouvement d’opposition G7, c’est loin d’être aussi clair. « Nous aurions souhaité que ce communiqué soit plus clair, admet-il. Néanmoins, je ne vois nulle part la mention faite aux élections en 2018, aux mandats... Toutes ces questions ne sont pas abordées. Ça signifie qu’il n’y a pas un appui explicite et que dans tous les cas le dernier mot revient au peuple congolais. »

Pour les mouvements citoyens, en revanche, ces félicitations adressées au président Kabila sont une déception. Ils avaient demandé aux chefs d’Etat réunis à Luanda comme à toute la communauté internationale de rejeter cet accord qui prolonge le mandat du président Kabila au-delà des délais constitutionnels et qui surtout reporte les élections au plus tôt à avril 2018. Pour autant ils ne sont pas vraiment surpris du message de ce sommet. « Quelles sont les personnes qui sont autour de la table ? C’est des chefs d’Etat qui ont soit modifié les Constitutions dans leurs pays respectifs, soit c’est des chefs d’Etat qui sont là au pouvoir depuis 25, depuis 30 ans, depuis 32 ans pour certains. Alors il n’y a rien de bon qui pouvait sortir de ces chefs d’Etat là, note Godefroy Mwanabwato, militant de la Lucha. Ça ne nous surprend pas, mais nous restons dans notre rôle de tirer la sonnette d’alarme et de les avertir qu’ils sont en train de mener la République démocratique du Congo vers une pente dangereuse. »

Avec rfi.fr


Kwamamaza
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