Réactions fermes à l’article : « Interprétations du pardon demandé par l’Eglise catholique ; Ibuka table sur la confiance retrouvée »
Publié le 27-11-2016 - à 23:04' par Willy Fabre

Accusations graves de complicité de l’église catholique rwandaise dans la genèse du génocide des Tutsi de 1994 :

1- Voir en annexe 1, et plus particulièrement en gras en page 2, le mandement de Carême de Mgr André PERRAUDIN du 11 février 1959, lu dans toutes les églises du Rwanda ; ce mandement est le ferment indiscutable qui a mis le feu au Rwanda ; en voici l’extrait scandaleux :

« Dans notre Ruanda, les différences et les inégalités sociales sont, pour une grande part, liées aux différences de races, en ce sens que les richesses d’une part, et le pouvoir politique et même judiciaire d’autre part, sont en réalité en proportion considérable entre les mains des gens d’une même race. Cet état de chose est l’héritage d’un passé que nous n’avons pas à juger. Mais il est vrai que cette situation de fait ne répond plus aux normes d’une organisation saine de la société ruandaise et pose aux Responsables de la chose publique des problèmes délicats et inéluctables.

Nous n’avons pas, comme évêque représentant l’Eglise dont le rôle est surnaturel, à donner ni à proposer à ces problèmes des solutions d’ordre technique, mais il Nous appartient de rappeler, à tous ceux, autorités en charge ou promoteurs de mouvements politiques, qui auront à les trouver, la loi divine de la justice et de la charité sociales.

Cette loi demande que les institutions d’un pays soient telles qu’ elles assurent réellement à tous ses habitants et à tous les groupes sociaux légitimes, les mêmes droits fondamentaux et les mêmes possibilités d’ascension humaine et de participations aux affaires publiques. Des institutions qui consacreraient un régime de privilèges, de favoritisme, de protectionnisme, soit pour des individus soit pour des groupes sociaux, ne seraient pas conformes à la morale chrétienne...

C’est ce texte purulent fut à l’origine de la fameuse et inoubliable Toussaint 1959 où plus de 15.000 hommes tutsi furent massacrés et qui poussa des dizaines de milliers hommes, femmes et enfants à fuir vers les pays limitrophes, et ce principalement le Congo, l’Ouganda et le Burundi.

Mgr André PERRAUDIN est bien incontestablement directement responsable de ce massacre et ce indéniablement comme auteur.

2- La révolution sociale rwandaise initiée par le « manifeste des bahutu » du 24 mars 1957 et suivie du référendum du 25 septembre 1961

Le terrible manifeste en question fut co-rédigé par Grégoire KAYIBANDA qui était à l’époque secrétaire particulier de Mgr André PERRAUDIN. Ensuite les colonisateurs belges, sous l’influence manifeste de l’église catholique rwandaise, organisèrent un référendum des plus discutables, afin de modifier la structure politique existante de monarchie du Rwanda en République rwandaise. Et le 26 octobre 1961, le Rwanda devint une république avec comme président élu le fameux et illustre Grégoire KAYIBANDA. Comme par hasard, cet individu, cet extrémiste hutu archi connu, initialement secrétaire particulier de Mgr André PERRAUDIN, devint président du Rwanda. Il faut oser le faire. Cela prouve à suffisance le pouvoir de l’église catholique qui donc est le responsable le plus important dans le changement de la structure politique du Rwanda.

3- Lorsque débuta le génocide des Tutsi le 7 avril 1994, l’Eglise catholique rwandaise a participé activement au génocide par son silence et ceci est indiscutable voire indéniable. Compte tenu de sa puissance au sein du Rwanda (un réel Etat dans l’Etat) l’église catholique rwandaise avait le pouvoir et le devoir de prendre position et de le clamer haut et fort, dans toutes les églises du pays, d’arrêter séance tenante le processus de génocide. Ce qu’elle n’a pourtant pas concrétisé, et ce tout au long des 100 jours du génocide auquel le FPR a heureusement pu mettre fin le 4 juillet 1994.

4- Nous ne pouvons oublier le fameux et fumeux évêque de GIKONGORO, Mgr Augustin MISAGO, responsable par son silence, de l’assassinat de 45.000 personnes dans l’école de MURAMBI dont il avait la charge. Il est cependant décédé en toute quiétude le 12 mars 2012 après 14 mois de détention préventive. Il fut libéré après de graves menaces voire de sérieuses pressions effectuées par le Vatican.

5- N’oublions pas les 23 aumôniers militaires rwandais, exfiltrés vers le Vatican (où ils résident toujours à notre connaissance), et ce peu après la fin du génocide, à partir de GOMA où ils s’étaient repliés, exfiltrés par le puissant ordre OPUS DEI. Ceci fut publié et révélé par la revue catholique française de gauche de GOLIAS en avril 1999 avec pour titre non équivoque « Honneur perdu de l’Eglise ». Voir pour plus détails, l’annexe 2 dont voici un extrait :

Compromission. Rappelant que c’est tout de même un haut responsable père blanc, Johan Pristill, qui a traduit Mein Kampf en rwandais, la revue estime que la compromission de l’Eglise est telle que le pape doit faire repentance à l’occasion du jubilé. En 1994, le cardinal Roger Etchegarray, président de la commission pontificale Justice et Paix, a prévenu le clergé rwandais : « Concentrez toutes vos forces pour atteindre une paix à votre portée. C’est votre dernière chance. » Un an plus tard, l’hécatombe prouva, comme l’écrit Golias, « qu’à trop fréquenter le mess, les aumôniers militaires ont oublié le sens du sacrifice de la messe. Du génocide à l’exil, ils sont devenus des soldats perdus de l’Eglise ».

6- Qu’à présent, ce 21 novembre 2016, l’église catholique rwandaise tente d’abuser le public par ses excuses (et non une demande de pardon !!! la différence est ENORME) pour ses membres qui ont failli à leurs missions, est une tentative de manipulation de l’opinion en rejetant les responsabilités sur ses ministres défaillants.

C’est pourtant bien elle qui a la charge et la responsabilité de ses membres, ce qu’elle refuse pourtant d’admettre. Les nombreuses réactions des organisations civiles, du gouvernement rwandais ainsi que des nombreux rescapés, et du public en général, montre à suffisance que personne n’est dupe de cette lamentable supercherie.


Annexe 1
Extraits du mandement de Carême de Son Exc. Mgr. A. Perraudin.

(F. Nkundabagenzi,RWANDA POLITIQUE 1958-1960, (pp.54-5)
Qui est Mgr. André Perraudin ?
Kabgayi, 11 février 1959.

...Il y a aussi dans notre cher Ruanda, comme dans beaucoup d’autres pays du monde, divers groupes sociaux. La distinction de ces groupes provient en grande partie de la race mais aussi d’autres facteurs, comme la fortune et le rôle politique ou la religion. Il y a des Africains, des Européens et des Asiatiques. Parmi les Africains, il y a les Batutsi, les Bahutu et les Batwa, il y a des riches et des pauvres, et des cultivateurs ; il y a des commerçants et des artisans ; il y a des catholiques et des protestants, des hindous et des musulmans et il y a encore beaucoup de païens, il y a les Gouvernants et les Gouvernés.

Pour le moment, le problème est surtout agité à propos des différentes races entre Ruandais.

Cette diversité de groupes sociaux et surtout de races risque chez nous de dégénérer en divisions funestes pour tout le monde. Chers Chrétiens du Ruanda, Nous faisons appel à votre bon sens et à votre charité pour que Dieu nous épargne ce malheur.

Nous sommes sûr que Notre appel, inspiré uniquement par l’ amour que Nous portons à tous et à chacun de Nos enfants, à quelque groupe qu’ils appartiennent, trouvera un écho fidèle et généreux dans vos coeurs de chrétiens. Nous désirons cependant vous éclairer sur ce sujet car dans le pays commencent à se répandre toutes sortes d’idées dont beaucoup ne sont pas conformes à l’enseignement de l’ Eglise.

Constatons d’abord qu’il y a réellement au Ruanda plusieurs races assez nettement caractérisées bien que des alliances entre elles aient eu lieu et ne permettent pas toujours de dire à quelle race tel individu appartient. Cette diversité de races dans un même pays est un fait normal contre lequel d’ailleurs nous ne pouvons rien. Nous héritons d’un passé qui ne dépendait pas de nous. Acceptons donc d’être plusieurs races ensemble et essayons de nous comprendre et de nous aimer comme des frères d’un même pays.

Toutes les races sont également respectables et aimables devant Dieu
Chaque race a ses qualités et ses défauts. Personne d’ailleurs ne peut choisir de naître dans un groupe plutôt que dans un autre. Il est injuste par conséquent, et contraire à la charité, de faire grief à quelqu’un d’appartenir à telle ou telle race, et surtout de le mépriser à cause de sa race.

La solution, même purement naturelle, est que, des gens appartenant à des races différentes s’entendent et s’harmonisent surtout si, par le jeu de l’histoire, ils habitent côte à côte sur le même territoire....

Dans notre Ruanda, les différences et les inégalités sociales sont, pour une grande part, liées aux différences de races, en ce sens que les richesses d’une part, et le pouvoir politique et même judiciaire d’autre part, sont en réalité en proportion considérable entre les mains des gens d’une même race. Cet état de chose est l’héritage d’un passé que nous n’avons pas à juger.

Mais il est vrai que cette situation de fait ne répond plus aux normes d’une organisation saine de la société ruandaise et pose aux Responsables de la chose publique des problèmes délicats et inéluctables.

Nous n’avons pas, comme évêque représentant l’Eglise dont le rôle est surnaturel, à donner ni à proposer à ces problèmes des solutions d’ordre technique, mais il Nous appartient de rappeler, à tous ceux, autorités en charge ou promoteurs de mouvements politiques, qui auront à les trouver, la loi divine de la justice et de la charité sociales.

Cette loi demande que les institutions d’un pays soient telles qu’ elles assurent réellement à tous ses habitants et à tous les groupes sociaux légitimes, les mêmes droits fondamentaux et les mêmes possibilités d’ascension humaine et de participations aux affaires publiques. Des institutions qui consacreraient un régime de privilèges, de favoritisme, de protectionnisme, soit pour des individus soit pour des groupes sociaux, ne seraient pas conformes à la morale chrétienne...

La morale chrétienne demande à l’Autorité qu’Elle soit au service de toute la communauté et non pas seulement d’un groupe, et qu’Elle s’attache avec un particulier dévouement et par tous les moyens possibles au relèvement et au développement culturel, social et économique de la masse de la population.

L’Eglise est contre la lutte des classes entre elles, que l’origine de ces classes soit la richesse ou la race ou quelque autre facteur que ce soit, mais elle admet qu’une classe sociale lutte pour ses intérêts légitimes par les moyens honnêtes, par exemples, en se groupant en associations. La haine, le mépris, l’esprit de division et de désunion, le mensonge et la calomnie sont des moyens de lutte malhonnêtes et sévèrement condamnés par Dieu. N’écoutez pas, chers Chrétiens, ceux qui, sous prétexte d’amour pour un groupe, prêchent la haine et le mépris d’un autre groupe...
A. PERRAUDIN,
Vicaire apostolique de Kabgayi.


Annexe 2
La filière française des prêtres rwandais. Selon « Golias », l’Eglise protège des abbés impliqués dans les massacres.
Par Daniel LICHT — 2 avril 1999 à 00:33
• La filière française des prêtres rwandais. Selon « Golias », l’Eglise protège des abbés impliqués dans les massacres.

L’Eglise catholique romaine est impliquée dans une opération de protection de prêtres rwandais soupçonnés de crimes lors du génocide il y a cinq ans. C’est ce qu’affirme la très critique revue catholique Golias, dont les révélations sont publiées aujourd’hui.

Une enquête de trente pages, fruit de plusieurs mois d’investigations et de collations de témoignages, grâce auxquelles le mensuel édité à Lyon démontre l’existence d’un vaste réseau, depuis Kigali via Rome et Paris puis les différents diocèses belges, français et italiens, dans lesquels une soixantaine de prêtres ont été exfiltrés.

Le tout avec la bénédiction, entre autres, de certains Pères Blancs, ordre missionnaire implanté de longue date au Rwanda, où il a formé nombre d’élites politiques qui ont toujours gardé des liens étroits avec l’Eglise catholique locale. Et Golias de rappeler un courrier confidentiel de 1986 dans lequel le président Rwandais Habyarimana demande à l’évêque Joseph Ruzindana, président de la Conférence épiscopale, de mettre à sa disposition « trois prêtres pour continuer à étoffer progressivement l’aumônerie des Forces armées rwandaises ».
« Soldats perdus de l’Eglise ».

Parmi ceux que Golias qualifient de « soldats perdus de l’Eglise », l’abbé Martin Kabalira, réfugié en France et nommé dans une paroisse à Luchon (Haute-Garonne), une région où s’active l’Association des amis du Rwanda, en faveur des proches de l’ex-dictature. Nombre de témoins, dont des religieuses, l’accusent d’exactions. « Je suis content que les gens qui m’accusent soient en vie », répond aujourd’hui le prêtre, qui arbore une amnésie totale.

Un exemple parmi d’autres que Golias met en parallèle avec le cas de l’abbé Wenceslas Munyeshyaka, curé de la Sainte-Famille à Kigali, lui aussi réfugié en France et objet de plaintes de plusieurs familles qui l’accusent de crimes contre l’humanité. Relents de « ratlines ». « Même attitude de dénégation, même réseau de soutien dans la hiérarchie de l’Eglise ["]

Les aumôniers génocidaires peuvent compter sur la mansuétude d’une institution peu encline à l’autocritique », constatent les enquêteurs de Golias, qui estiment avoir mis au jour un réseau d’exfiltration aussi efficace que les fameuses ratlines (filières des rats) dont certains criminels nazis ont profité au Vatican pour rejoindre l’Amérique du Sud. « Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas le Vatican qui nous évacue. Les amis vous donnent de l’argent ["]

Pour le reste, c’est à vous de faire des plans. Ils sont comme des passeurs », explique Martin Kabalira à Golias, qui constate « que le père Martin savait en fait user de son autorité pour se faire entendre des militaires ».

De fait, selon Golias, c’est grâce à une entreprise organisée, discrète mais efficace, que ces prêtres accusés de complicité de génocide ont trouvé asile en France. La revue met directement en cause l’archevêché de Paris, dont le vicaire épiscopal, après recommandation de Pères Blancs, était chargé d’instruire les dossiers de régularisation avant de trouver un point de chute dans le diocèse de Toulouse, dirigé par l’archevêque Emile Marcus.

Si le vicaire épiscopal qui s’est occupé du cas de l’abbé Kabalira refuse aujourd’hui de s’exprimer sur ce sujet, l’archevêché de Toulouse est plus disert : « Golias ferait mieux d’écrire des romans policiers, explique-t-on dans l’entourage de l’archevêque. On a accueilli ce prêtre parce qu’on a estimé qu’il était mieux à sa place dans une paroisse que dans un camp de réfugiés. Si la justice lui demande des comptes, nous réviserons les modalités de notre accueil, mais pas le principe. »

Le moment de rendre des comptes pourrait être imminent. Citant des sources diplomatiques, la revue affirme que la justice rwandaise a délivré quatre mandats d’arrêt internationaux pour crime contre l’humanité à l’endroit d’abbés réfugiés en Europe" « Toutes ces accusations sont injustifiées », s’indigne Gérard Chabon, père blanc, supérieur de la communauté en France.

Compromission.

Rappelant que c’est tout de même un haut responsable père blanc, Johan Pristill, qui a traduit Mein Kampf en rwandais, la revue estime que la compromission de l’Eglise est telle que le pape doit faire repentance à l’occasion du jubilé. En 1994, le cardinal Roger Etchegarray, président de la commission pontificale Justice et Paix, a prévenu le clergé rwandais :

« Concentrez toutes vos forces pour atteindre une paix à votre portée. C’est votre dernière chance. »

Un an plus tard, l’hécatombe prouva, comme l’écrit Golias, « qu’à trop fréquenter le mess, les aumôniers militaires ont oublié le sens du sacrifice de la messe. Du génocide à l’exil, ils sont devenus des soldats perdus de l’Eglise ».
Daniel LICHT


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Commentaires

Abandika nka Hitler (Mein Kampf) amaherezo baziyahura nka we. Uyo Johan Prislill Ari mu Bahemu bahemukiye Inkuru nziza ya Yezu-Christ, ntabwo arivyo Yezu yari yabatumye.

Répondre29.11.2016 à 14:06
Müller

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