L’heure de la fragmentation des Etats issus d’une Afrique mal décolonisée
Publié le 24-12-2012 - à 14:51' par Ntarugera Deo Koya

On est habitué à entendre dire depuis 1963, surgissement de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) à Addis Abeba, que les frontières héritées de la colonisation sont intangibles. C’est le fameux principe de l’article 3 de l’OUA, repris par l’Union africaine (UA) en 2002, quand fut asséné le dernier coup de grâce à l’OUA qui fut certifiée morte en cette année.

Depuis l’an 2002, cette fameuse intangibilité a été violée par deux fois : le soudan a été divisé en deux. Le mali est coupé en deux depuis peu. Dans un cas, il y a eu légalité : le Soudan ; dans l’autre, on nous prouve peu à peu qu’il y a légitimité : le Mali.

Qui peut deviner le prochain Etat africain à passer à l’exercice de la division territoriale ? Il y a beaucoup trop de marabouts au Sénégal et au Congo Kinshasa— au Rwanda il n’y en a plus- la christianisation y a été féroce. Ces marabouts pourront nous dire quel est le tout prochain état africain à passer au charcutage.

L’intangibilité des frontières cède aujourd’hui le pas à la divisibilité des territoires soi-disant nationaux. Les Etats africains modernes, en effet, gardent en général cet aspect de vastes prisons qu’ils étaient du temps non encore lointain où ils étaient des territoires coloniaux.

Ceci est tant vrai, qu’à certains égards c’est un euphémisme que de les appeler des Etats indépendants et souverains. Le vaste empire de Léopold II, le fameux Etat indépendant du Congo, n’était-il pas déjà une vaste prison ou sévissait l’esclavage, le génocide d’avant la lettre, le travail forcé et la terreur au superlatif ?

Balkanisation ou fragmentation du géant Congo ?

Le Président Kabila et sa coterie clament sur les toits que leur "grand Etat léopoldien au cœur de l’Afrique" est menacé de balkanisation.

A force de la dire et la redire, la clamer et la surclamer, cette balkanisation semble devenir peu à peu une réalité, un peu comme pour avoir été augurée tambours battant.

Vous nommez une chose ? La voilà donc qui vient au galop, cette balkanisation de l’inénarrable Congo que des analystes politiques et des politologues fort avisés appellent depuis longtemps non un pays, mais plutôt
« expression géographique » ou « une dangereuse jungle aux dimensions continentales ».

Sur l’échiquier territorial congolais, deux Etats sécessionnistes se sont constitués en 1960 : Le Katanga et le Kasai, leurs chefs respectifs étant Moise Tshombé et Mulopwe Kalonji. La province du Bas-Congo est en état de sécession larvée depuis toujours.

Les derniers soubresauts que Joseph Kabila a difficilement réprimés ne sont pas la première expression de la volonté de sécession des peuples de cette province qui ont de bonnes raisons de se considérer comme plus policés que les tribus du Bandundu et de l’Equateur.

Si, à l’indépendance du Congo belge en 1960, Joseph Kasavubu a été élu Président de la République démocratique du Congo par consensus parlementaire (et non au suffrage universel comme le Premier Ministre Patrice Emery Lumumba), c’était précisément pour conjurer la sécession de la province du Bas-Congo qui était autrement inévitable.

Quant aux provinces du Kivu, il n’y a jamais eu d’élans sécessionnistes. Si les gens ont commencé à parler confusément de « la République du Kivu » depuis le milieu des années 1990, c’est parce que le président Sarkozy disait il y a peu que le Congo et le Rwanda devraient faire un partage de ressources naturelles de l’Est du Congo.

Commentaires

ANDIKA ICYO UTEKEREZA KURI IYI NKURU

AMATEGEKO AGENGA IYANDIKA RY'IGITEKEREZO CYAWE:
Witandukira kubijyanye n'iyi nkuru; wikwandika ibisebanya, ibyamamaza cyangwa bivangura; wikwandika ibiteye isoni,
Wifuza kubona byihuse ibivugwa/ibisubizo ku gitekerezo cyawe, andika email yawe ahabugenewe.
Igitekerezo cyawe kigaragara nyuma y'isuzuma rikorwa na IGIHE.com
Ibi bidakurikijwe igitekerezo cyanyu gishobora kutagaragara hano cyangwa kigasibwa, Murakoze!