Un statut peu reluisant de la question des infrastructures et loisirs culturels au Rwanda

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 6 août 2014 à 09:38

Depuis l’an 2000, le Rwanda enfourche un train rapide de développement quasi insoutenable pour les citoyens rwandais vautrés dans la culture de la paresse due à l’économie de subsistance qui prévalait sous les régimes précédents.
On peut avancer sans risque de se tromper que, depuis longtemps, il a manqué une volonté politique mettant l’accent sur la promotion de la culture et conséquemment, sur l’épanouissement du citoyen rwandais.
La situation risque d’être la même sous l’actuel régime qui donne grande (...)

Depuis l’an 2000, le Rwanda enfourche un train rapide de développement quasi insoutenable pour les citoyens rwandais vautrés dans la culture de la paresse due à l’économie de subsistance qui prévalait sous les régimes précédents.

On peut avancer sans risque de se tromper que, depuis longtemps, il a manqué une volonté politique mettant l’accent sur la promotion de la culture et conséquemment, sur l’épanouissement du citoyen rwandais.

La situation risque d’être la même sous l’actuel régime qui donne grande liberté aux investisseurs d’entreprendre leurs affaires dans les domaines de leur choix, sans jamais les forcer à entrer sur cette plate bande de la culture et développer ainsi la consommation de différents produits culturels dans le pays.

En effet, comme l’investisseur privé vise des profits immédiats, il n’a que faire du domaine de la construction trop onéreuse et exigeante des palais de théâtre, des salles de cinéma et autres spectacles ou des espaces de lecture.
Au moment où le Rwanda montre actuellement une face d’une société en pleine mutation, au moment où les activités économiques (construction de routes, immeubles et logement, transformation des produits agricoles) battent leur plein dans les villes naissantes comme à la campagne, un observateur avisé constate un indésirable hiatus dans cette machine de développement lancée à bride battue : le manque d’infrastructures culturelles à la portée du simple citoyen qui souhaite consommer des loisirs culturels instructifs qui prolongent la fin sa journée de production de biens économiques.
Une bibliothèque nationale multifonctionnelle
“Nous accueillons quelques 10 à 12000 visiteurs par mois. Ce sont principalement des chercheurs. Mais d’autres viennent suivre nos programmes comme l’enseignement de l’Anglais, le TOEFL, le computer literacy pour les enfants, le story telling, Arts and Craft…”, rapporte Jennifer Turatsinze, directrice de la Bibliothèque Nationale de Kacyiru qui montre que la population adulte devient de plus en plus nombreuse à fréquenter cette Bibliothèque Nationale érigée à Kacyiru en District urbain de Gasabo.
Pour cette directrice, il est conçu le projet d’une bibliothèque mobile pour laquelle des districts administratifs et écoles du pays se sont vu distribuer à ce jour 50.000 livres avec le concours d’une ONG britannique dénommée Children International.

« Le ministère a, en vue, un plan de construction d’une salle de spectacles pour permettre aux artistes rwandais d’avoir où exprimer leurs talents. La chose est inscrite dans le budget de cette année 2014-2015 mais nous avons eu un contre temps parce que RDB (Rwanda Development Board) avait conçu le même projet pour agrémenter les touristes qui visitant le pays. Nous sommes en discussion pour voir le côté pratique de la chose”, a confié à IGIHE, Makuza Lauren, directeur chargé de la Promotion de la Culture près le Ministère de la Culture et Sports.

Selon ce Directeur, une fois qu’un Palais de la Culture sera érigé à Kigali, tous les autres districts voudront à leur tour s’en équiper et suivront le mouvement au gré de leurs disponibilités financières.

D’autres observateurs de la société rwandaise trouvent que le secteur rural avec ses plus de 80% d’habitants vivant principalement de l’agriculture est le plus défavorisé en matière de consommation culturelle.

« Du lundi à dimanche, le paysan qui termine son dur labeur quotidien n’a pas du tout l’embarras de choix des loisirs culturels si ce n’est écouter une pauvre variété de plates animations de la pléthore de radiodiffusion privées émettant sur tout le territoire rwandais.

Très pauvre pour acquérir un poste téléviseur, rares sont les bureaux de cellule qui en possèdent un pour attirer les habitants à venir assister à un visionnement d’un DVD montrant des pratiques culturales ou des modes d’élevage bovin, caprin, porcin, abeilles d’ailleurs, le paysan fermier rwandais va fréquenter les cabarets où il va se saoûler la gueule avec le vin de banane selon la capacité de sa poche.

On voit un agronome de secteur ou de Community Development officer (CDO)de cellule passer leur journée de travail à bailler aux corneilles quand ils n’empêchent pas leurs gouvernés de construire leurs logements ou les étables pour leurs animaux domestiques sous prétexte qu’ils n’ont pas demandé l’autorisation préalable à l’autorité compétente.

Joseph Habineza de retour au Sports et Culture. Promouvra-t-il des temples de la culture ?

En vérité, leur travail constituerait à s’équiper de matériel pédagogique adéquat (Téléviseur, magnétoscope, DVDs, Projecteurs) pour visionner périodiquement des documents montrant comment d’autres peuples du monde ont pu dépasser le seuil de pauvreté pour se lancer dans un développement économique transformant de fond en comble leurs vies », s’est ainsi confié un consultant agroéconomiste qui s’est frotté durant plus de 15 ans aux recherches sociologiques de la ruralité rwandaise.
Or, il se fait que les loisirs offerts au paysan rwandais ne sont que les messes du dimanche pour se faire embrigader idéologiquement par l’abbé ou le pasteur. Après sa courte journée de travail de la terre, environ 4 heures, aucun encadrement ne lui est donné par l’agronome ou le CDO pour montrer comment s’occuper d’un élevage intensif de volailles, abeilles, de porc… sur de petites étendues de terre.
Il n’y aura pas une salle de cinéma de la municipalité pour attirer ces petits fermiers agricoles et leur montrer des documents montrant les différentes techniques de fermage de l’Occident, du Far West, de l’Orient chinois, vietnamien, pakistanais et autre.
Les dirigeants rwandais comprennent-ils la courroie de transmission entre les palais de culture, les espaces de lecture et le monde de la production matérielle ? Autant dire donc que les temples de culture n’évoquent pas nécessairement représentations folkloriques payantes mais plutôt reproductions artistiques de l’univers de production. Les espaces de lecture ne sont pas à tout prix des espaces où l’on s’approvisionne en journaux et ICT, ce côté lucratif est parfaitement le bienvenu, mais ce qui importe bien plus c’est le prolongement de l’univers productif du citoyen ; un prolongement qui l’aide à avoir beaucoup d’alternatives de productivité.

La quête de réalisation des infrastructures culturelles devrait entrer prioritairement dans les contrats de performance des dirigeants de la base communautaire. Elle devrait être inscrite au top de la volonté politique du gouvernement rwandais.

Ces dirigeants de la base communautaire devraient œuvrer main dans la main avec la société civile rwandaise pour, en réalisant conjointement ces infrastructures culturelles et en organisant des spectacles hautement intellectuels, imprimer un nouvel élan au petit citoyen rwandais qui ne sait pas dépasser les stéréotypes traditionnels de la pauvreté dont le fétichisme et autres tares notoires du sous développement et de la pauvreté qui, logiquement, ne devraient exister dans les classes populaires rwandaises à cette heure de la pénétration de l’économie de marché dans toutes les sphères de la vie nationale.


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