Rwanda à pied levé au combat industriel ; crédits agricoles, industriels ?

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 11 octobre 2017 à 01:39
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Fin septembre dernier, le nouveau chef du gouvernement Rwanda, Dr Edouard Ngirente, était l’hôte du Parlement rwandais dans sa séance plénière. Il a fait un long exposé sur le profil économique du Rwanda de 2024, période suppose de son séjour de sept ans à la Primature.

Il a montré des préoccupations légitimes dudit gouvernement centrées sur la volonté politique d’une industrialisation décentralisée du pays jugulant un exode rural vers Kigali.

“Nous encouragerons les investisseurs privés (rwandais et autres) à monter des unités de transformation agro alimentaire dans Kigali et dans les six villes secondaires du pays”, a indiqué le Premier Ministre aux Députés et Sénateurs venus écouter le nouveau Premier Ministre, ex- conseiller du Directeur de la Banque Mondiale.

Le nouveau stratège économique pour l’équilibre de la balance commerciale du pays

Le nouveau Premier Ministre trouve qu’aucun développement économique stable et durable ne peut se faire en sautant les étapes. Le secteur primaire Agriculture et mines doit être exploité par le secteur secondaire, les industriels. Ceux-ci doivent dans leurs travaux de tous les jours s’arc-bouter sur les chercheurs universitaires qui montent une unité laboratoire et, jours et nuits, s’adonnent à la recherché pour, à la fin, créer des produits parfaitement étudiés pour être les plus prefers tant sur le marché intérieur qu’international.

“D’ici l’an 2024, nous aurons créé au moins 1.5 millions d’emploi”, a-t-il lance aux parlementaires renouant avec leur optimisme face à un expert en gestion des affaires économiques et financiers attesté par la Banque Mondiale.

En effet, un tel monde salarié suppose une production qui se décuplera et nécessairement une compétitivité dans la recherche de produits de qualité aisément exportables et partant, générant des devises fortes qui entreront au pays.

Un tel grand monde ouvrier suppose également un changement de mentalités et un nouveau mode de consummation. Le Premier Ministre entend par là dire qu’il accompagnera cette volonté politique par les faits.

Deux milliards pour le programme national Zamukana ubuziranenge

Le gouvernement actuel est entrain de créer des pôles industriels dans chacune des 6 villes secondaires du pays en plus de la ville de Kigali. Fidèle à sa politique de décentralisation, le Gouvernement central cherche à faire en sorte que le secteur primaire rwandais (Agriculture, élevage, Mines et carriers) fournisse toutes les matières premières necessaries au secteur industriel rwandais. Il insiste essentiellement sur les industries agro alimentaires.

“Nous allons descendre sur le terrain et aller vers les petites et moyennes unités de production éparpillées dans tout le pays. L’idée poursuivie est de fournir un encadrement à ces PMEs (Petites et Moyennes Entreprises) et de constater les défis auxquels ils font face, les aider à les dépasser”, a confié à la Presse M. Raymond Murenzi, DG de RSB (Rwanda Standards Board/Office National de Normalisation) révélant que ce nouveau movement entre dans le cadre d’un Programme National de promotion industrielle dit ZAMUKANA UBUZIRANENGE (Produit plus avec une qualité inégalée).

Du coup le monsieur a révélé que ce programme dote de deux milliards de francs (soit environ 2.352.950 $) sur trois ans qui seront consommés par des experts en restructuration et conseillers d’entreprises et par d’autres services y compris le suivi et le monitoring qui devront être temporairement rattachés à ces unités de production industrielle privées juste le temps de voir l’unité industrielle démarrer de façon stable.

Crédit agricole, crédit industriel et crédit à la recherche industrielle manquent cruellement
La volonté politique industrielle de ce nouveau gouvernement ne fait pas de doute. Pourtant, elle ne s’accompagne pas d’infrastructures financières adéquates y afférentes. A part la BRD/Banque Rwandaise de Développement aux ressources non très importantes, les autres banquiers ont un problème à accorder un délai de grâce de 1 à 3 ans aux industries à peine naissantes dans le pays, aux fermiers rwandais qui voudraient repenser autrement plus grand leurs activités économiques s’accompagnant de la recherché de la valeur ajoutée. Analysant l’effet risque, ces derniers trouvent que la fluctuation volatile du franc rwandais n’est pas pour faciliter la tâche. Aussi sont-ils rassurés d’accorder des montants confortables aux importateurs qui cherchent des crédits documentaires recouvrables dans des meilleurs délais.
“Nous voulons à l’orée 2024, un secteur industriel rwandais qui compte pour 17% du PIB”, a indiqué le Dr Edouard Ngirente aux députés.

Un pari risqué

Pour ce faire, il faudra que cette volonté politique s’accompagne d’une épargne publique très importante et d’intense activité de banques industrielles privées dans le pays autant que le fut l’ex BCDI/Banque Commerciale et de Développement Industriel racheté par l’ECOBANK dans les années d’avant 2010.

Pour une atteinte de ses objectifs, le Gouvernement, par le biais de l’activité intense du Président Rwandais Paul Kagame d’attraction des investisseurs, devra attirer des possesseurs de capitaux importants qui acceptent de les placer au Rwanda tout en ne visant pas des taux d’intérêt faramineux comme ils le sont actuellement (entre 17 et 19%). Ce n’est qu’à ce moment là qu’un environnement industriel et agricole sain pourra donner un impact positif palpable sur la société rwandaise.

Avec des credits à la recherche et développement octroyés à telle unite industrielle de transformation agricole, les jeunes lauréats en sciences alimentaires pourront créer des marchandises Made in Rwanda (jus, vins, pates, pili pili,….) qui seront d’une qualité très supérieure sur le marché regional ou international. Et l’équilibre de la Balance commerciale du Rwanda est ӑ ce prix.


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