COP22 : conjuguer croissance et respect du climat, le défi des villes africaines
Publié le 14-11-2016 - à 11:00' par igihe

Des centaines de maires du monde entier se réunissent ce lundi 14 novembre à Marrakech, où se poursuit la COP22 jusqu’à vendredi. Ces élus sont venus échanger leurs idées et réfléchir à des solutions pour mettre en pratique les engagements pris à Paris pour lutter contre le réchauffement climatique. Ce sommet est un temps fort de cette conférence climat, car les villes sont responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre. Et l’Afrique ne fait pas exception. Pire encore, au rythme où va la croissance urbaine, les villes africaines pourraient devenir une des principales sources d’émission de gaz à effet de serre dans le monde.

C’est un véritable casse-tête auquel sont confrontés les maires des principales villes d’Afrique. D’un côté, offrir un accès au logement, à l’eau, à l’électricité, à une population urbaine qui a doublé en l’espace de 20 ans et qui pourrait tripler d’ici 2050. De l’autre, préserver le climat, c’est-à-dire ne pas reproduire tête baissée les schémas de développement gourmand en énergie des pays du Nord, sous peine sinon de faire des villes d’Afrique l’un des principaux foyers d’émission de gaz à effet de serre dans le monde.

« La croissance urbaine de l’Afrique fait en sorte que les villes africaines vont être un des principaux foyers d’émissions si l’on adopte les mêmes types de comportements vis-à-vis de l’énergie que ceux qui avaient été à l’origine de la montée des émissions dans les pays du Nord, commente l’urbaniste camerounais Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de l’organisation Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) d’Afrique. Des villes qui doublent en population et en surface tous les quinze ans, c’est inédit dans l’histoire, c’est pour ça qu’il faut être imaginatif, réfléchir sur des stratégies alternatives et ne pas s’enferrer à poursuivre les mêmes solutions. »

Climat : mais qui a laissé la porte du frigo ouverte ?

Pour relever ce double défi, le continent ne manque pas d’atouts, il regorge d’énergies renouvelables : solaire, hydraulique. Mais ce qui lui manque encore ce sont les moyens financiers et humains pour innover, mettre sur pied des plans d’urbanisme souvent inexistants et aussi de se doter de plans d’urgence en cas de catastrophe climatique.

Car les villes d’Afrique qui ont jusque-là peu contribué au dérèglement des températures sont déjà durement frappées : inondations, érosion, sécheresse… Les zones côtières d’Afrique de l’Ouest sont en première ligne. Des zones où se concentrent l’essentiel de la population et des richesses des pays concernés. Pourtant à ce jour, Dakar est la seule capitale du continent à disposer d’un plan climat.

A (RE)ECOUTER → COP21 : l’Afrique principale victime des changements climatiques

■ Le plan de lutte de Kampala

Kampala veut avoir un rôle moteur sur le continent dans ce domaine. Au mois de mai, la capitale a accueilli 450 leaders régionaux. L’un des objectifs majeurs de cette réunion : promouvoir le développement durable. Les études montrent par exemple que la capitale ougandaise est particulièrement touchée par la pollution aux particules fines. Le changement climatique a d’autres conséquences directes et touche les populations les plus pauvres. Les bidonvilles sont régulièrement inondés par exemple. Les autorités locales sont conscientes des problématiques environnementales et tentent de mener à leur niveau une politique dynamique à ce sujet en multipliant les initiatives.

Jennifer Musisi, la directrice de Kampala Capital City Authority, a lancé un plan ambitieux de cinq ans pour lutter contre le changement climatique. L’un des principaux points noirs dans cette ville est la circulation. L’usage de véhicules a explosé, et pour lutter contre cela, la ville souhaite mettre en place une aire de circulation piétonne, ce qui veut dire bannir de cette zone les centaines de taxis-moto qui envahissent les routes de la capitale.

D’autres mesures ont déjà été mises en place. Les autorités réalisent des formations pour favoriser l’agriculture urbaine. Les panneaux solaires pour l’éclairage public se multiplient. D’autres initiatives sont soutenues comme la production de briquettes confectionnées à partir de déchets organiques pour remplacer le charbon et limiter la déforestation. Dans une école publique ainsi qu’à l’abattoir, des systèmes de récupération de biogaz ont été installés.

Mais tout ceci à un coût. Des sommes difficiles à réunir – pas moins de 30 000 dollars pour le biogaz par exemple – dans un pays où l’écologie n’est pas toujours vue comme une priorité.

avec rfi.fr


Kwamamaza
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