Violences conjugalesau Rwanda:64 meurtres,10 suicides : Une préoccupation d’experts

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 7 février 2017 à 04:47
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Le Rwanda a voulu promouvoir les sciences et les technologies dans ses instituts d’enseignement supérieur. Il a été accordé moins de volonté politique à la promotion des sciences humaines pour un pays qui, au sortir du génocide des Tutsi de 1994 et dde la faillite totale de l’Etat, en avait plutôt besoin.

Au cours d’une rencontre organisée par Family Magazine en collaboration avec le Collectif des femmes, plus de 200 femmes ont tenu leur congrès pour réfléchir sur ce qui peut se faire afin de réduire sensiblement les violences dans les foyers rwandais.
Le Commissaire de Police Théo Badege et porte parole de la Police Nationale rwandaise y avait été invité. Il a brossé un tableau plutôt lugubre de l’état des violences conjugales pour l’an 2016 : 64 meurtres conjugaux dont 45 femmes et 19 maris, mais aussi 10 suicides avec 8 maris et 2 femmes. Causes ? Harcèlements et violences sexuels, disputes autour du patrimoine familial, tortures psychologiques et violences corporelles.

Des débats nourris entre femmes, il s’en est dégagé que les sanctions contre les auteurs de ces crimes ne sont pas assez consistantes. De deux, les victimes de ces violences n’osent les dénoncer craignant l’impact sur les relations conjugales futures.

"Si je dénonce mon mari et qu’il écope des mois en prison, qui va nourrir la famille, qui va payer les frais scolaires pour mes enfants. Je préfère ordonner à la police de le relâcher. Mais quand il revient à la maison, il fulmine de colère nénorme", a confié une congressiste montrant le dilemme que vivent la plupart des femmes rwandaises. Signe que ce constat malheureux est loin de trouver des stratégies bien pensées sur comment refaçonner la famille rwandaise : Histoire de psycho sociologues !

Nizeye Léonie, membre du Collectif des Femmes Rwandaises, trouve sans contredit que toute dénonciation de violences conjugale impacte plus négativement sur la femme au foyer. "Quand la femme élève la voix pour dénoncer ces violences, la famille du mari se lève et brandit le cliché de la femme impossible", a-t-elle observée n’ayant pas de solution à apporter. Le Porte-parole de la Police, ACP Théo Badege, trouve que la loi répressive seule doit être une arme imparable.

"Les statistiques du crime que je viens de citer ne montrent pas que c’est la catastrophe. Non ! Cela veut dire que le mal social est là. Que celle-là/celui-là qui est battu dans le foyer, qu’elle/il ose dénoncer cet état de fait et qu’il/elle soit réparé dans ses droits", a-t-il dit donnant une proposition qui ne rejoint pas l’approbation des participantes car, mères des enfants et généralement faibles physiquement, vivant dans les propriétés de leurs maris, ces violences sont souvent dirigées contre elles. Elles sont souvent obligées de se taire pour ne pas briser cet équilibre précaire et protègent-elles ainsi les droits de leurs enfants qui ne souffriront pas des effets qui pourront éructer comme les divorces non prononcés et la prévisible indiscipline de leurs maris.

La société rwandaise est une société en mutation mais dont les étais culturels traditionnels ne permettent pas des transformations nécessaires. Aussi, la dot, le fait que le couple conjugal après signature du contrat de mariage doit souvent aller fonder son foyer dans la propriété de la famille du mari, le fait que les droits successoraux, quand bien même cette fois-ci ils sont étendus à l’enfant féminin, dans la pratique, les choses ne se bousculent pas encore, la puissance du mari dans son foyer reste culturellement autorisée. Le gender chanté ici et là, c’est une bonne chose mais la mainmise culturelle traditionnelle donne à l’homme des atours qui le renforcent dans sa dictature sur sa petite tribu fait de sa femme et de ses enfants.

Au cours de l’an 2016 qui vient de s’écouler, la Police Nationale a documenté 254 violences corporelles exercées par les maris sur leur femmes mais aussi 52 cas de femmes qui ont sérieusement tabassé leurs conjoints.

Ces violences devraient interroger les milieux scientifiques rwandais, sociologues, psychologues, anthropologues, économistes, faits des experts en la matière. Les résultats de leur recherche devraient être objet de cas à discuter dans les hauts centres de décision du pays dont la retraite des hauts dirigeants du pays ou le Dialogue national UMUSHYIKIRANO.


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