KwameSenou Ghislain : jeune génération de PDGs africains opte pour le commerce sud-sud
Publié le 25-11-2016 - à 08:03' par Propos recueillis par Jovin Ndayishimiye

On assiste ces derniers temps à la montée d’une génération de jeunes hommes d’affaires africains qui montrent une intrépidité mêlée à une fougue qui veut placer le continent africain à la place qui est la sienne ; une place de choix dans les relations commerciales avec d’autres continents. Senou Ghislain Co-Président de Morocco Africa Business Club fait partie de cette génération de jeunes hommes d’Affaires sub sahariens qui veulent se faire respecter dans cet épanouissement en Affaiires.

La stratégie adoptée ? gagner ses armes en faisant que les Africains puissent interagir et échanger tout en éliminant les frontières de pays africains pour le triomphge du commerce sud-sud. De deux, les industriels et hommes d’affaires marocains, tout africains qu’ils sont, rayonnent-ils de plus en plus en Afrique sub saharienne ces derniers temps, alors tout est bien pour qu’ils servent de tremplin à ce mouvement de commerce interafricain dans le respect des normes et de l’égalité.

A peine âgé de trente ans, Senou Ghislain Kwame, Béninois, est le porte étendard de ce mouvement d’hommes d’affaires africains qui se redécouvrent des forces et des potentialités d’affaires énormes tout en recourant au commerce transfrontalier très profitable. Pourvu que le politique élimine les mécanismes négatifs des visas nationaux et des taxes douanières fixées unilatéralement de pays à pays.

Ci après l’interview exclusive.

IGIHE : Mr Kwame, vous êtes un investisseur béninois dans la communication et Marketing et co-Président de Morocco Africa Business Club(MABC), Vous êtes jeune, comment voyez-vous l’avenir de l’Afrique ?

Kwame : Aujourd’hui l’Afrique est au cœur de tous les intérêts. On y annonce le prochain boom économique. C’est la Terre promise en fait. Et nous Africains devons prendre nos responsabilités. Nous avons, certes, un retard criant mais nous pouvons le rattraper en travaillant davantage.

Vous êtes co-président de Morocco Africa Business Club, quelle importance donnez-vous à ce club ?

Le Maroc a commencé il y a quelques années une vaste politique d’investissement en Afrique subsaharienne, une politique qui s’est essentiellement concentrée au niveau des grandes entreprises. Prenez aujourd’hui le Rwanda avec SAHAM, une entreprise d’assurance marocaine ayant racheté la CORAR. Aujourd’hui la COGEBANQUE, lors de la visite du Roi (Mohammed VI), a été rachetée. Donc nous subsahariens qui assistions à cet intérêt des Marocains pour notre région, nous nous sommes demandé s’il ne fallait pas mettre en place une structure pour que le partenariat soit dans les deux sens. Pas uniquement se limiter aux grandes entreprises, mais voir également dans quelle mesure PME, PMI, nous pourrions développer des synergies.

Combien de membres du Club ? Quelles sont les conditions d’entrée au Club ? Qui finance les activités du Club ?

A la date d’aujourd’hui, nous sommes 32 Sub sahariens et 5 Marocains. Aujourd’hui les conditions sont libres. Il faut savoir que l’intérêt fondamental c’est de créer des synergies. Il ne s’agit pas pour le Club de devenir une passerelle financière. Il s’agit d’abord de créer des synergies. Mais elles vont évoluer avec le temps, avec les besoins. Les initiateurs de ce Club sont ce noyau dur qui finance le Club en ce moment.

Les objectifs du Club seraient-ils une tentative de briser les rapports commerciaux nord sud inégaux ?

Dans les affaires, il y a fondamentalement des rapports de forces qui se passent. Les affaires ce n’est pas un monde de gentils. Vous ne pouvez participer à ces rapports de force que lorsque vous êtes conscients de vos potentiels, de vos capacités et de ce que vous apportez dans le business. Cette inégalité (dans les rapports commerciaux nord-sud), c’est à nous de la changer. A tous les niveaux. Pas seulement au niveau de Morocco Africa Business Club. La volonté à notre niveau c’est de nous assurer que nos partenaires marocains nous traitent de façon correcte et vice versa. Mais il est recommandé à chacun de nous lorsque nous faisons une affaire c’est de bien ficeler nos documents, c’est de nous assurer que les contrats que nos Etats signent sont fiables, c’est de nous assurer que nous ne signons pas nos contrats sous le coup de l’émotion, c’est de nous assurer que nous ne sommes pas charmés par les premiers investisseurs qui arrivent avec les mots mielleux mais que nous étudiions de façon approfondie nos contrats. Ça va plus loin dans l’éducation. Est-ce que nous donnons des outils à cette jeunesse africaine qui est pétrie d’inventivité, qui est pétrie de soif de créer, d’avoir des moyens de négocier. Quand vous allez à une table de négociation et que vous ne savez pas quels sont vos droits, dans quelle loi vous négociez votre contrat. Donc c’est à chacun de nous de prendre conscience de nos capacités et d’agir dans ce sens.

Comment comptez-vous agir au sein du Morocco Africa Business Club ?

Ce que le MABC souhaite à terme, c’est que nous allions au-delà des mots et que nous nous rangions dans l’action. Il y a des actions urgentes à entreprendre. Il n’est pas normal qu’un Africain ait besoin de visa pour aller opérer dans un autre pays africain. Il n’est pas normal que jusqu’aujourd’hui il y ait des pratiques fiscales encore disparates à gauche et à droite. Il faut que nous ayons un environnement économique clair avec des règles claires pour chacun qui vient investir et que si nous parlons d’un partenariat sud-sud et que nous souhaitons l’encourager, il faut que nous mettions en place des mesures incitatives. Nous comprenons que chaque pays veut assurer la protection de son marché. Mais la réalité c’est que si nous appelons de tous nos vœux cette Union Africaine, cette coopération sud-sud entre pays africains, nous devons faire en sorte qu’il y ait un avantage pour un Marocain venir investir facilement au Rwanda, un Béninois au Tchad, un Tchadien au Niger et ainsi de suite. Il ne faut pas qu’il y ait un blocage ou qu’on se regarde en étranger.

Je vais vous faire part de mon expérience ici au Rwanda. En arrivant à l’aéroport de Kanombe, j’ai eu mon visa d’entrée. Ce n’est pas le cas en Afrique Centrale par exemple. Quand je veux me rentre au Cameroun je dois prendre un visa au Nigéria. Quand je dois me rendre au Gabon, je dois aller chercher le visa au Togo. Tout ça pénalise. Lorsque j’ai des ambitions, ce n’est pas évident pour moi de faire ces trajets.

Nos chefs d’Etat doivent prendre consciences de ces mesures qui sont purement politiques. Encore plus loin il y a des questions simples. Ce sont les taxes aéroportuaires. Voyager en Afrique coûte cher les compagnies vous disent que ce sont les taxes aéroportuaires qui alourdissent la facture de voyage. Vous savez, entre nous, on se fait des procès de la crédibilité. Est-ce les entreprises africaines sont crédibles ? Les entreprises internationales ont plus d’expérience ? Mais la réalité c’est comme dans le monde de l’emploi. Si nous n’autorisons pas les entreprises africaines à travailler en Afrique, où est-ce qu’elles vont gagner les expériences nécessaires ?

Morocco Africa Business Club a-t-il de grands projets d’avenir ?

Le MABC a beaucoup de projets pour l’avenir. C’est fondamentalement la mise en place de notre plateforme internet. Elle a pris un peu de temps. Nous avons rêvé grand. Nous avons cherché à avoir davantage de choses. Il y a même des équipes rwandaises qui travaillent sur ce projet de développement de la plateforme pour qu’elle soit sécurisée, fiable, efficace pour transporter des informations qui ont un lieu avec le secteur économique et donc avec des questions d’argent.

Le deuxième projet c’est d’organiser un Morocco Africa Business forum qu’il sorte du virtuel, au-delà du groupe des leaders et l’étendre aux hommes d’affaires. J’en ai rencontré plusieurs au Maroc qui sont intéressés par l’Afrique et veulent venir discuter avec des subsahariens. Nous aurons le loisir d’organiser ce Forum dans l’une des capitales subsahariennes. Plus loin, nous mettrons en place des instances représentatives. Pour le moment c’est le noyau qui pilote avec un bureau provisoire. Mais à terme, ce sera un bureau élu. Ce que nous faisons n’est pas personnel. C’est pour l’ensemble de la communauté économique privée.

Quel est l’objet de votre visite au Rwanda ?

L’Objet de ma visite au Rwanda, c’est une visite d’affaire. Je vous ai dit que j’ai plusieurs casquettes. Je suis dans la publicité, la communication et le branding. J’ai des opérations en cours au Rwanda avec des clients. Je suis venu superviser et m’assurer du bon déroulement des opérations.
C’est mon deuxième voyage au Rwanda. En arrivant au Rwanda pour la première fois, on était conditionné avec toute la communication de la presse internationale sur ce pays. On remarque, une fois sur le terrain, que cette communication n’est pas à la hauteur de la réalité. En ce sens que dès votre arrivée à l’aéroport international de Kanombe, vous constatez le contraire. Le visa vous est délivré rapidement. Vous récupérez vos bagages et vous êtes dehors. Vous commencez à être accueilli par les panneaux publicitaires. Et ensuite vous entrez dans la ville en toute sécurité. Mais ce qui est frappant quand on est au Rwanda c’est la discipline à plusieurs niveaux. Quand vous arrivez de l’étranger, vous allez dans l’hôtel où vous vous voyez offrir un service de qualité. Les employés sont chacun à leurs places avec un sourire rassurant. Il y a clairement un effort qui se fait et qui, je ne fais pas injure aux autres, change les autres pays africains quand on arrive au Rwanda.

Deuxième chose remarquée, c’est que le Rwanda devient pionnier dans beaucoup de domaines qu’on a vraiment du mal ӑ suivre. Tenez le cas des drones qui livrent des médicaments dans des coins reculés du pays. C’est une expérience unique dans une Afrique où nous manquons d’infrastructures. Vous savez qu’en Afrique, les ambulances roulent rarement et pas du tout d’hélicoptères d’évacuation médicale… Toute cette innovation est faite par la jeunesse qui a décidé de prendre la situation en main.

Nous rencontrons des jeunes rwandais passionnés par ce qu’ils font, qui ont une foi inébranlable en l’avenir. Tout le cocktail qu’il faut pour faire du Rwanda une icône mondiale. Et ça ne se dément pas dans tous les classements où le Rwanda arrive en tête en termes d’attractivité des investisseurs, en termes de beaucoup d’indices. Et nous espérons que cette expérience éduque beaucoup de pays africains, et qu’elle puisse faire une émulation dans beaucoup d’autres pays.

Qu’on ne dise pas que nous jetons des fleurs au Rwanda. Nous sommes sur terrain. Nous voyageons beaucoup dans d’autres pays africains. Ce n’est pas un manque de volonté mais il y a beaucoup de choses à faire. Clairement si le Rwanda a pu y arriver c’est que les autres pays peuvent aussi le faire à force de volonté, de leadership éclairé, ça ce n’est pas de la politique, c’est clairement du développement.

Vidéo : Un extrait de l’interview avec Ghislain Sénou

https://www.youtube.com/watch?v=Y1M...


Kwamamaza
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