La qualité de l’enseignement ; un défi majeur pour le développement du Rwanda

Publié par Jovin Ndayishimiye
Le 13 janvier 2017 à 11:49
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Une certaine opinion publique avance que la qualité de l’enseignement au Rwanda laisse à désirer que son niveau faible devra nécessairement avoir des conséquences néfastes sur le développement du pays. Les employeurs expriment beaucoup d’inquiétudes à ce sujet montrant que cela impact sur le recrutement et la production des services et biens économiques.

De fins observateurs de la société rwandaise trouvent que la qualité de l’enseignement se dévalue à partir de l’école primaire avec une sorte de promotion collective. Cela continuera au cycle secondaire. L’enfant-lauréat de l’école primaire sans armes intellectuelles suffisantes traversera son école secondaire elle aussi obligatoire avec ces lacunes.

L’engouement qui est constaté pour la fréquentation de l’Université par tel ou tel laurét des Humanités générales ou techniques fera que tel lauréat qui aura terminé difficilement ses humanités pourra terminer ses études universitaires sans être à même de rédiger sa dissertation de fin de 1er cycle, tout autant qu’il lui est très difficile de convaincre un recruteur pour un tel ou tel autre poste de travail.

Un rapport rédigé par une ONG Save The Children en 2011 montrait comment la qualité de l’enseignement à l’école primaire était si désastreuse au point que les écoliers rwandais fréquentant entre la quatrième et la sixième année éprouvent des difficulté de lecture et de compréhension de textes de mauels de 2è et 3è années en Kinyarwanda et en Anglais.

Cette recherche a également montré que 13% des écoliers de 4ème année sont incapabl de lire un mot Kinyarwanda tandis 13 % d’écoliers sont incapables de lire 15 mots kinyarwanda en l’espace d’une minute.

Tests de recrutement d’agents d’administrations et d’entreprises

Le niveau bas de la qualité de l’enseignement secondaire et universitaire au Rwanda se constate au niveau du recrutement des agents entrant dans la production économique.

Pour exemple, un récent test d’entrée dans le Conseil national des Infirmiers et Sages femmes du Rwanda a été administré aux concourants lauréats des écoles de sciences infirmières du pays, seule la moitié d’entre a pu être reçue.

Il en a été de même pour un test d’accréditation au Barreau de Kigali où participaient 180 juristes, seuls 80 d’entre eux ont pu le réussir avant de passer l’étape finale d’interview.

La très faible qualité de l’enseignement au Rwanda s’observe particulièrement au cours des tests de recrutement pour emploi, surtout dans la phase de l’interview où les organisateurs d’examen sont très surpris de constater ce faible niveau. Le niveau d’expression du concourant et de maîtrise de l’outil langagier est souvent catastrophique.

Il se constate également avec dépit que l’apprentissage des secteurs scientifiques, technologiques, des savoir-faire, des sciences économiques et de gestion et autres n’est pas parfait. L’employeur doit aménager une période de probation, généralement de 3 mois, pour la nouvelle recrue qui doit maîtriser les outils et techniques de production.

La question qui se pose est celle de savoir comment passer de l’ancien système élitiste avec peu de lauréats des 3 cycles (primaire, secondaire et universitaire) au système actuel de promotion de la masse scolaire avec la 9 et 12 YBE (Enseignement obligatoire de 9 puis de 12 ans) et promouvoir le plus possible de lauréats dans l’enseignement supérieur technique et universitaire tout en conservant un enseignement de qualité tourné vers le monde du travail.

D’aucuns trouvent que la politique de l’éducation rwandaise a régulièrement connu une instabilité due, durant ces 22 dernières années, à l’abandon du Français langue d’enseignement au profit de l’Anglais. Ceci aura impacté sur la qualité de transmission de connaissances pour le gros des enseignants qui auront fait tout leur cursus académique en Français. La suite, ces enseignants devaient apprendre des rudiments d’anglais à la va-vite pour ne pas perdre leur boulot. Et cela s’est ressenti jusqu’à ce jour sur leurs prestations devant les enfants.

Comment renforcer le secteur éducation pour un pays comme le Rwanda qui a peu de ressources naturelles, qui doit former scientifiquement et technologiquement ses jeunes afin qu’ils soient compétitifs et très productifs sur le marché local, régional et international du travail ? Comment faire en sorte que le lauréat de l’école secondaire technique soit plein d’initiatives pour exploiter à bon escient et avantageusement son environnement immédiat et créer son propre domaine de production des biens économiques ?
La question de la qualité de l’enseignement au Rwanda est un puzzle qui, pour le résoudre, requiert une formation solide et spécifié des enseignants des trois cycles (primaire, secondaire et universitaire) couplée de beaucoup de stages de perfectionnement en cours d’emploi bien planifiés dans le temps et dans l’espace.

De grands experts en matière de planification scolaire et autres praticiens de l’enseignement trouvent que le Gouvernement se trompe en croyant bien faire quand il procède au recrutement d’enseignants étrangers, ceux venant des pays où le système de l’enseignement est avancé. Ceux-là ne sauraient capables de donner à fond leur contribution à l’élevation du niveau de la qualité de l’enseignement du Rwanda.

Ces experts recommandent qu’il soit créé 4 régions scolaires où il devrait être érigé des centres de perfectionnement des enseignants prestants les mêmes disciplines scolaires et académiques, histoire de formaliser la didactique mais aussi l’échange d’expérience avec, à la clé, un centre de presse et publication portant plus loin les recherches des dits enseignants.


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